"Pourtant, rappelle Taymans, il n’en fût pas toujours ainsi. Le jour des
attentats comme les mois suivants, la parole était libre, la critique
permise, le questionnement encouragé."
De l’autre côté de l’Atlantique, c’est « L’effroyable imposture » de Thierry Meyssan
qui conteste la version officielle de l’attentat du Pentagone. Sans que
cela ne cabrent les médias francophones, souligne Taymans : « Après
la publication de son livre, Thierry Meyssan bénéficie d’un traitement
journalistique normal. Il est invité sur plusieurs plateaux de
télévision pour des débats aujourd’hui impensables lors desquels on
discute calmement des qualités et des défauts de son livre ».
Très vite, le ton change ! Le journalisme fait place à l’injonction
propagandiste. Comme dans la sinistre émission concoctée par Daniel Leconte (Arte) en 2004 :
Autrement dit, et c’est l’auteur lui-même qui nous l’apprend, les théories farfelues autour du 11 septembre ont eu le droit de cité pendant au moins deux ans et trois mois en France. C’est très long.
Par la suite, s’apercevant de l’inanité des thèses et du peu de finesse de ceux qui les propageaient, remarquant surtout qu’ils se décrédibilisaient totalement en donnant la parole à des mous du bulbes et leurs lubies, les journalistes cessent de mentionner ces histoires sans queue ni tête. Ce que les conspirationnistes décident de nommer « omerta » mais qui s’apparente davantage à de la honte d’avoir cautionné ce genre de bêtises.