Pourquoi la Grève de la Consommation ?
Plus de 70% des français sont contre le projet de loi sur
les retraites qui nous est imposé par un gouvernement ultra-libéral et la
commission européenne. Même s’ils ne participent pas directement aux mouvements
de grève, la majorité des français soutiennent les grévistes. Malgré cela, les
grèves et les mouvements sociaux de plus en plus durs, le gouvernement
français, qui est à la solde du MEDEF, reste sourd à l’appel des Français. Au
contraire, il accélère le processus pour faire passer ce projet de loi en force
au Sénat. Ces procédés anti-démocratiques démontrent, le mépris du
gouvernement et du MEDEF pour les citoyens. Le traité de Lisbonne refusé
par la majorité des français n’est qu’un exemple de plus.
Les deux mois de grève et de manifestation nous montrent
que ce mode d’action n’est pas suffisant pour créer un réel rapport de force
avec le gouvernement. Avec le projet de loi sur les retraites qui concerne tous
les Français, le gouvernement offre aux syndicats et aux citoyens la
possibilité d’innover en matière de lutte sociale. La forte mobilisation
actuelle doit être l’occasion d’expérimenter de nouvelles formes d’actions.
Elles permettraient de créer un nouveau rapport de force avec le gouvernement
et ses donneurs d’ordres (commission européenne, MEDEF et multinationales).
En effet, pour créer un rapport de force avec les multinationales et le MEDEF,
il est indispensable que leurs intérêts et leurs profits soient directement
menacés par les grèves.
Les questions sont les suivantes : Comment créer
un rapport de force qui menace les intérêts économiques de la grande
distribution et des multinationales ? Quelles formes d’actions
permettraient aux salariés du privé et du public de participer activement à ce
mouvement social sans craindre le licenciement et une perte de salaire ?
Comment inverser le processus social organisé par les tenant de
l’ultra-libéralisme depuis les années 80 pour permettre aux citoyens de se
réapproprier la lutte sociale ? Quels sont les leviers qui concernent
directement les intérêts des multinationales ?
En France et dans l’ensemble des pays européens ce n’est
plus la production mais la consommation qui est le moteur de l’économie. Pour
que le MEDEF et les multinationales craignent les grèves, leurs intérêts
économiques doivent être directement concernés. A partir de ce constat, l’arme
à la disposition de tous les salariés (privé, public) et même de tous les
citoyens est la Grève de la Consommation.
La grève de la consommation doit concerner tous les
biens et services superflus qui ne concernent pas les besoins essentiels à la
survie. Imaginez les hypermarchés, les centres commerciaux, les galeries
marchandes, les rues piétonnes, les magasins de vêtement, etc., vides un samedi
ou durant plusieurs semaines…
Seule une grève générale, qui associera à la fois la grève
du travail, les manifestations, le blocage de raffineries et la grève de la
consommation sera en mesure de faire céder le gouvernement. C’est aux
syndicats, aux partis politiques, aux mouvements sociaux et aux citoyens de
s’approprier cette nouvelles forme de lutte sociale pour faire plier le
gouvernement, les multinationales, le MEDEF et les ultra-libéraux. La grève
du travail couplée avec celle de la consommation offrira aux citoyens une arme
offensive destinée à inverser le processus de destruction du programme du
Conseil National de la Résistance. Mais surtout, elle permettra de défendre nos
droits sociaux, mais surtout, d’en conquérir de nouveaux au profit de l’intérêt
général et non d’une minorité.