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Vincent Frédéric Stéphane

Ingénieur, j’ai parcouru beaucoup de pays et me suis ouvert à plusieurs cultures.

Tableau de bord

  • Premier article le 29/08/2007
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Derniers commentaires



  • Vincent Frédéric Stéphane 31 janvier 2008 13:44

    A mulder181 : je suis en phase avec ce que tu exposes mais ne comprends pas le sens du "1+1=1". Tu m’expliques ?



  • Vincent Frédéric Stéphane 31 janvier 2008 10:57

    Nous n’avons plus les moyens de ne pas être intelligents

     

    Aimer c’est aussi choisir de toujours mieux comprendre et mieux je comprends, mieux j’aime. Voila un bel exemple de cercle vertueux. La matrice des cercles vertueux c’est la prise de conscience que « faire le bien » c’est le plus efficace. Plus nombreux nous serons à avoir vraiment bien compris, à avoir pris conscience, à avoir expérimenté avec plus de succès que d’échec, que l’intelligence, la véritable intelligence, celle dont on n’a pas honte, c’est la capacité à être heureux et rien d’autre ; plus nombreux nous saurons que notre intérêt personnel c’est de favoriser l’intérêt de chacun plutôt que de s’en protéger, plus cela sera vrai.

     

    Il arrive à chacun d’entre nous de rêver d’un monde plus juste, plus harmonieux, plus paisible, d’un monde meilleur. Il arrive à chacun d’entre nous de cesser d’y croire. La tâche est bien trop énorme pour qu’un être raisonnable ne se résigne à simplement tenter de survivre au mieux. Et pourtant, il arrive à chacun d’entre nous de rêver. Et au moment où l’on rêve, on sent bien que si tous rêvaient au même moment, si tous étaient capables du même élan que soi-même en ce même instant, si l’on abandonnait l’armure en un même mouvement, cette armure qui nous coûtait tant, au nom de laquelle on s’était contraint si souvent, elle deviendrait parfaitement inutile, immédiatement.

     

    Mais c’est un rêve. Que tout puisse changer immédiatement, en mieux, c’est un rêve.

     

    Sauf si.

     

    Sauf si ça a été préparé de longue date, avec persévérance et pas forcément minutieusement. Mais cet immédiat hypothétique là n’est ni ici ni maintenant. Et pourtant. Si je sais que de ce monde ci peut émerger un monde que j’aime, j’aime déjà beaucoup mieux ce monde d’ici et de maintenant. Et j’y puise la force de l’intelligence, la puissance de l’amour, pour prendre conscience que faire au mieux des intérêts de chacun relève de l’efficacité et non seulement de l’altruisme.

     

    « Moi c’est moi et lui c’est lui », c’est vrai mais ce n’est pas la seule vérité possible. Une autre est beaucoup plus puissante désormais : « moi c’est lui et lui c’est moi ». Car, mais pas seulement loin de là, si donc moi c’est moi et lui c’est lui, ce ne sera bientôt plus que lui ou moi et moi ou lui.

    Cela a toujours été plus ou moins vrai mais nous vivons une époque où tout porte à croire que si cela doit à jamais ne rester qu’un rêve, il ne sera très bientôt même plus possible de rêver. En l’espace de quelques générations, dans un temps que nos enfants pourront connaître, ou bien nous aurons radicalement changé de manière d’être ou bien nous serons contraints à renoncer à tout ce qui fondait notre humanité pour simplement éviter de mourir en tuant. Et d’ici au temps de notre inhumanitude, les chaos actuels iront grandissant. Si tu n’aimes pas ton prochain et qu’il n’y en a plus assez pour deux, vous ne trouverez pas d’autre fausse solution que de vous combattre, à mort, et férocement.

     

    Sauf si.

     

    Sauf si l’amour et l’intelligence se liguent de mieux en mieux en de plus en plus d’entre nous.

    Si je suis heureux, je fais tout pour que les autres le soient aussi. Seul celui qui n’a jamais été heureux ne peut le comprendre. Et si donc je ne fais pas tout pour que les autres soient heureux, c’est que je ne suis pas heureux moi-même, et rien d’autre. En vertu de ce que si a implique b alors non b implique non a. C’est aussi con que cela ! Aussi simple à comprendre que cela.

