Bonsoir Fergus,
je reproduis la réponse que je vous ai faite sur le fil d’Ariane W : je ne
suis absolument pas d’accord avec vous. Autant il est évident que Mélenchon se
doit de ménager le PS (ne serait-ce que pour ne pas décourager les
électeurs du PS tentés de voter pour lui au 1er tour, mais en priorité pour ne
pas offrir des arguments à Sarkozy), autant les péquins moyens que nous sommes
ne doivent pas se gêner.
Et cela d’autant moins que l’on est pas un représentant officiel du Front de
Gauche (et si certains le sont, une fois planqués derrière un pseudo où serait
le problème ?). Chacun à sa place. Sinon on donne l’impression de rouler pour le vote utile...
J’ajoute ici avoir été très surpris de votre bien curieux
aveu selon lequel vous dites « ne rien avoir à craindre de la politique de
Sarkozy [ce qui ne vous] empêche pas d’être solidaire de ceux qui ont à en
souffrir ». Je pense que cela a dépassé votre pensée dans la mesure où
vous reconnaissez chez vous une angoisse. Car je n’ai jamais eu le sentiment à
vous lire que vous limitiez les dégâts du « sarkozysme » au seul
domaine économique (à moins qu’il vous obsède aujourd’hui…). La crise du sens par
exemple qu’il a généré depuis 5 ans n’a pas été sans nous atteindre tous, même
si malheureusement elle a dû toucher en priorité les plus jeunes n’ayant pas le
même bagage politique, et elle ne vous a sans doute pas épargné. On ne pourrait
citer que l’affaire des Roms, caricaturale et en représentant sans doute
l’acmé. Mais il y a aussi son traitement de l’Histoire, chez nous et à
l’étranger (Afrique…). Et le reste…
Si personnellement depuis le 16 j’étais plus pessimiste sur
l’évolution des évènements, n’ayant cru qu’à la force d’un rassemblement de la
gauche, capable, au-delà d’une simple addition des voix de gauche, de créer un
souffle drainant les abstentionnistes, depuis hier au vu du succès de la
manifestation je reprends un peu d’espoir. Sans me bercer d’illusions sur un
éventuel sursaut de lucidité d’EELV et du NPA, il ne faut pas exclure la
possibilité d’une surprise si l’on se réfère aux échanges ayant lieu
actuellement avec les ailes favorables au FdG des 2 partis (Mediapart
) . Sans avoir la même
force, le souffle d’un ralliement est encore envisageable. Et indispensable même pour ne pas craindre comme vous un 2OO2 bis...
(Et puis moi je voulais croire de plus en la force
d’une personnalité, plus rassembleuse et donc moins risquée, et donc
forcément gagnante, extérieure aux partis (par ex Christiane Taubira)
secondée par Mélenchon alors futur premier ministre !! Mais ça c’est
désormais du passé).