ANSAR EDINE : « Tout comme l’Afghanistant, le Mali sera une défaite totale pour la France »
(dernière mise à jour mardi 15 janvier à 22h30)
Mis en ligne le 14 janvier 2013, par Spencer Delane (Genève).
Selon nos informations,
dans le cadre d’une possible recrudescence de la « menace terroriste »
en France, différentes forces de police se préparent à des interventions
dites « préventives » dans les « milieux islamistes » de l’hexagone ces
prochaines 48h.
En effet, malgré l’envoi de pseudos experts sur l’ensemble des chaines télévisées pour rassurer la population, sur le mode « AQMI et ses affiliés n’ont pas les moyens de commettre des attentats d’envergures sur le sol français
», il semblerait le ministère de l’intérieur soit plus prudent,
celui-ci ayant même du inventer dimanche un nouveau seuil d’alerte : «
rouge intense » (il n’existait jusqu’ici que trois stades progressifs au
seuil « Vigipirate » : blanc, jaune, orange, rouge, écarlate.)
En pleine récession et crise économique,
la France ne peut pas se permettre ne créer un climat de panique qui
serait de nature à l’enfoncer encore un peu plus. Etonnamment, cette
récession et crise économique de l’empêche pas de se lancer dans une
guerre en Afrique mais, bien sûr, cela uniquement pour y défendre « les droits de l’homme, la condition des femmes et de la liberté d’expression ».
Que le Mali soit un des premiers producteurs africain d’or, d’argent de cuivre et surtout d’uranium, comme nous l’évoquions dans notre article de dimanche, n’entre assurément pas en ligne de compte…
Malheureusement, sur le « théâtre des
opérations » la situation ne semble guerre réjouissante pour les troupes
françaises. A l’aube du 5ème jour de l’opération Serval, le résultat
semble en effet pour le moins mitigé. Si la presse française évoque un «
revers pour les islamistes » dans la région de Konna, le commandant de l’organisation Ansar Edine tient un discours pour le moins différent.
Selon un communiqué publié lundi soir par le Kavkaz Center, le commandant de l’organisation touareg d’Ansar Edine, Iyad ag Ghali, a réfuté les « prétentions selon lesquelles Konna serait sous contrôle de l’armée malienne et de des complices français. »
« Les terroristes de l’armée française ont bel et bien bombardé Konna » indique-t-il.
« Des femmes, les enfants et les personnes âgées en sont les
principales victimes. Il est impossible de savoir combien de personnes
ont été tuées, mais le nombre est important. En ce qui nous concerne,
nous n’avons perdu que cinq combattants ».
« L’ensemble de nos chars, de nos
véhicules blindés, de nos canons anti-aériens et autres armes sont
intacts. Le peuple de France doit savoir ceci : nous combattons les
Français avec les même armes que nos frères ont combattu les troupes
d’occupations en Afghanistan et en Irak. Nous allons transformer la
région en un second Afghanistan et ce sera une défaite totale pour la
France », ajoute le commandant d’Ansar Edine.
« Tout le monde sait ici que nous
sommes un groupe local indépendant et que nous défendons les intérêts du
peuple touareg, abandonné par le gouvernement malien.
Notre relation
avec Al-Qaïda et d’autres groupes est la même que notre relation avec
tout autre musulman. Nous partageons la même foi, c’est tout. Rien de
plus, rien de moins », conclut Iyad ag Ghali.
Spencer Delane, pour Mecanopolis
Sur le même sujet, lire également L’intervention militaire française au Mali vise-t-elle à assurer les intérêts d’Areva ?
Mise à jour de 23h45 :
Le ministre français de la Défense,
Jean-Yves Ledrian, a déclaré ce lundi que les forces françaises font
face à une situation difficile au Mali. Il précise que les militaires
français rencontrent « une position difficile à l’ouest du pays » et que ces combattants sont « bien équipés et bien entraînés », selon son expression.
Le mouvement pour l’unicité et le jihad
Afrique de l’ouest (MUJA) a annoncé qu’il a décidé de fermer ses
frontières avec le Niger et le Burkina Faso, en y plaçant des mines et
en envoyant des renforts du fait que ces deux pays ont annoncé l’envoi
de soldats pour soutenir l’armée malienne.
Mise à jour du mardi 15 janvier, 00h15 :
Des combattants islamistes, menés par
l’un des chefs d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), ont pris le
contrôle lundi la ville de Diabali, dans le centre de Mali, à 350 km de
Bamako dans une zone sous protection des autorités maliennes, a-t-on
appris auprès de sources concordantes.
Abou Zeid, l’un des chefs d’Al-Qaïda au
Maghreb islamique (Aqmi) dirige lui-même les opérations. Ils ont quitté
la frontière mauritanienne, pour éviter les raids des avions français, a
précisé une source sécuritaire régionale, qui confirme l’attaque contre
Diabali.
Mise à jour du mardi 15 janvier, 00h30 :
Aujourd’hui, François Hollande,
président impopulaire, a engagé la France dans un conflit que l’opinion
soutient. Dans un sondage Ifop paru aujourd’hui, 63% des Français se
déclarent favorables à l’intervention armée, contre 37% qui y sont
hostiles.
Mais la popularité de l’intervention
n’est pas acquise. En temps de crise, l’opinion se cristallise d’abord
autour des questions économiques et d’emploi. Hasard du calendrier, ce
lundi, l’Unedic a noircit ses prévisions en annonçant que le nombre de
demandeurs d’emploi devrait augmenter de… 180’000 personnes cette année.
Mise à jour du mardi 15 janvier, 20h00 :
L’information que nous donnions
dans cet article hier soir, à savoir que les forces militaires
françaises n’ont pas rerpis la ville de Konna, vient d’être confirmée
par Reuters :
PARIS, 15 janvier (Reuters) – La ville
de Konna, dont la chute avait déclenché l’intervention des forces
françaises au Mali, n’a toujours pas été reprise par l’armée malienne
aux djihadistes, a déclaré mardi le ministre de la Défense, Jean-Yves Le
Drian.
« A cette heure, la ville de Konna n’a
pas encore été reprise par les forces armées maliennes », a-t-il déclaré
lors d’un point de presse.
Jean-Yves Le Drian a également souligné
que sur « le fuseau Ouest », les groupes terroristes qui ont pris lundi
la ville de Diabaly étaient encore « très présents » et qu’ils
« menacent le sud » du pays.
Il a précisé que 1.700 soldats français
étaient actuellement engagés dans l’opération, dont 800 sur le terrain.
(Gérard Bon, édité par Sophie Louet)
Mise à jour du mardi 15 janvier, 22h30 :
Selon nos informations, transmise par
Alkhabar Média (Mauritanie), une trentaine de véhicules blindés des
forces françaises auraient quitté Bamako en direction du Nord, avec pour
objectif de lancer une attaque sur Konna à l’aube.