     

    Si quelqu’un contribue sciemment à mon malheur, c’est qu’il n’est pas heureux lui-même.

     

    Un moyen pour qu’il cesse de contribuer sciemment à mon malheur est qu’il devienne heureux. Tous les autres moyens ont déjà été essayés avec les succès que l’on sait. Je fais le choix de tout faire pour que les autres soient heureux. Comme c’est plus facile quand je suis moi-même heureux, je fais aussi tout pour être plus souvent heureux plutôt que malheureux.

     

    Et même quand je suis malheureux, je m’abstiens d’en faire souffrir autrui. Car je sais que moins les autres sont heureux, plus faibles sont mes chances de ne plus être malheureux.

     

    Et aussi parce que je ne suis pas un rat ou mieux, parce que j’ai vu les rats à l’œuvre et que je suis apte à en tirer des conclusions. Voyez le film "Mon oncle d’Amérique" d’Alain Resnais. Voyez ces rats qui tentent d’échapper à leur sort de souffrance en se combattant, en ajoutant de la souffrance à leur propre souffrance le temps que dure la décharge électrique dans leur plancher métallique. Cela leur réussit plutôt bien, aux rats. Cela nous a réussi plutôt bien, à nous aussi. Car faire souffrir autrui procure un plaisir immédiat qui diminue, certes, mais qui ne diminue que provisoirement sa propre souffrance. En devenir conscient c’est déjà y renoncer. La proportion des inconscients a jusqu’à présent été trop importante pour que la logique s’inverse. Mais quand chacun a les moyens de faire souffrir autrui, la recette n’est tout simplement plus efficiente. Quand celui que tu fais souffrir te fais souffrir en retour, c’est l’intelligence qui dicte l’altruisme. Or le monde devient de plus en plus interactif et le temps se raccourcit, les effets sont de plus en plus immédiats. J’ai donc confiance. De plus en plus de mes congénères prendront conscience que faire souffrir autrui n’est pas une solution à leur propre souffrance. Non seulement parce qu’elle n’est que provisoire mais aussi parce que ce provisoire durera de moins en moins.

     

    Et pour tout dire, si l’être humain devait se révéler incapable d’en prendre collectivement conscience, je ne vois pas ce qui pourrait m’amener à regretter sa disparition. Mais je n’y crois pas.

     

    Je n’y crois pas car, notamment, je sais le caractère exponentiel de la contagion de la prise de conscience. Si tu prends conscience, tu restes conscient, quoi qu’il arrive. Et tu sais comment agir, humblement, pour donner aux autres avec lesquels tu interagis, de quelque manière que ce soit y compris en n’étant que vu agissant d’une certaine manière voire simplement en n’étant que lu, un germe de prise de conscience. Ce germe peut tomber sur un sol stérile. Il peut aussi être reçu au moment opportun et devenir un déclencheur. Il peut encore n’être que nécessaire à celui qui sera le déclencheur. Quoi qu’il en soit, celui qui a pris conscience contribue à ce que d’autres prennent conscience qui sauront eux-mêmes faire prendre conscience. On sent bien qu’en deçà d’un certain seuil, la descendance n’est pas assurée ou peine à le rester. Mais on sent tout aussi aisément qu’au delà, tout devient possible en un certain temps de plus en plus court.

     

    Donc je crois que notre aventure n’est pas une impasse. Je crois que des épreuves à venir, sur lesquelles il n’est pas nécessaire de s’étendre ici, nous sortirons grandis. J’aimerais contribuer à ce que l’on n’ait pas à tomber plus bas que nous ne sommes déjà avant que ne survienne le nouveau rebond salutaire, le prochain saut de civilisation.

     

    Une civilisation de la conscience est à venir. Elle sourd de partout. Les contradictions prennent des amplitudes inimaginées et leur résolution globale est proche. Nous ne sortirons des impasses actuelles qu’en inventant une nouvelle conception de la réalité.

