on se demande si sur la première illustration c’est vous avec la planche,
car chapeau illustration, mais aussi texte.
sauf ce paragraphe et sa suite, on dirait du sous-sarco, on comprend pas cette assurance :
« Le projet fédéralise ira jusqu’à son terme, n’en doutoins pas. Les moyens utilisés, le détournement des élites, la tromperie des masses, l’asservissement économique et l’agendat secret sont des armes d’une efficacité redoutable contre lesquelles l’honeteté intellectuelle, la droiture et l’engagement citoyen n’ont que peu de prise. »
donc vous poursuivez par : c’est inéluctable, ça va continuer... et ensuite seulement, peut-être, ben ça changera.
sauf qu’on ne voit pas le facteur décisif qui ferait ce tournant après cette schématique du désespoir.
donc non.
cher, très cher aldous...
les exactions de quarante d’assadisme et de tortures indescriptibles dans les cellules du régime n’ont jamais été filmées.
au regard de ces pratiques, l’abject film qui affaiblit tant vos propos est peut-être « peu de chose », faites-en l’hypothèse, en votre doux wyoming...
dommage de ce procédé abject dans un papier parfois si brillant, je pense à cette révision de l’histoire européenne, si instructive.
alors je me dis : fais le rapport entre le film rebelle et le montage photo de départ, le message de fond d’aldous serait donc : même la guillotine ne suffira pas.
d’abord rendons hommage au loup pour beauté et clarté.
il ne fait qu’une toute petite erreur au départ, c’est de parler des « objets » du monde réel, or le réel tel qu’ici posé par lacan ne connaît sûrement pas d’objets, puisque cela exige déjà la symbolisation... Voilà pourquoi lacan parle alors de « La Chose »... dans les parages.
mais la vraie bonne question, c’est vous qui la posez, et plutôt bien, sauf que deux imprécisions :
- d’abord seul le symbolique est susceptible d’être rompu, il est la base de la chaîne, c’est lui qui fait que les deux autres font chaîne, sinon se déchaînent justement.
-ensuite la rupture du symbolique, qui pour lacan correspond à « la forclusion du nom du père », c’est-à-dire à un défaut d’inscription de la loi sous la forme de la castration, c’est ce qui mène à la psychose, pas à la perversion.
rupture ou manque symbolique = déchaînement imaginaire, délire.
or le pervers ne délire pas ?
comment fonctionne donc son noeud, je l’adore votre question, elle est très bonne...
je dirais... d’abord constat :
le pervers a un imaginaire étriqué, on dirait que la distanciation entre le symbolique et le réel n’est pas suffisante, il dispose à la fois d’un univers symbolique rabougri et d’un imaginaire figé sur des identifications peu jouables, mais pourtant vitales, d’où déchaînement agressif et pas inflation imaginaire, il n’en pas les instruments.
donc dans le cas du pervers, la chaîne n’est pas rompue, mais je dirais qu’elle tourne court, qu’elle tourne à vide et avide, donc plus vite, exactement comme lorsque vous changez de vitesse dans une voiture :
un pervers veut se payer l’autoroute sans jamais pouvoir passer la troisième, alors en général, ça chauffe, et c’est stérile pour tout le monde, ça fait du bruit, et c’est pas de tout repos.
un schizo c’est celui qui voudrait monter la pente la plus abrupte en mettant la cinquième, évidemment y’a des coupures, puis il recule, mais comme il regarde dans le rétroviseur puisque devenu myope, il a l’impression d’avancer, tragique.