Oh, mais le vaudou
ou autre religion afro-américaine, n’a pas attendu l’époque contemporaine pour
opérer le mélange syncrétique non seulement des religions africaines, et du
christianisme mais aussi de l’islam…
Certes si on fait
l’impasse sur la composante musulmane, somme toute importante entre 15% et 30%
minimum, chez les Africains déportés aux Amériques : on s’imagine alors que les
religions syncrétiques afro-américaines ne doivent rien à l’islam : ce qui est
faux. Vous citer la tradition vaudou : et bien, dans les traditions vaudous
antillaises, caribéennes, vous trouverez assez souvent su sommet de la
hiérarchie des Loa : les Loa Senegal (représenté avec turban blanc, en mémoire
aux Peuls, Mandés, etc… musulmans déportés aux Amériques) Loa Senegal que l’on
salue généralement d’un « salam aleikoum » dans les écoles vaudou les intégrant ;
au Brasil les références à Allah ou « meu bom Ala » sont aussi
présentes dans les cultes afro-brésiliens…
So le mélange ou
rencontre aux Amériques entre traditions africaines et islam non seulement
s’est produit dés les origines, mais surtout à précéder l’arrivée aux
Amériques, des Africans déportés animistes, de religions africaines traditionnelles
mais aussi musulmans : la Sénégambie une des régions « privilégiées »
par les négriers de la Traite Atlantique étant été islamisée dés le Xè siècle,
et au pic de la Traite Atlantique était témoin de la construction de royaumes
afro-islamiques autant que des « jihad » peul, haoussa ou mandé…l’importance
des esclaves musulmans (dont nombre d’entre eux étaient lettrés (madrasa) dans
la constitution des religions afro-américaines est loin d’être insignifiante
puisque la pratique centrale du fétiche , dans les cultes afro-américains, a
toujours été associée à la figure du « marabout » (celui-ci
généralement devant savoir écrire : ce qui dans la Sénégambie mais aussi dans le
domaine yoruba (les princes yorubas s’entourant généralement autant de lettrés
musulmans (haoussa, peul, mandé) que de marabours musulmans, dont la
connaissance de l’écriture semblait pour eux garantir une plus grande
efficacité en matière de pouvoir magique des fétiches, dont ils étaient
couverts assez souvent des pieds à la tête) des périodes de la Traite Atlantique était
généralement (voir uniquement) le cas des Africains Musulmans (ce qui
d’ailleurs leur donna une position autant centrale que privilégiée dans les x révoltes
d’esclaves africains aux Amériques, au point que les Espagnols pendant des
siècles ont tenté d’interdire l’importation de Wolofs, Peuls ou Mandingues ; les
Français eux étrangement ont favorisé l’importation aux Antilles d’Africains
musulmans (principalement Mandingues) : qui leur semblaient plus disciplinés
que les autres, en raison de leur austère pratique religieuse : bref pas
d’alcool par exemple).
Bref, seul
l’effacement de cette histoire « musulmane » américaine permet de
supposer que les traditions afro-américaines n’ont rien à voir avec l’islam…l’élément
musulman apparaît même lors de la Révolution Haïtienne : les chroniques de l’époque
évoquant les « turbans blancs » ainsi que l’« étrange langue »
ou « signes » (langue arabe) qu’ils utilisaient dans leurs
communications ; le Brésil quant à lui offre encore plus d’exemples (le dernier (ex)esclave
musulman étant mort dans les années 30).