     



  • Vincent Frédéric Stéphane 24 janvier 2008 16:25

    Nous n’avons plus les moyens de ne pas être intelligents

     

    Aimer c’est aussi choisir de toujours mieux comprendre et mieux je comprends, mieux j’aime. Voila un bel exemple de cercle vertueux. La matrice des cercles vertueux c’est la prise de conscience que « faire le bien » c’est le plus efficace. Plus nombreux nous serons à avoir vraiment bien compris, à avoir pris conscience, à avoir expérimenté avec plus de succès que d’échec, que l’intelligence, la véritable intelligence, celle dont on n’a pas honte, c’est la capacité à être heureux et rien d’autre ; plus nombreux nous saurons que notre intérêt personnel c’est de favoriser l’intérêt de chacun plutôt que de s’en protéger, plus cela sera vrai.

     

    Il arrive à chacun d’entre nous de rêver d’un monde plus juste, plus harmonieux, plus paisible, d’un monde meilleur. Il arrive à chacun d’entre nous de cesser d’y croire. La tâche est bien trop énorme pour qu’un être raisonnable ne se résigne à simplement tenter de survivre au mieux. Et pourtant, il arrive à chacun d’entre nous de rêver. Et au moment où l’on rêve, on sent bien que si tous rêvaient au même moment, si tous étaient capables du même élan que soi-même en ce même instant, si l’on abandonnait l’armure en un même mouvement, cette armure qui nous coûtait tant, au nom de laquelle on s’était contraint si souvent, elle deviendrait parfaitement inutile, immédiatement.

     

    Mais c’est un rêve. Que tout puisse changer immédiatement, en mieux, c’est un rêve.

     

    Sauf si.

     

    Sauf si ça a été préparé de longue date, avec persévérance et pas forcément minutieusement. Mais cet immédiat hypothétique là n’est ni ici ni maintenant. Et pourtant. Si je sais que de ce monde ci peut émerger un monde que j’aime, j’aime déjà beaucoup mieux ce monde d’ici et de maintenant. Et j’y puise la force de l’intelligence, la puissance de l’amour, pour prendre conscience que faire au mieux des intérêts de chacun relève de l’efficacité et non seulement de l’altruisme.

     

    « Moi c’est moi et lui c’est lui », c’est vrai mais ce n’est pas la seule vérité possible. Une autre est beaucoup plus puissante désormais : « moi c’est lui et lui c’est moi ». Car, mais pas seulement loin de là, si donc moi c’est moi et lui c’est lui, ce ne sera bientôt plus que lui ou moi et moi ou lui.

    Cela a toujours été plus ou moins vrai mais nous vivons une époque où tout porte à croire que si cela doit à jamais ne rester qu’un rêve, il ne sera très bientôt même plus possible de rêver. En l’espace de quelques générations, dans un temps que nos enfants pourront connaître, ou bien nous aurons radicalement changé de manière d’être ou bien nous serons contraints à renoncer à tout ce qui fondait notre humanité pour simplement éviter de mourir en tuant. Et d’ici au temps de notre inhumanitude, les chaos actuels iront grandissant. Si tu n’aimes pas ton prochain et qu’il n’y en a plus assez pour deux, vous ne trouverez pas d’autre fausse solution que de vous combattre, à mort, et férocement.

     

    Sauf si.

     

    Sauf si l’amour et l’intelligence se liguent de mieux en mieux en de plus en plus d’entre nous.

    Si je suis heureux, je fais tout pour que les autres le soient aussi. Seul celui qui n’a jamais été heureux ne peut le comprendre. Et si donc je ne fais pas tout pour que les autres soient heureux, c’est que je ne suis pas heureux moi-même, et rien d’autre. En vertu de ce que si a implique b alors non b implique non a. C’est aussi con que cela ! Aussi simple à comprendre que cela.

     

    Si quelqu’un contribue sciemment à mon malheur, c’est qu’il n’est pas heureux lui-même.

     

    Un moyen pour qu’il cesse de contribuer sciemment à mon malheur est qu’il devienne heureux. Tous les autres moyens ont déjà été essayés avec les succès que l’on sait. Je fais le choix de tout faire pour que les autres soient heureux. Comme c’est plus facile quand je suis moi-même heureux, je fais aussi tout pour être plus souvent heureux plutôt que malheureux.

     

    Et même quand je suis malheureux, je m’abstiens d’en faire souffrir autrui. Car je sais que moins les autres sont heureux, plus faibles sont mes chances de ne plus être malheureux.

