Je sais que le manichéisme fait vendre en politique bons/méchants, bien/mal. Bien que sympathisant de Asselineau, je pense avoir le droit de relever ses erreurs intellectuelles. Un autre commentateur a relevé une erreur factuelle (les 25 000 USD et le pactole en publicité) Asselineau a écrit : « On remarquera aussi que l’exploit de Lindbergh de 1927 était marqué du sceau de la gratuité, » . Il ne relève pas que personne n’a été spécialement choqué que l’aviateur ait été décoré par Hitler avant que celui-ci ne déclare la guerre aux Etats-Unis (erreur historique). Enfin ce qui paraît plus grave intellectuellement : jamais Asselineau ne cherche à comprendre la personne qu’il critique (démarche empathique). Aveuglé par son égo (il en faut en politique ou il faut faire autre-chose), il n’essaie pas de comprendre comment pense Baumgartner, ce qui lui permettrait certainement d’affiner sa critique. Il semblerait que Baumgartner pense : « il n’y a que dans les entreprises privées que l’ordre règne tandis que l’espace public devient de plus en plus entropisé : que faire ? ». Le monde devient de plus en plus un monde de bulles climatisées, badgées, avec des vigiles (les entreprises) tandis que l’espace public devient ingérable. Permettre de comprendre ce qu’il entend par « dictature modérée » ne permettrait-il pas de mieux le critiquer ? Enfin « l’histoire montré qu’il faut toujours se méfier des apprentis dictateurs autrichiens. » n’est pas du niveau d’une personne voulant être président de la République. L’Autriche n’est en rien une pépinière de dictateurs. C’est de la calomnie contre un peuple neutre et pacifique. Entre napoléon, Franco, Salazar, Cromwell, les colonels grecs, Mussolini ou Staline où Asselineau va-t-il chercher qu’il y ait une spécificité autrichienne en matière de pépinière dictatoriale. Il réécrit l’histoire. Les autrichiens appellaient Hitler l’ogre de Berstesgaden et rien n’est plus étranger à l’esprit autrichien, très peu manichéen que la dictature. On le suivrait mieux par exemple s’il voyait dans la Russie une propension multiséculaire à l’autocratie, ce qui se défend. L’Autriche n’était pas une dictature mais une bureaucratie tatillonne, juste et précise, tellement soucieuse des formes qu’elle en devenait rigide et impossible à réformer. Rien à voir avec l’esprit dictatorial. Asselineau ne connaît manifestement pas grand-chose à l’Europe Centrale. La caricature Hitler, Heider, Baumgartner est en mode turbo. Les autrichiens apprécieront.