L’amour du prochain transpire de vos mots... c’est fou.
Je ne sais pas quelles sont les centaines de pages de témoignages auxquelles vous faites référence. Aucun auteur du premier siècle, juif ou païen, n’a cité Jésus dans ses écrits. Les passages qu’Alfaric juge apocryphes ne représentent que quelques lignes, chez une poignée d’auteurs (deux essentiellement). Vos centaines de pages sont peut-être les Evangiles eux-mêmes, qui sont des textes de propagande religieuse et non d’histoire. On ne peut pas demander à un rationaliste de croire aux miracles et autres traits surnaturels du récit, ni donc de faire confiance aveuglément au reste.
Vous parlez de témoignages directs ; mais aucun « témoignage » sur Jésus n’est direct, puisque les Evangiles ont été écrits après l’an 70 (dans le deuxième siècle même selon Alfaric).
Les gens qui ont maintenu leur témoignage jusque sous la torture... qui sont-ils ? de qui parlez-vous ? Qui a torturé qui ?
Bref, vous avez connaissance de choses que j’ignore et que beaucoup ignorent...
Vous comprenez que les textes se référant à l’histoire de Jésus qui datent d’une époque tardive (à partir du deuxième siècle) ne sont pas des sources très fiables, précisément parce que tardives. Les textes du premier siècle sont, eux, décisifs. Et ces textes, de philosophes ou d’historiens, très nombreux, très détaillés, ne parlent pas d’un quelconque Jésus de Nazareth.
Je ne fais que parler d’une thèse qui est celle de Propser Alfaric et d’autres intellectuels. Ce n’est pas la mienne, car je n’ai pas enquêté moi-même, je n’ai pas passé une vie à étudier les textes. Je trouve seulement cette thèse - argumentée - assez convaincante.
Et je me répète (en toute cohérence) : personne ne parle de « mensonge ». Je ne parviendrai pas à vous le faire comprendre moi-même. Il faut lire le livre d’Alfaric pour comprendre cela.
Les Evangélistes ont cru ce qu’ils écrivaient. Ils n’ont pas menti (sciemment). Ils attendaient leur messie. Une prophétie leur annonçait qu’il viendrait avant la perte d’indépendance de leur peuple. La perte d’indépendance est arrivée. On en a déduit que le messie était venu (car la Bible paraissait infaillible). Certains Juifs attendaient un chef de guerre ; les esséniens - pacifiques et humbles - attendaient un messie qui leur ressemble, modeste et pacifique. C’est dans cette communauté, selon Alfaric, qu’est né le christianisme. La nature -modeste- du messie qu’ils attendaient expliquait le fait qu’il soit passé inaperçu. Ces gens, nourris des anciennes Ecritures, y ont trouvé matière pour concevoir leur messie : Livre d’Hénoch, recueil d’Isaïe, Psaumes ; dans tous ces textes ils ont vu un personnage (jamais tout à fait le même) qui préfigurait leur messie : un homme envoyé par Dieu, humble et méprisé, souffrant et mourant pour le rachat des péchés, etc. Il faut savoir que des pans entiers des Evangiles ont été « copiés » de ces textes là. Le récit de la Passion notamment (et, par exemple, la phrase célèbre que je cite dans l’article : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »). Dans un monde « romain » où une langue commune, le grec, permettait une mentalité commune, les idées circulaient et les croyances mystiques. Les cultes d’Egypte, d’Asie mineure, de Perse, etc., étaient connus, et ont influencé la construction de la figure de Jésus. Nombreux étaient les hommes-dieux, dans ces différentes cultures, qui avaient soufferts, étaient morts dans des conditions tragiques pour renaître et assurer à leurs fidèles une éternité de bonheur (je répète ce que j’avais déjà écrit...). Miracles, naissance le 25 décembre, dernier repas (cène),... Tout cela, ce sont des emprunts (ou alors une incroyable coïncidence). Des auteurs ont montré que si vous retirez des Evangiles tous les emprunts à d’autres textes, plus anciens, il ne vous reste quasiment rien.
Bref, parler en terme de « mensonge », c’est vraiment, il me semble, passer à côté du sujet. On peut croire sincèrement à quelque chose qui n’a pas existé sans mentir. Pour mentir, il faut savoir que c’est faux.