     

    Et aussi parce que je ne suis pas un rat ou mieux, parce que j’ai vu les rats à l’œuvre et que je suis apte à en tirer des conclusions. Voyez le film "Mon oncle d’Amérique" d’Alain Resnais. Voyez ces rats qui tentent d’échapper à leur sort de souffrance en se combattant, en ajoutant de la souffrance à leur propre souffrance le temps que dure la décharge électrique dans leur plancher métallique. Cela leur réussit plutôt bien, aux rats. Cela nous a réussi plutôt bien, à nous aussi. Car faire souffrir autrui procure un plaisir immédiat qui diminue, certes, mais qui ne diminue que provisoirement sa propre souffrance. En devenir conscient c’est déjà y renoncer. La proportion des inconscients a jusqu’à présent été trop importante pour que la logique s’inverse. Mais quand chacun a les moyens de faire souffrir autrui, la recette n’est tout simplement plus efficiente. Quand celui que tu fais souffrir te fais souffrir en retour, c’est l’intelligence qui dicte l’altruisme. Or le monde devient de plus en plus interactif et le temps se raccourcit, les effets sont de plus en plus immédiats. J’ai donc confiance. De plus en plus de mes congénères prendront conscience que faire souffrir autrui n’est pas une solution à leur propre souffrance. Non seulement parce qu’elle n’est que provisoire mais aussi parce que ce provisoire durera de moins en moins.

     

    Et pour tout dire, si l’être humain devait se révéler incapable d’en prendre collectivement conscience, je ne vois pas ce qui pourrait m’amener à regretter sa disparition. Mais je n’y crois pas.

     

    Je n’y crois pas car, notamment, je sais le caractère exponentiel de la contagion de la prise de conscience. Si tu prends conscience, tu restes conscient, quoi qu’il arrive. Et tu sais comment agir, humblement, pour donner aux autres avec lesquels tu interagis, de quelque manière que ce soit y compris en n’étant que vu agissant d’une certaine manière voire simplement en n’étant que lu, un germe de prise de conscience. Ce germe peut tomber sur un sol stérile. Il peut aussi être reçu au moment opportun et devenir un déclencheur. Il peut encore n’être que nécessaire à celui qui sera le déclencheur. Quoi qu’il en soit, celui qui a pris conscience contribue à ce que d’autres prennent conscience qui sauront eux-mêmes faire prendre conscience. On sent bien qu’en deçà d’un certain seuil, la descendance n’est pas assurée ou peine à le rester. Mais on sent tout aussi aisément qu’au delà, tout devient possible en un certain temps de plus en plus court.

     

    Donc je crois que notre aventure n’est pas une impasse. Je crois que des épreuves à venir, sur lesquelles il n’est pas nécessaire de s’étendre ici, nous sortirons grandis. J’aimerais contribuer à ce que l’on n’ait pas à tomber plus bas que nous ne sommes déjà avant que ne survienne le nouveau rebond salutaire, le prochain saut de civilisation.

     

    Une civilisation de la conscience est à venir. Elle sourd de partout. Les contradictions prennent des amplitudes inimaginées et leur résolution globale est proche. Nous ne sortirons des impasses actuelles qu’en inventant une nouvelle conception de la réalité.

     



  • Vincent Frédéric Stéphane 22 janvier 2008 16:49

    Les défenseurs d’Israel sont évidemment de mauvaise foi s’ils ne condamnent pas la colonisation qui perdure. Des terres continuent d’être volées, c’est un fait. C’est un fait grave qui empêche toute personne de bonne foi de prendre la défense d’Israel.

    Ceux qui dénoncent le sort des Palestiniens sans déplorer les morts civiles innocentes en Israel sont simplement des gens qui prennent parti pour le plus faible.

     

     

     



  • Vincent Frédéric Stéphane 11 janvier 2008 11:22

    Merci pour ce très beau texte. J’en remercie l’auteur par deux petits textes, autres tranches de vie :

    Choisir son futur :

