« Alors je vais essayer de vous répondre. Mais je veux que les choses soient claires avant :
je ne cherche pas à vous convertir à quoi que ce soit et les questions que vous me posez sont très perso. »
Et moi, je cherche juste à bien comprendre les choses. Et quand il me semble apercevoir des choses fausses, non argumentés et des contradictions, il est plus que sûr que je vais mettre mon doigt dessus. Sans compter si on me répond ensuite à coté ou par une attaque personnelle. Cela rend beaucoup moins sympathique la discussion.
"Par rapport à mon expérience, du vécu donc, j’ai appris à distinguer
le bilinguisme parfait du bilinguisme simple au bilinguisme chaotique.
Je l’écris comme ça me vient, donc ne cherchez pas à m’embrouiller sur
les mots."
Si je constate des contradictions, vous pouvez reformuler vos propos pour que je comprenne mieux ce que vous voulez dire.
"Le parfait bilinguisme c’est celui où toutes les conditions ont été réunies pour que l’enfant dés la naissance apprenne simultanément deux langues, par identification
de chacune des cultures véhiculées et pratique journalière. Ce
bilinguisme est parfait en ce sens où chaque langue est parfaitement
assimilée. Parfaitement : comme un enfant en conditions normales connait sa langue maternelle.«
Donc prenons en compte cette nouvelle définition de votre part. Mais j’y observe quelques objections dont je reviendrais plus tard
»Le
bilinguisme simple c’est un bilinguisme qui à l’air parfait, c’est à
dire que les deux langues sont maîtrisées, mais l’une prédomine sur
l’autre. Et ce n’est pas une question de vocabulaire, c’est une
question d’aisance à l’oral.
Le bilingue simple fatiguera plus avec
une des deux langues. Il pourra éventuellement avoir un léger accent,
ou tout du moins une façon de parler un peu décalée par rapport à la
normale. «
Là aussi quelques remarques a faire, que je vous donne tout de suite cette fois. Je dirais aisance à l’oral et écrit (en plus).
»Le bilingue chaotique c’est le type qui n’a pas eu de
chance. Le bilinguisme c’est mal passé il s’embrouille un peu dans les
deux langues, généralement il en parle une vraiment mal."
Ici, je pense pouvoir dire que je suis d’accord avec la définition
"Mon bilinguisme a été parfait car j’avais de bonnes raisons de
m’identifier aux deux cultures et j’étais motivé. J’ai eu des parents
instruits qui m’ont donné aussi un bon exemple, les deux étant
bilingues et même trilingues avec l’anglais. J’ai pratiqué tous les
jours les deux langues, de façon stable selon des règles logiques.
En
famille on parlais français et dans le monde extérieur espagnol. Cela à
été ainsi dés la naissance (je ne parlais pas à 0 ans j’entends bien,
mais je baignais dans les deux cultures). «
petite taquinerie : on parlait, cela a été ainsi dès
»Vous me demandez si je reportais à mes parents des conversations en les traduisant : oui, évidemment.
Quand
à basculer d’une langue vers l’autre, et bien je le faisais absolument
tout le temps. Rien de plus agréable d’ailleurs que de parler à ses
parents dans une langue réservée. C’est vraiment un must."
Cela je peux le concevoir
"Vous voyez bien que les mots en tant que tels ne sont pas le critère
déterminant d’un bilinguisme parfait. C’est vraiment une question de
fluidité et d’immersion culturelle.
Certains mots, puisque la
question vous préoccupe ne sont pas traduisibles, donc ils restent
invariants. D’autres le seraient, mais sont si peu employés dans une
langue qu’on ne s’embarrasse pas à traduire.
Et si jamais il
arrivait qu’on ne sache pas traduire un mot vraiment particulier...et
bien un coup d’œil dans le dico et le problème est réglé. D’ailleurs
vous pourriez très bien apprendre par cœur tous les mots du dico, cela
ne ferait pas de vous un bilingue et moins encore un bilingue parfait.«
Et voilà une contradiction qui apparait selon moi. Vous disiez dans le bilinguisme parfait »Parfaitement : comme un enfant en conditions normales connait sa langue maternelle.« . Donc s’il y a besoin de chercher dans le dico, un mots que l’on ne sait pas traduire, donc par exemple je ne sais pas, le gamin est allé au zoo et il a découvert les pingouins avec sa mère, s’il ne pense pas à en reparler à la maison du pingouin, il ne saura dire dans l’autre langue ce mot ( bien sûr s’il est traduisible). Et des exemples comme cela je peux vous en fournir des kilomètres, et l’école maternelle et primaire montre parfaitement qu’a un moment donné, une des deux langues va dominée sur l’autre, car on apprend un paquet entier de nouveau vocabulaire que l’on ne connait pas forcément à la maison pour x raisons. Alors bien sûr avec le temps on rattrape le vocabulaire manquant dans l’autre langue, mais il persiste quand même un certain décalage, des fois fort important, des fois fort ténu.
Et j’ais pu lire des dizaines de témoignages directs ou indirects. C’est un problème récurent. Dans certaines situations précises, il existe une dominance d’une langue sur l’autre, qui peut aussi selon les circonstances s’inverser. N’oubliez pas que c’est vous même qui m’aviez dit dans un ancien message qu’un bilingue peut tout traduire ( j’avais sous entendu ce qui est traduisible) d’une langue à l’autre sans problème.
»En
tout cas en m’exprimant en espagnol je n’avais pas besoin de dico, pas
plus qu’un enfant parlant une seule langue. Pour la lecture idem.«
Principalement dans les situations courantes ou celles que vous avez connu dans les deux langues. Par exemple je ne suis pas sûr, que vous auriez été aussi à l’aise dans les deux langues pour passer un exam de biologie au lycée, dans les deux langues, genre »expliquez le brassage génétique et ses implications dans l’hérédité« , vu tout le vocabulaire spécifique à utiliser, réussir à le faire dans les deux langues, alors que l’on fait ses études dans une seule langue à cet âge à cause des contraintes matérielles, cela devient pénible à faire dans une des deux langues.
Moi même étant polyglotte, je peux largement concevoir la difficulté de cette tache dans certains domaines spécifiques. Et encore plus, quand j’aborde des domaines qui me sont inconnus
»Sinon votre exemple où chaque parent parle une langue différente à
l’enfant est très mauvais. C’est le genre de situation qui perturbe
l’apprentissage."
Je dirais oui et non, oui dans la phase de séparation des deux langues, et non quand elle est bien appliquée par la suite, en gros avant 3 ans c’est assez chaotique et la période de chaos varie entre quelques jours à quelques semaines. Bien sûr dans ce temps là, la méthode doit être stricte, mais elle marche.
PS :
Par rapport aux onomatopées j’ai vérifié. En effet, les tout
petits ont tendance à les employer, là dessus vous avez raison. Ceci
étant il n’est pas recommandé de parler aux enfants avec ces même
onomatopées. Si il désigne le chat par « miaou », vous de votre côté
vous devez appeler un chat un chat .