Comparons Hollande à Sarkozy
Les « programmes »
des candidats, bâtis comme ils sont annoncés, c’est à dire
davantage comme l’addition de surenchères opportunistes que comme
des projets politiques et de société, sont considérés
comme les arguments essentiels d’une campagne. Ils masquent ainsi
ceux sur lesquels devrait d’abord se fonder un choix – sauf à être
guidé par des considérations idéologiques ignorant l’intérêt du
pays et pouvant même lui être opposées. L’électeur le mieux
intentionné en oublie qu’il ne s’agit que de projets, voire de
promesses, qui devront se plier à des impondérables susceptibles de
contraindre tout candidat à ne s’y tenir qu’en partie ou à en
changer.
Comparer les candidats sur leurs compétences et
leurs bilans est donc d’un tout autre intérêt objectif. Quels
différence en résulte-t-il entre le Président sortant, Nicolas
Sarkozy, et ses opposants dont François Hollande ?
Pour le bilan, nul
ne peut nier qu’en dépit de promesses non tenues, précisément en
raison d’une conjoncture imprévue à l’époque où il les avait
faites, Nicolas Sarkozy a su protéger la nation, lui évitant de
sombrer là où se trouvent certaines des celles citées en exemple
par le socialisme. Nul ne peut nier non plus les réformes
dont celles des retraites, des universités, du service minimum, etc.
effectuées pendant que s’enchaînaient, à raison d’une par an, 4
crises mondiales, toutes d’une ampleur jamais atteinte.
Le bilan de son compétiteur, pendant la même
période, peut se résumer au leadership d’une opposition n’ayant su
se manifester que par le rejet systématique de toute mesure, et a
fortiori réforme, proposées par le gouvernement. Soumis à un
sectarisme conciliant les opinions les plus divergentes, faute
d’idées crédibles et constructives, son action s’est limitée au
harcèlement d’un homme et de ses soutiens plutôt que d’œuvrer aux
intérêts du pays. Alors que la France, comme tous les pays du
monde, traversait une période aux périls de laquelle elle a
échappée pour l’essentiel, cette opposition, PS en tête, n’a su
user que de l’invective, du ragot, du faux procès, avec pour seul
objectif de retarder le pouvoir dans ses efforts. En attestent les
votes et abstentions de ses parlementaires, allant jusqu’à renier
certaines de leurs propres options.
Il n’en demeure pas moins que toute campagne
électorale est l’occasion pour chaque candidat de manifester ses
convictions, qui par des mots qui par des actes. Pour les actes, le
cas Lejaby est emblématique en cela qu’il démontre aux yeux
de l’opinion qu’il est possible à une entreprise et surtout à ses
salariés de s’en sortir autrement qu’en faisant appel à
l’assistanat ; en procédant à leur propre remise en cause, à la
réorientation de leur activité et en acceptant la formation
nécessaire. Ce cas exemplaire démontre aussi que les politiques
peuvent avoir une autre influence que celle qui consiste à se
tourner vers l’État pour en tirer des subsides qui ne font que
repousser les échéances, sans rien changer au fond.
Pour les annonces, celle du Président Sarkozy
indiquant qu’il quitterait la vie politique s’il n’était pas réélu
est un signe fort adressé aux électeurs. Il les invite à choisir
entre des politiciens appliquant obstinément les solutions apprises
sur les bancs des école auxquelles est formée leur caste, et un
dirigeant issu du rang, capable de se reconvertir lui aussi le cas
échéant plutôt que de s’accrocher désespérément à des
privilèges budgétivores – fussent-ils républicains.
Il reste moins de deux mois aux électeurs pour
comprendre ces différences fondamentales entre le Président sortant
et ses principaux challengers. L’un a agi avec une rare énergie
pendant que d’autres intriguaient et pensaient aux meilleurs moyens
de conserver leurs avantages en sapant ses efforts.