Bonjour Gollum,
Je me suis un peu abstenu de vous répondre, ou d’une manière évasive.
Ce que vous soulignez là dans cette mise en mots ésotérique,
est pour moi, et pour d’autres bien sur, intense et très subtile.
L’âme de tout homme, l’anima, est vécu chez l’artiste Hopper,
sur un mode de rupture, de divorce, de conflit, d’incompatibilité.
C’est une situation absolument cornélienne.
C’est d’autant plus cruel pour lui, qu’il s’agit de sa muse.
De plus elle est aérienne, spirituelle épanouie, rayonnante,
tout ce qu’il faut pour que l’amour y soit.
Cependant, elle est d’essence masculine, elle domine,
entreprend, organise, stimule, administre dans le réel.
Lui est féminin, effacé, hypersensible, très émotif,
il rêve sa vie et vit son rêve, il est dans cette introspection
riche et créative de l’art pour l’art, passive, orientale.
Sa muse est un peu son coach, sa gouvernante,
elle domine et lui nonchalant ne peut suivre,
il traine le pas, souffre de ne pouvoir être debout.
Debout comme un guerrier, un leader pacifique.
Médium il pressent le monde à travers son impuissance.
Et c’est alors que la couleur, les formes et les perspectives
vont lui permettre de traduire cette triste dichotomie.
Bien entendu il va vibrer avec les mêmes équations sociétales.
Et c’est là toute la complexité de l’expression artistique ou se mêlent
en partages fusionnels, les problèmes de l’âme, bien subjectifs,
qui laminent l’hypersensibilité de l’artiste,
et l’accouchement douloureux d’un monde entre guerre et crise sociale.
En toile de fond, j’ai utilisé son thème astrologique,
comme on ignore son heure de naissance, il faut anticiper intuitivement.
D’instinct, je pense que le noeud et l’essentiel de l’interprétation
vient du fait que Hopper place son Soleil entre deux signes
artisans et témoins de l’évolution de son identité chaotique,
Le Cancer suprématie de la femme matricielle-maternelle et
le Lion empire du soleil, règne du masculin à l’ego imposant.
Cette double signature confirme la complexité de cette âme
qui se vit en métamorphoses épuisantes qui entretiennent
la mélancolie lunaire, chimérique mais aussi créative et
la puissante vitalité solaire qui accompagne et souligne
sa présence à la fois stimulante mais aussi écrasante.
Le bourreau rencontre sa victime, la victime, son bourreau.