Bonjour,
Cet article, un peu doctoral - j’ai dû aller revoir le sens précis du mot aporie - soulève avec intelligence et finesse toute une série de problèmes relatifs à la représentation élective.
Chacun voit les choses de sa fenêtre, et de la mienne il n’apparaît pas certain que le jeu politique se fasse toujours là. Je veux dire par là deux choses :
- on sait que la démocratie fonctionne à condition de séparer et de distribuer largement toutes les fonctions d’intérêt public. Il suffit de relire les premières de Tocqueville sur la Démocratie en Amérique qui insiste bien d’ailleurs sur la virginité de pouvoirs politiques en place à l’arrivée des colons. Le fondement de la démocratie américaine, c’est la distribution des tâches exécutives bien plus que la représentation législative globalisante ;
- nous vivons dans un système élitiste où le pouvoir se partage entre l’administration, les grandes entreprises et les leaders d’opinion. Le règlement, l’argent, l’influence médiatique etc... voilà les ressources du pouvoir.
La démocratie ne fonctionne pas sur les principes de légitimité affichés. Elle fonctionne tant qu’on peut contester, concurrencer, exister en dehors de l’obéïssance aux puissants. Tous les pouvoirs réclament l’obéissance à un ordre, alors que les démocrates sont là pour mettre un peu de bordel en rappelant qu’ils ont le droit de ne pas être d’accord. De ce point de vue, les représentants seront toujours un peu le derrière entre deux chaises.
Cordialement.