    Quelles foutaises !
    Quelles foutaises n’ai-je lu à ce propos. On ose vraiment tout, surtout le pire !
    Par des mecs qui se présentent même comme physiciens sous prétexte d’un DEA de méca-flu. Tu peux parfaitement être physicien avec un DEA de méca-flu mais t’en servir pour justifier ta qualité de physicien, faut vraiment oser !
    Et qui terminent des paragraphes de phrases non reliées par des sentences du genre : « Et tout ceci n’est-il pas rigoureusement scientifique ? ». Bon j’arrête, on pourrait m’accuser de plagiat.
    Donc la possibilité de choisir son futur n’est qu’une foutaise !
    Ou c’est une évidence, ou c’est une impossibilité.
    Evidence genre si je me suicide, j’ai choisi mon futur.
    Impossibilité car ta volonté consciente est loin d’être l’unique élément qui concourre à la construction de ton futur !
    Par contre, ce qui est parfaitement possible, et qui est aussi une évidence pour toi du reste mais tu ne le conçois qu’appliquée au passé, c’est d’éviter de tuer dans l’œuf des futurs positifs encore possible avant que tu ne commettes l’irréparable !
    Appliquer ce principe au passé, tu sais le faire puisque tu ne peux t’empêcher d’avoir des regrets. Ah si je n’avais pas fait ci, j’aurai eu ça et pas ce que j’ai maintenant !
    Mais paradoxalement, tu as les pires difficultés à l’appliquer au seul domaine qui peut t’être utile : ton futur !
    Alors qu’il suffit d’anticiper un tant soit peu…
    Je prends un exemple que je viens de vivre.
    J’arrive ce matin au sauna. Il est 7h30, je suis seul. J’y reste seul jusqu’à 8h quand je sors prendre une douche. Un mec genre cad’sup est en train d’y faire couler de l’eau. Je le salue en pensant qu’il vient d’arriver. Je l’imite. C’est froid. Je me tourne vers lui. Il me dit « Ca fait 10 minutes et c’est toujours froid ! Je le leur ai pourtant bien dit. ». Avec un air irrité et supérieur. Moi je lève les yeux au ciel, abondant dans son sens sans trop appuyer. Mais pas con, je retourne au sauna où je me savonne allègrement. Le règlement l’interdit bien en grand mais le règlement dit aussi que les douches chaudes ne doivent pas être froides… Tu l’appliques, je veux bien le suivre, tu y déroges, je t’imite ! Bref, je limite les dégâts en sortant pour me rincer à l’eau, froide certes mais quand tu sors du sauna… et en utilisant le jet pour laver le sol maculé de savon.
    Et je ressors, petit jet d’eau encore froide, séchage. Le mec est encore en train de faire couler l’eau ! Avec un employé. Et le mec, il sermonne l’employé !
    J’ai plusieurs choix alors.
    Je peux agir le plus discrètement du monde et ne pas interagir.
    Je peux aussi prendre partie pour l’un des protagonistes, j’ai une préférence pour l’employé mais je peux aussi choisir le camp du cad’sup pour favoriser une relation d’intérêts éventuelle.
    Je n’en suis plus là !
    J’interagis. Je profite de ce que le cad’sup me regarde alors que l’employé me tourne le dos pour manifester mon approbation. L’employé sors. Je ne peux m’empêcher d’avoir pitié pour le cad’sup et lui envoie d’un air complice : « Au sauna, elle est bien chaude ! ». Je lui ouvre ainsi une possibilité de se laver tout en jouant un bon tour en ne respectant pas le règlement. Tu vois le genre ?
    Le mec ne va pas jusque là. Le mec a des principes sans doute. Je les respecte. Il sort.
    Je sors aussi, en prenant mon temps. L’employé est en train d’éponger le sol sec du vestiaire, sans doute pour se donner une contenance après la séance d’humiliation légère dont il vient de bénéficier. Et, le cad’sup étant caché derrière une rangée de casiers au fond du vestiaire, je dis à l’employé : « Pouvait pas se savonner au sauna l’PDG au lieu de faire toute une histoire à se doucher debout ? ». Rire soulagé et complice du sécheur de sols secs.
    Conclusion : je suis pote avec les deux qui ne sont pas potes entre eux, eux. Et j’les connaissais même pas avant ce matin, jamais vus ! Je n’ai ainsi pas exclu que l’un ou l’autre me rende service un jour. Alors que j’aurais pu ne pas en créer les possibilités, voire me priver de l’une d’elles. Ca m’a coûté quoi ? Deux sourires, deux mains au ciel, deux phrases. Rien. En plus j’y ai pris plaisir. Et j’étais sincère en chacun de mes gestes. Sur la vie de ma mère ! Et je ne plaisante pas là.
    Alors ce que cela va me donner comme futur, je n’en sais strictement rien. Tout ce que je sais, c’est que je n’ai pas réduit stupidement l’éventail de mes futurs positifs possibles.

