Pour moi, toujours pas. Admettons qu’il ait dit :
"On voit celui qui se déclare ’Dieu’ lui-même et se considère l’unique artisan de son propre destin, le propriétaire absolu du monde". "Quand les hommes se proclament propriétaires absolus d’eux-mêmes et uniques maîtres de la création, (...) s’étendent l’arbitraire du pouvoir, les intérêts égoïstes, l’injustice et l’exploitation, la violence dans toutes ses expressions."
Or, comme pour pouvoir se prétendre Dieu, il faut préalablement avoir fait de la place, et donc tuer Dieu.
Ce que je peux vous accorder, c’est que nous ne considérons pas dans cette phrase les mêmes points avec la même importance. Pour moi, les élements clé sont : "se déclare ’Dieu’ lui-même", "le propriétaire absolu du monde", "uniques maîtres de la création" - c’est-à-dire autant d’élements qui dénoncent l’orgueil
et la démesure.
Il me semble que pour vous les élements clé sont "l’unique artisan de son propre destin" et "propriétaires absolus d’eux-mêmes ", définissant par là l’être humain moderne, dégagé de Dieu et même de toute forme de transcendance. Ceci me semble être également source de débats : l’être humain peut-il se soustraire à toute forme de transcendance ?
- Si je comprends bien votre post, il m’est nécessaire de réaffirmer que je ne suis pas croyant, ni même issu d’une tradition catholique (ce qui me permet sans doute un certain détachement des paroles du Pape, contrairement à tous ceux plus ou moins enracinés dans la pensée catholique Latine, qui eux semblent craindre le retour de la loi de l’Eglise)
- Détachement qui me pousse sans doute à ne pas voir le danger fondamental que représente un tel débat... (merci de m’éclairer, j’adore la branlette intellectuelle germanopratine )
Le vin de messe est rouge justement (j’avoue avoir plus peur des foudres du caviste du Vatican que celles du Vatican lui-même )
Quant au concept assez neuf d’infaillibilité papale (fin du XIXème), il me semble que le pape ne peut l’engager que sur des éléments de doctrine, dans une démarche comparable à l’utilisation de l’article 49-3 (évidemment il ne peut y avoir de motion de censure...). Il me semble encore que l’infaillibilité du pape n’a été invoquée qu’une seule fois, pour "graver dans le marbre" le dogme d’Immaculée Conception. JPII ne l’a pas utilisé pour le préservatif et l’avortement, ce qui montre bien la relativité de l’interdiction d’y recourir.
Encore une fois, il ne dit pas ça. Il parle de ceux qui déclarent que Dieu est mort, pour mieux s’en attribuer la science et la puissance. En des termes laïques, on pourait dire a peu près que celui qui s’auto proclame source de transcendance, conduit ceux qui le suivent à leur perte. Rien de bien choquant ou d’étonnant ...