"Cependant, le débat ne portait pas sur la pertinence ou non des oppositions au mouvement sioniste, mais sur la possibilité d’avancer des arguments antisionistes (qui ne sont pas les miens), sans pour autant émettre de jugement antisémite."
Comme indiqué, les critiques quant à certains actes du mouvement sioniste, de groupes sionistes ou de l’état d’Israël peuvent exister sans être antisémites ... ni même antisionistes.
Le problème est justement (et peut-être paradoxalement) d’affirmer que ces arguments seraient antisionistes. En effet, cela laisserait entendre que du fait de ces critiques (justifiées ou non) de tel ou tel acte, c’est le principe même de l’existence d’un état juif qu’il faudrait remettre en question. Or aucun de ces arguments ne justifierait une telle remise en cause - qui est la définition même de l’antisionisme et d’un argument antisioniste. Cette confusion - appliquée spécifiquement au sionisme et/ou aux Juifs - entre critique d’une acte et déni du droit d’exister qui constitue une dérive dangereuse (volontaire ou involontaire) : elle fait passer subrepticement une position politique (critique d’un acte) à une discrimination antisémite (déni du droit d’exister).
"Hormis sur l’un des points, vous ne semblez pas avoir relevé de position antisémite affirmée."
Sur deux points pour être précis :
- la prétendue "colonisation des anciennes terres arabes" (que j’ai explicitement relevé)
- le "les Arabes devenant citoyens minoritaires" qui laissait entendre la "sacralité" de la prédominance arabe sur les Juifs (d’où ma question rhétorique sur "l’hérésie que des Arabes soient citoyens minoritaires dans un état juif").
"Or, chacun de ces éléments a été tiré de documents antisionistes européens ou arabes d’époques diverses."
Comme je l’ai détaillé, la plupart de ces critiques sont contestables (voire fausse pour certaines).
Mais - comme vous le rappelez - la question n’est pas là : ces critiques peuvent être formulées sans relever intrinsèquement de l’antisémitisme. En revanche prétendre que ces critiques peuvent être des arguments pour justifier l’antisionisme relève en revanche de l’antisémitisme (comme je viens de l’expliquer).
"Je reconnais cependant que le sionisme a été à une époque donnée l’une des seules possibilités pour les Juifs d’échapper aux exactions exercées contre eux en Europe et que l’opposition au sionisme à cette époque-là (Livre blanc de 1939, par exemple) pouvait se comprendre comme la validation des mouvements et des mesures antisémites. "
Les exactions contre les Juifs ne se produisaient pas uniquement en Europe dans les années 1930. C’est en général assez peu expliqué, mais des violences contre les Juifs avaient également lieu dans les pays Arabes. Ainsi, en quelques jours, les Arabes massacrères 67 Juifs à Hebron en août 1929 ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_d%27H%C3%A9bron_(1929) ).
Et le sionisme - dans le fait de l’existence d’Israël - permet encore de nos jours à des Juifs de trouver un refuge et/ou d’échapper dans à des exactions antisémites dans le monde ( http://news.bbc.co.uk/2/hi/africa/376225.stm par exemple ).
Sans compter qu’aujourd’hui encore certains (pour ne pas dire ’de nombreux’ voire ’la plupart’) des antisionistes affirment une volonté antisémite guère différente (pour ne pas dire ’se revendiquant ouvertement’ ) des pratiques des années 1930.