     

    Observateur et observé :
    Les garde-fous que se sont imposés les scientifiques à travers les siècles récents les conduisent à s’obliger à distinguer fermement observateur et observé.
    Observons quelques conséquences surprenantes de cette rigueur qui a permis tant d’avancées.
    Cette rigueur a notamment permis de découvrir scientifiquement ses propres limites. Un objet quantique ne saurait en effet être indépendant de l’observateur.
    Cette rigueur est, désormais que son intérêt a été démontré jusqu’à l’absurde, un frein non à la science elle-même mais à la fertilité de l’imagination des chercheurs.
    Prenons l’exemple des pélicans…
    Observons les tout au long d’une belle journée d’avril sur une plage isolée du Nayarit.
    On les voit essentiellement voler, plonger ou encore flotter sur l’eau, le cou replié sur le dos.
    Quand ils volent, c’est évidemment pour observer les proies éventuelles n’est ce pas ? Un pélican ne saurait se divertir. Tous ses actes sont réalisés selon des besoins précis liés à la nécessité de survivre et de perpétrer l’espèce n’est ce pas ?
    Ben non bonhomme ! J’en ai vus qui prenaient leur pied en faisant du surf !
    Et toi aussi sauf que t’as cru qu’ils cherchaient des proies n’est ce pas ?
    Je m’explique.
    L’après-midi, quand le soleil a suffisamment chauffé les éléments, tu vois les pélicans planer assez haut dans le ciel en profitant des courants d’air ascendants. Tu les observes en laissant ton esprit vagabonder mais il ne te vient pas sérieusement à l’idée qu’ils s’amusent à planer, qu’ils jouent avec l’air.
    Lève toi plus tôt demain et observe les sur le coups de 8 – 9 heures.
    Le soleil n’a pas encore déclenché des courants ascensionnels dignes de ce nom. L’unique phénomène naturel qui puisse bouger l’air sont les vagues, surtout celles du Pacifique.
    Et tu verras les pélicans faire du surf à la queue leu leu. Tu verras aussi des champions qui pratiquent en solitaires ou en comité restreint. Tu verras des formations en sens opposés qui se croisent en quinconce ou l’une par-dessus de l’autre. Tu verras d’autres espèces d’oiseaux marins les accompagner dans leurs jeux avec moins de brio.
    Moi je l’ai vu. J’ai vu qu’ils se plaçaient dans la vague en effleurant le mur d’eau de la pointe de l’aile et qu’ils la suivaient à la manière d’un surfeur mais en surfant sur l’air déplacé par la vague. Quand la vague éclate, ils décrochent et se placent dans l’une qui suit. Et ils continuent à jouer ainsi.
    Puis ils ont faim et là seulement ils pêchent en volant à une dizaine de mètres de la surface et en plongeant pour engouffrer leur proie (et ne me rectifie pas en prétendant que c’est leur proie qui s’engouffre dans leur gueule, c’est quand même pas l’intransitivité d’un verbe qui doit nous imposer l’ordre des causes et des effets).
    Comment un scientifique qui ferait un doctorat en psychologie du pélican pourrait-il constater que les pélicans jouent à surfer le matin autrement qu’en se pensant lui-même pélican ?
    Cette intuition dérangeante, car les animaux ne sauraient jouer n’est ce pas, une telle idée est parfaitement incongrue n’est ce pas, cette intuition dérangeante donc pourra ensuite être scientifiquement prouvée par des observations rigoureuses appropriées. Au doctorant de les imaginer. Moi, je sais juste que si le doctorant respecte rigoureusement la rigueur scientifique même quand il urine en regardant l’océan, il ne risque pas de se rendre compte que les pélicans jouent à surfer dans l’air, le matin, en utilisant les vagues.
    Tu veux découvrir les « lois de la nature » qui régissent un photon ? Il te faudra penser en photon pour les imaginer et penser en homme pour les démontrer.
    Si tu ne penses jamais en photon, tu devras t’épuiser à tenter d’interpréter des équations. Cela peut fonctionner. Mais je connais plus efficace pour quelqu’un qui sait jongler avec des équations.
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