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Commentaire de ddacoudre

sur Gauche : et maintenant que faire avec (ou sans) un grand parti anticapitaliste ?


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ddacoudre ddacoudre 31 janvier 2008 23:54

Bonjour bénard.

 

Tu soulèves le problème que j’ai abordé par une aporie il y a longtemps.

 

Si demain grâce à la technologie 10 millions de personnes suffisent pour faire fonctionner l’économie, où les autres trouverons une source de revenu pour exister.

 

D’une autres manières une réponse à celle de Rifkin. Je préconisais de faire du développement de l’intelligence une source de revenue en rémunérant les hommes pour apprendre. Car la seule source quasi perpétuelle est bien notre aptitude à l’apprentissage, car elle se renouvelle à chaque naissance.

 

Si la progression de notre intelligence nous a sorti de la nécessité de consacrer tout notre temps au travail ce ne serait que de lui rendre justice que d’y consacrer régulièrement un peu de notre temps tout au long de l’existence en étant rémunéré. C’est un autre monde, une autre existence pleine d’inconnu quand a savoir ce qu’il en sortirai, mais certainement moins de perspectives dramatiques que celles qui s’augurent.

 

Il m’arrive d’écrire ou de dire que face au libéralisme capitalistique nous sommes comme le singe sous son arbre, il ne s’en écarte pas car il sait qu’il en tire sa subsistance, il ne va donc pas voir ailleurs, sauf si une raison impérieuse l’y pousse, nous nous faisons de même en croyant qu’il n’y a que le capital comme source de production de richesse, ce qui n’est qu’un arbre au milieu de la forêts.

 

Pourtant nous nous savons qu’il y a un ailleurs même si nous n’en sommes pas le maître, et si parfois nous nous trompons en le cherchant. Il semble donc que contrairement à ce que nous soutenons ce n’est pas la raison qui nous guide.

 

Je te copie le paragraphe de l’essai que j’ai écrit sur ce sujet.

 

3 – Ainsi, un jour, j’eus une idée née d’une problématique pas si simple, entre utopie et idéologie.

 

En 1975, à la tribune d’un congrès fédéral à Lyon, j’eus l’idée de réclamer dans les années à venir une réduction du temps de travail hebdomadaire, et de porter la semaine à 35 h. Le temps ainsi dégagé devait être utilisé, pour une moitié au gré des salariés, pour l’autre à s’éduquer. J’avais observé que l’accès au savoir, (ensemble des connaissances acquises par l’étude), permettant de comprendre, de maîtriser les rouages de l’activité socio-économique, échappait, à leur détriment à la majorité des salariés.

Il m’a été donné à de nombreuses reprises, durant l’exercice de mes mandats syndicaux, d’en vérifier l’exactitude. Je dus approfondir plusieurs sujets, lois, droit, économie, sociologie, relations humaines, politique et autres, et je me heurtais inévitablement au mur incontournable du temps disponible.

 

En 1978, je retenais comme fait marquant de la dégradation de l’économie la situation de l’emploie qui englobait, d’une part les difficultés rencontrées par les chômeurs pour changer d’emploi, et d’autre part l’allongement de la durée du chômage.

C’est dans ces années que je réfléchissais à une source de richesse perpétuelle pour que chacun puisse s’assurer un revenu.

Je préconisais donc de faire du développement de l’intelligence humaine une source de revenu direct, sans l’obligation de transiter par la production d’un bien monnayable

 

En 1982 durant mon activité de militant, j’en retirais la problématique suivante. Si dans le futur, grâce aux nouvelles technologies, dix millions de personnes suffisent au fonctionnement de l’économie, et que l’espérance de vie s’allonge, qu’elle sera la source de revenu des citoyens ?

Cette idée de développement de richesse intellectuelle, source de revenu individuel direct, me revint à l’esprit.

J’imaginais alors, qu’elle ne devait plus seulement concerner que les seuls chômeurs, mais elle devait s’étendre obligatoirement à l’ensemble de la population adulte, active ou non, et cela jusqu’à l’âge de la retraite.

 

Les années suivantes, je répétais, que dans une société riche, posséder le savoir et les moyens de communication étaient des atouts vitaux. (Par moyen de communication, je ne songe pas à la manipulation et à la désinformation qui se camoufle sous ce concept de communication mis au service de la duperie).

En effet, je considérais comme une aberration de ne pas structurer l’accession à la richesse intellectuelle pour chacun tout le long de l’existence, tout en réalisant, en plus, l’objectif de n’avoir aucun citoyen dépourvu de ressources.

Cependant nous verrons que ce n’est pas aussi simple. Bien que disposant de la quasi-totalité du savoir disponible, il ne peut se contenir dans un cerveau, aujourd’hui, comme hier.

En conséquence, un choix qualitatif s’imposera sur plusieurs générations, tout en définissant des priorités.

 

Pour ce faire, la montée en puissance durera des années pour ne pas déstructurer l’économie.

Quel temps y consacrer ?

Quel type d’enseignement ?

Qui le dispensera ?

Quelles seront les conséquences sur la vie au quotidien des actifs ou non actifs ?

Quelles incidences sur l’appareil productif ?

Quel financement ?

Quels impacts sur la production de richesse ?

Autant de domaine qu’il va falloir explorer.

Quelles motivations incitatrices doivent être développées ? L’argent, l’idéal futuriste, la réflexion rationnelle, la contrainte partielle ou totale. Autant de réflexion à méditer.

En revanche, que doit-on craindre ?

Les effets, d’agrégations ? 

Les déviations idéologiques ?

Que pouvons-nous espérer grâce aux technologies de la communication ? Quels rêves pouvons-nous nourrir grâce à la génétique ou la neurologie ?

Ne pas oublier l’essentiel, clora cet essai.

D’autre part, ces questions ne doivent pas nous faire oublier que les hommes et les femmes réagissent avec leurs symboles, leurs idéaux, leurs philosophies, leur mysticisme, leurs valeurs, leurs classes sociales, leurs pouvoirs établis, leurs rêves, et le tout imbriqué dans le « mensonge culturel » comme huilage de la sociabilité.

 

L’Anti capitalisme ne peut être une fin, s’il ne se fait pas porteur d’un idéal futuriste prenant en compte les défies de ce siècle. Avec  l’alignement du PS à la loi du marché disparaissait effectivement une philosophie socialisant réductrice des inégalités par la force du pouvoir souverain (la régulation) pour laisser le marché se réajuster (Hayek). Dans les faits cela ne se réalise pas car l’état tout en libéralisant quand il le peut est omni présent.

 

Il semblerait donc que l’élection de Sarkozy soit le clarificateur d’une ambiguïté qui subsistait depuis le début de la social démocratie. Ce qui serait bien c’est que Besanceno quitte son arbre pour aller voir ailleurs.

 

Bon article.

 

Cordialement.


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