« Si tu peux me donner un fondement rationnel à l’observance d’une morale dynamique, alors fais-le. » : je l’ai fait maintes fois mais tu n’a toujours pas compris !!! Bon, je vais essayer de faire preuve de compassion, et essayer de te re-re-re-re-ré-expliquer d’une autre façon, comme si je parlais à un jeune enfant :
Comment estimer rationnellement et précisément quel est ton intérêt ? Tu ne peux pas ! C’est impossible tout simplement parce que tu ne connais pas l’avenir, et que tu ne peux pas tout prévoir. Par exemple, un assassin ne peux pas prévoir précisément le risque qu’il prend d’être tué à son tour, de croupir dans un cachot, ou même de mourir d’une maladie que le génôme ou un organe de la victime aurait pu permettre de soigner. Même si tu sous-estime à tort ces risques, ils sont non nuls, et celà suffit à en faire des raisons rationnelles suffisantes pour ne pas tuer.
Plus largement, l’altruisme est un avantage pour un groupe social (animal ou humain), et celà suffit également à fonder une morale rationnelle fondée sur un « calcul » d’intérêt, comme je te l’ai déjà expliqué plus haut en long en large et en travers.
Enfin, il s’agit bien d’une morale dynamique parce que celle-ci est fondée sur un « calcul » non calculable basé sur l’état d’avancement des connaissances et la conscience de leurs limites (qui évoluent), qui imposent dans ton intérêt un principe de précaution : si tuer accroit le risque que tu soit toi même ultérieurement tué (même de façon infinitésimale) alors il n’est pas rationnel de tuer.
En éthologie, on pourrait s’interroger sur les raisons pour lesquelles les dauphins isolés en captivité se laissent mourir : c’est mortellement contraire à leur intérêt personnel, et pourtant celà procure un énorme avantage à l’espèce : on ne peut pas garder de dauphins captifs isolés vivants. Ainsi, même des comportements altruistes jusqu’au sacrifice de sa vie peuvent avoir des causes rationnelles, et même avantageuse pour l’espèce, comme chez les dauphins. Un dauphin isolé pourrais « trahir » son espèce au profit de son instinct de survie. Mais il ne le fait pas. Si trop de dauphins « trahissaient », tous les dauphins en seraient victimes : on pourrait garder des dauphins captifs isolés vivants. Ce type de comportements ne peut s’expliquer que par un avantage évolutif pour l’espèce supérieur au désavantage constitué par le fait de se laisser mourir. Si tel n’était pas le cas, de tels comportements n’auraient pas perdurés.
"Mais je persiste à penser que la morale dynamique a pour fondement la
sensibilité, et non la rationalité.« : j’ai bien vu que tu étais un tantinet obtus, mais ça ne te fait pas le début de la moitié du quart d’un argument pour autant.
»des
esprits bien plus brillants que moi ont étudié la question." : je n’ai absolument aucun doute sur ce point ! 