Non les Etats-Unis ne sont pas devenus exportateurs net de pétrole, et de très loin, les Etats-Unis ont passé leur pic de production en 70/71, autour de 10 millions de barils/jour alors, et sont maintenant autour 5 millions de barrils/jour. Voir par exemple : http://s3.amazonaws.com/greenwala-attachments/production/attachments/22115/large/residential-heating-oil-production-import.jpg Les Etats Unis restent aujourd’hui le premier importateur net de pétrole et de loin (premiers fournisseurs Canada et Mexique) D’autre part ils n’ont pas vraiment de « réserves gardées jusque là », bien au contraire, quasiment tous leurs champs sont en dépletion comme ailleurs dans le monde, les quelques réserves comme ANWR ne représentent pas grand chose, et la légère augmentation de production récente vient d’une activité de forage renouvelée dans le Dakota du Nord par exemple, mais en rien un « mouvement de fond », voir par exemple : http://www.theoildrum.com/node/8697 (figure 16 en particulier) Par contre oui les USs ont été récemment exportateurs net de produits raffinés (essence, diesel), mais cela bien sûr pas grand rapport avec production ou importation de pétrole brut, juste capacité de raffinage et consommation domestique en baisse (pas mal du fait de la crise). Et cela repris dans la presse (et par Obama il me semble), d’une certaine manière pour tromper l’opinion. Quant aux années 70, les USs et l’occident n’ont pas vraiment forcé les pays du golfe à produire plus, plutôt le contraire, de fait ils ont aussi favorisé l’OPEC dans la mise en place des quotas et hausse du prix associé, hausse du prix qui était aussi nécessaire aux majors, pour démarrer les « sources » plus chères après le pic US, typiquement Alaska, Golfe du Mexique, mer du Nord, voir par exemple l’excellent documentaire « la face cachée du pétrole » d’Eric Laurent et P Barberis à ce sujet et en particulier interviews de James Akins ou ex ministre du pétrole Saoudien (dispo sur dailymotion, youtube). Et d’ailleurs je ne pense pas que les USs soient actuellement en train de « laisser tomber » l’Arabie Saoudite du tout, même si cela pouvait peut-être être un peu le but avec l’irak, ne pas oublier que dans l’« équilibre » complexe du moyen orient, l’Iran est aussi un des grands « danger » pour l’Arabie Saoudite aujourd’hui, voir par exemple cables wikileaks à ce sujet.
A propos d’énergie et de pétrole, l’évènement majeur dont on parle assez peu
(euphémisme), reste quand même le fait que nous sommes aujourd’hui
au/après le pic mondial(maximum barils/jour « produits » et consommés) de
production de pétrole.
Voir à ce sujet l’article paru dans Nature le 26 janvier dernier en lien ci-dessous par exemple : http://iiscn.wordpress.com/2011/05/06/bataille-et-lenergie/
De ce que je comprends de la proposition de Hollande (ou de son équipe) sur
le sujet post-hadopi :
- on rend légal le piratage : donc on officialise les
« infrastructures » actuelles de piratage comme outil de diffusion
- on espère mettre en place un système de mesure d’audience au dessus de ces
infrastructures
Or rappelons encore une fois que toute mise en place de mesure équitable
d’écoute ou consultation (il n’y a pas que la musique non plus) est STRICTEMENT
IMPOSSIBLE à mettre en place au dessus de ces infrastructures en en plus dans
le contexte « longue traîne » actuel, et surtout et peut-être encore
plus, EN RIEN SOUHAITABLE.
On nage quelque peu dans le délire à ce sujet il faut bien le reconnaître ..
D’autre part il faudrait aussi que l’on explique :
- ce que l’on fait des services légaux actuels
- comment ça marche avec l’étranger
- etc
Quant à savoir si Hadopi a été utile ou pas, une chose est claire pris le
problème à l’envers dès le début, et extrêmement urgent de le prendre à
l’endroit, surtout pour sortir de l’approche délirante monitoring à tout va.
S’en prendre aux centres permettant rappelons le, de se foutre entièrement des
flux utilisateurs finaux.
Et il y a toujours des centres dans le piratage, dire le contraire est de
l’ignorance ou hypocrisie :
La lutte anti piratage si dirigée vers les centres (toujours des centres, pee2peer aussi vaste hypocrisie dans les termes et tout le monde le sait), est tout à fait la bonne approche : celle qui permettrait de sortir de ces délires de monitoring flux utilisateurs
Les vraies priorités autour du numérique devraient être :
1) mise en place d’une vraie alternative non monopolistique de publication sur internet avec achat à l’œuvre offrant une vraie plus value à acheter par rapport à pirater (j’ai acheté ça ça marche et puis c’est tout, je ne m’occupe d’aucun fichier, copies, backups, etc, concept atawad), ce qui quoi qu’on en dise à plus ou même beaucoup plus à voir avec le besoin d’une nouvelle fonction et séparation des rôles qu’avec des questions techniques (cf web en place) : http://iiscn.wordpress.com/2011/05/15/concepts-economie-numerique-draft/
2) Ne pas laisser la « bataille de l’identité sur le net »(utilisation compte facebook, twitter, g+, au autre pour se loguer sur quasi tous les sites ou services) à deux ou trois monstres (prônant en plus le nom anonymat), et en voyant cela plus ou moins comme une fatalité, alors qu’il n’en est rien (à ce propos idenum début d’analyse ) : http://iiscn.wordpress.com/2011/06/29/idenum-une-mauvaise-idee/
3) Pour la lutte anti piratage, arrêter de faire tout à l’envers, c’est à dire prendre l’approche : a) concentrée sur les centres et non utilisateurs finaux (il y a toujours des centres du fait du besoin de catalogues, « peer to peer » aussi vaste hypocrisie dans les termes et tout le monde le sait) b) Aucun besoin de monitorer/superviser les flux utilisateurs finaux. c) besoin de procédures légales et publiques pour le filtrage/blocage des sites, au lieu des simples opérations de police de l’approche hadopi : http://iiscn.wordpress.com/2011/05/15/piratage-hadopi-etc
4) Et pourquoi pas cesser les emplois imbéciles des adjectifs virtuel ou immatériel autour d’internet numérique et compagnie — symptôme de terrible régression intellectuelle s’il en est une, ou niaiserie charlatanesque classique, et pour l’informatique en général, sortir de son syndrome paroxystique du cordonnier toujours le plus mal chaussé : http://iiscn.wordpress.com/about/
Il est vrai que j’ai lu un peu vite, mais pour résumer ma position, cela correspond à dire que quoi qu’on en dise l’informatique libre ou pas, reste le fait d’écrire un gigantesque bouquin administratif, bouquin ayant besoin pour son évolution de distribution d’étiquettes genre code barres GS1 avec distributeurs largement accessibles, l’informatique doit passer par sa « révolution tel queliste » rimbaldienne ou mallarméenne en quelque sorte, et sortir de sa croyance en la syntaxe.