En fait, je n’aime pas trop cette expression de « valeurs morales », j’ai l’impression d’y voir une sorte de corruption par l’économique de la morale.
Pourquoi ne pas parler des « vertus cardinales » ?
Ou bien de la nécessité de s’interroger sur comment fonder une morale valide ?
Et que pour cela, il faut encourager un vigoureux esprit critique ?
Bon cela reste des points de détail, c’est surtout parce que répéter en boucle les mêmes expressions ne me sied pas (en 2007, celle-ci a été utilisée abusivement, sans résultat).
Je suis bien obligé de fier à la démocratie, et d’utiliser ce moyen, car les choses doivent absolument changer.
Sinon, je m’attache à avoir une conception unitaire de l’Idée (voila ce que je considère comme l’analogie du cerveau en fonctionnement) et pour moi, pour que je la juge valide, cette Idée, elle doit nécessairement pouvoir m’apparaitre simultanément sous différents aspects qui sont ceux du Vrai, du Beau et du Bien.
Je me méfie comme de la peste de cette fausse imagination issues des
fictions de mauvaises qualités diffusées sur les ondes, car j’ai
constaté que cela venait polluer mon fil normal de pensée et lui
infliger des angoisses et autres interrogations inutiles.
Du coup, il est vrai, que je ne fais pas vraiment de distinction entre la Morale, la Science et l’Art, disciplines me semblant être, chacune à leur manière, des façons de conjuguer ensemble les divers aspects du Vrai, du Beau, du Bien, selon le but. Par conséquent, chaque action doit comporter tant de la Science, que de la Morale et de l’Art et puisque la pensée engendre l’acte, autant que celle-ci s’attache au Vrai, au Beau, au Bien.
Je m’essaye, et par jeu aussi, de toujours penser et d’agir dans ce cadre.
Ce n’est peut-être qu’une croyance, mais elle me sied bien et j’y prends du plaisir.
Tu peux me considérer comme « Pascalien » (de Blaise Pascal)
En voici en extrait fameux :
"L’imagination
dispose de tout. Elle fait la beauté, la justice et le bonheur qui est le tout
du monde.
Je voudrais de
bon cœur voir le livre italien dont je ne connais que le titre, qui vaut lui
seul bien des livres, Dell’ opinione regina del mondo. J’y souscris sans
le connaître, sauf le mal, s’il y en a.
Voilà à peu près
les effets de cette faculté trompeuse, qui semble nous être donnée exprès pour
nous induire à une erreur nécessaire. Nous en avons bien d’autres principes.
Les impressions
anciennes ne sont pas seules capables de nous abuser, les charmes de la
nouveauté ont le même pouvoir. De là viennent toutes les disputes des hommes,
qui se reprochent ou de suivre leurs fausses impressions de l’enfance, ou de
courir témérairement après les nouvelles. Qui tient le juste milieu ? Qu’il
paraisse et qu’il le prouve. Il n’y a principe, quelque naturel qu’il puisse
être même depuis l’enfance, [qu’on ne] fasse passer pour une fausse impression
soit de l’instruction soit des sens.
« Parce, dit‑on,
que vous avez cru dès l’enfance qu’un coffre était vide lorsque vous n’y voyiez
rien, vous avez cru le vide possible. C’est une illusion de vos sens, fortifiée
par la coutume, qu’il faut que la science corrige. » ‑ Et les autres disent «
Parce qu’on vous a dit dans l’École qu’il n’y a point de vide, on a corrompu
votre sens commun, qui le comprenait si nettement avant cette mauvaise
impression, qu’il faut corriger en recourant à votre première nature. » ‑ Qui a
donc trompé : les sens ou l’instruction ?
Nous avons un
autre principe d’erreur, les maladies. Elles nous gâtent le jugement et le sens.
Et si les grandes l’altèrent sensiblement, je ne doute pas que les petites n’y
fassent impression à leur proportion.
Notre propre
intérêt est encore un merveilleux instrument pour nous crever les yeux
agréablement. Il n’est pas permis au plus équitable homme du monde d’être juge
en sa cause. J’en sais qui pour ne pas tomber dans cet amour‑propre, ont été les
plus injustes du monde à contre‑biais. Le moyen sûr de perdre une affaire toute
juste était de la leur faire recommander par leurs proches parents. La justice
et la vérité sont deux pointes si subtiles que nos instruments sont trop mousses
pour y toucher exactement. S’ils y arrivent, ils en écachent la pointe et
appuient tout autour plus sur le faux que sur le vrai.
(L’homme est donc
si heureusement fabriqué qu’il n’a aucun principe juste du vrai, et plusieurs
excellents du faux. Voyons maintenant combien.
Mais la plus
plaisante cause de ses erreurs est la guerre qui est entre les sens et la
raison.)
L’homme n’est
qu’un sujet plein d’erreur naturelle et ineffaçable sans la grâce. [Rien ne] lui
montre la vérité. Tout l’abuse. ‑ Il faut commencer par là le chapitre des
puissances trompeuses. ‑ Ces deux principes de vérité, la raison et les sens,
outre qu’ils manquent chacun de sincérité, s’abusent réciproquement l’un
l’autre. Les sens abusent la raison par de fausses apparences, et cette même
piperie qu’ils apportent à l’âme ils la reçoivent d’elle à leur tour. Elle s’en
revanche. Les passions de l’âme troublent les sens et leur font des impressions
fausses. Ils mentent et se trompent à l’envi.
Mais outre
cette erreur qui vient par accident et par le manque d’intelligence entre ces
facultés hétérogènes..."