Je ne vois rien à redire sur ce qu’expose ce billet et que nous avons déjà lu mille fois.
Et je prends acte du grondement qui croît au sein de la gueusaille.
Mais qu’est-ce qui nous a conduits là ?
Le capitalisme, la finance internationale, les banksters, s’empressent de dire les grouillots
Pourquoi pas.
M’enfin ces causes là, n’ont pu prospérer que dans un lit d’idéaux.
Lesquels ? Qu’est-ce qui offre tant de liberté à ceux qui nous conduisent à la baguette ?
Quelles sont les devises qui ont fondé puis justifié cette férule dans nos pays d’ici ?
La fraternité ?
Non
Cet idéal là, soyons clairs, bien d’affiché partout, est passé à la trappe. Rien, vraiment rien des systèmes occidentaux n’a le moindre relent de fraternité.
L’Egalité alors ?
Ou la Liberté ?
Il suffit de faire un tour sur les devises de tous les pays pour voir que l’idéal de Liberté est le plus souvent revendiqué.
Mais Liberté sur un drapeau est de contours très ambigus
Car sur un plan international, cet idéal veut essentiellement dire « Liberté de notre nation par rapport à toute autre nation ». Cet aspect là de la liberté me semblme avoir été défendu et respecté d’un point de vue politique, aux guerres près, ça va de soi.
Mais comme le $ et l’économie internationale a relié tous les pays, on se demande ce qu’il reste de cette Liberté politique de nos jours. La Grèce n’étant pas le premier exemple de sa fin. (Mention spéciale pour la Malaisie qui a conduit récemment une politique fortement isolationniste et qui a donc reconquis sa liberté nationale)
Voilà pour la Liberté Nationale
Mais que veut dire Liberté à l’intérieur de la nation ? Quel était le sens de Liberté interne dès 1892 ?
Et bien cet idéal n’avait de réalité que selon une échelle de pouvoir. Pouvoir plus ou moins grand des individus, pouvoir acquis selon deux biais, le biais d’élection démocratique égalitariste et le biais du commerce en rien interdit, au contraire, et en continuité du colbertisme.
Aux guerres et aux interdépendances économiques près, la Liberté nationale n’a été, dès sa naissance, concrète à 100% que pour la Personne Etat et vis-à-vis des autres Etats. Etant entendu que de nos jours, elle n’est plus concrète qu’à 70% si l’Etat est AAA et s’il dispose de 10 sous-marins porteurs de missiles nucléaires + 4 porte-avions.
Concernant les individus :
La Liberté a été concrète à 50 % pour les élus dotés de forts pouvoirs (d’abord seulement politique puis de plus en plus associés aux affaires).
Elle a été concrète à 50% pour les Edison, Astor, Rothschild, Bouygues, Messier, Tapie.
Elle a été concrète à 30% pour les patrons de PME grenouillant avec le politique ainsi que pour les Dion, Johnny, Bouvard, Drucker.
Elle a été concrète à 10% pour les Bobos.
Concrète à 2% pour les grouillots et concrète à 0 % pour les SDF.
Cela dès 1892. Je veux dire que dès l’instant où l’on avait brandi cet idéal de Liberté, sans le moins du monde en exposer les contours, en ne posant plus à la suite que des lois liberticides, dès ce moment là, n’importe quel réfléchisseur aurait pu démontrer qu’elle ne sera pas pareillement concrète pour tous et que les gueux qui braillaient « Vive la liberté », qui se battaient, qui donnaient leur sang pour elle, étaient roulés dans la farine.
L’image de la Liberté guidant le peuple coagulé autour du tricolore, image tant chérie par la masse, ne servait en réalité que les veinards ou doués ou adroits ou opportunistes ou voleurs, qui accédaient à quelque degré de liberté bien concrète.
Est-ce que la Liberté concrète de certains obère d’autant la liberté des autres ?
Alors qu’on peut répondre non concernant d’autres choses, par exemple la passion amoureuse, c’est malheureusement par l’affirmative qu’on doit répondre concernant la Liberté. Oui la Liberté conquise, acquise, volée ou héritée dont bénéficient certains n’existe qu’au détriment de la Liberté des autres.
Il est impossible pour un Maroni, pour un Gitan, pour un Papou, pour un Beatnik de se créer un espace de Liberté sans se retrouver pourchassé par ceux qui en disposent déjà.
Dans ce contexte né de l’idéal de Liberté très mal définie dès le départ, tous les petits se font voler leur liberté par ceux qui en ont déjà une belle part et qui l’augmentent alors.
Et rien, rien n’a été aussi favorable à ce jeu de vol de liberté fondamentale (liberté que chacun pourrait s’inventer, y compris dans le virtuel) que son jumelage avec l’idéal d’égalité.
Seul l’idéal de fraternité aurait pu freiner ce vol mais, vous l’aurez remarqué, de la fraternité, il n’en est jamais question.
L’Egalité a été le formidable levier qui a autorisé ce jeu du vol de liberté des uns au profit des autres. Tous les arguments qu’opposent ceux qui bénéficient de liberté au détriment des autres sont des arguments fondés sur l’égalité et sur la démocratie. « J’ai été élu, j’ai été choisi sur une base égalitariste et démocratique, donc.... »
Jamais nous ne renverserons un PDG ou un Président riche de liberté sinon pour le remplacer par un autre qui en sera aussi riche. Cela parce qu’il aura été démocratiquement choisi, préféré, élu, sinon par la masse en tous cas par une assemblée, un cénacle, selon un système d’élection pyramidal
Le principe d’Egalité aboutit à cette pyramide des Libertés parce qu’il a été lui aussi très mal défini et n’a valu essentiellement qu’au niveau électoral « Un personne une voix » (Et encore aura-t-il fallu attendre près d’un siècle pour que les femmes soient considérées comme des personnes)
Avant nos 18 ans, Egalité ne signifie que Egalité d’obligation à la scolarisation pour y être formaté au Programme. Après nos 18 ans, Egalité signifie pouvoir électif égal (aux grands électeurs près). Ou Egalité devant le fouet répressif.
Ainsi, à peine sommes nous sortis de l’Egalité de contrainte scolaire, que nous offrons déjà plus de pouvoir à quelque prétentieux. Et offrir plus de pouvoir à autrui, aussi gratuitement que ça, simplement en déposant un petit billet dans une urne, c’est exactement lui offrir gratuitement des degrés de Liberté qui vont cruellement nous manquer par la suite.
Il n’y avait qu’un seul moyen pour que nous, les électeurs, nous nous engouffrions dans cette folie. Ca consistait, pour ceux qui ont déjà un moindre pouvoir, à nous diviser, nous les gueux et au minimum en deux blocs.
Ainsi, chaque bloc de gueux se croyant menacé par l’autre, voyait une impérieuse nécessité à offrir plus de Pouvoir donc plus de Liberté à un prétentieux.
Chaque bloc ne vivotant plus que de l’espérance que son Elu Roi écrasera l’autre bloc « Quand l’autre moitié sera anéantie, je vivrai mieux »
Il découle d’une telle situation où deux masses se mutilent réciproquement que l’ensemble ne bouge que de hocquets et d’errances, tel un roi-des-rois