Debout sur deux destriers
Sciences dures et Humanités
Maintenant le grand écart
En avançant sans radar
Fait l'acteur dans des pièces montées par Damien Fontaine et Juliane Stern, dans des cathédrales et églises, St Jean à Lyon, St Sulpice à Paris, ou à Toulouse Bordeaux Nancy Metz.
"C’est ça les medias parisiens, de l’amateurisme sur papier glacé, et bcbg à la télé, beau cul belle gueule, moyennant quoi on vous attribue de chaudes places au C.S.A."
"D’autres personnalités, plus connues, participèrent au complot : parmi elles l’amiral Canaris, chef de l’Abwehr et Rommel..."
Pour corser l’affaire, Canaris, en rivalité constante avec le SD de Heydrich, les services secrets de la SS, avait une connexion avec Sir Menzies le chef de l’Intelligence Service. Mais, à l’intérieur de l’I.S., les agents au service de Moscou, Philby and Co, étaient à l’oeuvre. Ils ont tout fait pour saboter l’aide éventuelle qu’auraient pu apporter les Alliés au plan de renversement des alliances dont l’élimination de H. faisait partie. Ils pouvaient toujours se justifier en se réclamant de "l’inconditionnal surrender" de Roosevelt. Toute la Guerre Froide est en germe dans l’affrontement des services secrets, lesquels auront une expension inflationniste jamais vue à nulle autre époque, pendant les 45 ans qui suivront.
Ce commentaire n’a pas pour objet direct l’article ni le film, il est orienté sur sa présentation par quelque media en France.
Le parasitisme était trop tentant, le figaro a sauté sur l’occasion. Avoir la prétention de raconter l’attentat manqué du 22 Juilet 44 sans évoquer Jünger *, Otto John et quelques autres, c’est la performance réalisée par le supplément exceptionnel du fig.
Il y a un chapitre sur la caste des officiers intitulé "L’heure des comtes", jeu de mot appréciable on aurait pu mettre "L’heure des règlements de comtes". Rommel apparaît bien en photo mais on ne dit pas la différence entre lui-même, arriviste patenté, chouchou du fuhrer, admiré par les uns, jalousé par les autres pour son ascension trop rapide brusquement déçu à la fin de l’Afrika Korps, et le corps des officiers qui en arrivent par un long cheminement, à transgresser toutes leurs traditions et leurs convictions religieuses. Le même Rommel, seul encore crédible aux yeux de la population, devait, en cas de réussite, s’adresser à la nation et lire un Appel rédigé par Jünger.
Passons sur la polémique relative au fossé abyssal séparant la haute noblesse de la cause d’une part, et l’acteur incarnant le rôle principal, vecteur de la scientologie, et objet d’une longue interview d’autre part.
C’est ça les medias parisiens, de l’amateurisme sur papier glacé, et bcbg à la télé, beau cul belle gueule, moyennant quoi on vous attribue de chaudes places au C.S.A.
Un film est toujours réducteur. Celui là ne peut pas suffisamment décrire le contexte, il y faudrait trop de digressions et autant d’acteurs secondaires alors que le cinéma focalise sur la star du moment. Or Stauffenberg n’est rien d’autre que le bras armé de l’opposition d’une caste contre une classe, et ça seul un long texte construit peut le détailler.
En résumé on se pose trois questions :
- la crédibilité de l’acteur dans le rôle de Stauffenberg
- la distance entre une cause requérant un tel héroïsme et une secte parasitaire
- qu’en pensent les Allemands
Luchini devrait intégrer des textes de E.J. dans ses lectures
’*’ "Il faut aussi mettre en garde contre les historiens qui s’avilissent
au rang de tâcherons du journalisme." E. Jünger Die Schere #218
« Monsieur de Voltaire, Monsieur Arouet, comment vous appelez-vous ? ».
Sa réplique est cinglante : « Voltaire ! Je commence mon nom et vous finissez le votre ».