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Commentaire de docdory

sur Le plurilinguisme, et quelques clichés sur les langues étrangères


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docdory docdory 2 octobre 2007 19:25

@ Krokodilo

Très intéressant article , dont je me permettrai de critiquer le postulat de départ . Je vous cite : « Si l’on prétend créer une Europe citoyenne , il faut au moins que lesdits citoyens se comprennent entre eux » .

Personnellement je pense que l’idée d’une Europe citoyenne est une utopie . Je ne me sens nullement citoyen européen , c’est pourquoi , entre autres raisons , j’ai voté non au TCE . Je pense que l’immense majorité des européens pensent de même . On se sent citoyen de son pays et non pas citoyen de l’Europe .

Ce problème linguistique européen est l’une des raisons de l’effondrement inéluctable de l’idée d’union européenne . Une Europe à 25 , ça ne peut tout simplement pas marcher sauf à transformer la démocratie en despotisme « éclairé » , ce qui était au fond le but du défunt TCE !

Maintenant , si l’on occulte cette critique de fond et si l’on suppose que l’Europe ne fasse pas comme la grenouille de La Fontaine ( « elle enfla si bien qu’elle creva » ) , on peut examiner ce problème linguistique .

Une première hypothèse est que la « lingua franca » devienne l’anglais . Le problème est qu’il ne s’agira pas d’anglais à proprement parler , mais de son succédané-pidgin international , le « globish » , dont la grammaire l’accentuation et le vocabulaire sont extrèmement simplifiés , dont les expressions idiomatiques ont quasiment disparu . Les locuteurs du « globish » ( exemple : DSK dans son discours d’investiture au FMI ) seraient bien en peine de comprendre la conversation d’adolescents de Manchester ou de suivre les actualités radiophoniques de la BBC ! L’ennui pour les langues qui deviennent une langue internationale est qu’elles ont tendance à disparaître à la longue , ce fut le cas du latin ou , dans le meilleur des cas , à se simplifier fortement ( grec ) . L’anglais véritable et son inimitable accent d’Oxford est donc paradoxalement la langue la plus menacée par son internationalisation ...

Deuxième hypothèse : adopter une lingua franca qui ne soit la langue d’aucun pays européen actuel , pour ne pas faire de jaloux ni de favoritisme . Deux solutions s’affrontent :

- adopter une langue morte . Le latin serait très bien , langue d’une grande précision , ayant une riche littérature , ayant été étudiée au collège par nombre d’européens de plus de quarante ans , mais dont la prononciation « réelle » est probablement perdue , et dont la complexité grammaticale ( déclinaisons ) est excessive pour une « lingua franca » . Même problème pour le grec : si l’on utilise le grec ancien , la prononciation en est inconnue et la complexité grammaticale en est trop grande , si l’on emploie le grec moderne ( démotique ) , c’est certes une langue très facile , mais du coup ce serait favoriser deux pays de l’UE au détriment des autres ! Quant au sanscrit , autre candidat envisageable , il n’y aura jamais assez de professeurs pour l’enseigner !

- adopter l’espéranto ou une autre langue « de synthèse » . Les autres langues de synthèse étant trop confidentielles , l’esperanto serait un bon candidat , mais il pose plusieurs problèmes : d’un point de vue esthétique , on ne peut pas franchement dire que ce soit une langue très agréable à l’oreille , par ailleurs je suppose qu’existent de nombreuses prononciations selon les pays d’origine ( un français doit prononcer en nasalisant : éspéran/nto , alors qu’un espagnol dira espera/nto , par exemple ) . Enfin le nombre de locuteurs reste confidentiel pour l’instant ( je n’ai connu dans ma vie qu’une seule personne parlant l’esperanto , et il est mort ! )

- enfin , on pourrait envisager l’adoption d’une langue vivante indo-européenne , non parlée dans aucun pays de l’UE , afin de ne pas faire de jaloux , s’écrivant avec une écriture latine , et de structure grammaticale pas trop dépaysante . Ceci aurait l’avantage de faire parler une langue vivante existante , et non une langue morte ou une langue de synthèse . Mais , me direz vous , très peu de langues correspondent à cette définition ! Et pourtant , j’en vois trois : le Romanche , langue latine parlée en Suisse , donc hors UE ( la Suisse n’appartiendra probablement jamais à l’UE ) , et qui serait facilement apprenable au moins par les peuples latins , et donc serait la meilleure candidate , l’Islandais , mais qui est gênée par l’existence de plusieurs lettres surnuméraires dans son alphabet , et le Norvégien , qui a l’inconvénient de ressembler trop au suédois et au danois . Pour des informations supplémentaires sur le Romanche , voir ici :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Romanche


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