Bonjour Jean,
je voudrais vous proposer une autre lecture de l’arrivée de la gauche en 1981
En 1976, Valery Giscard D’estaing nomme comme premier ministre Raymond Barre. C’est un néolibéral pur jus, qui a traduit l’oeuvre de Hayek (en 1953), et lorsqu’il arrive premier ministre, c’est pour appliquer ses principes. Bref, il applique une politique directement basée sur les théories économiques des ultralibéraux de l’école de Chicago, et crée en 1979 le SME (système monétaire Européen), qui se propose d’accrocher le franc au mark, avec un écart maximal de 2.25%.
Bref, pour mener cette politique, il déclenche la rigueur, dans le but de faire chuter l’inflation.
Et le résultat est sans appel : Entre 1976 et 1981, le chômage passe de 980.000 à 1.700.000, pratiquement doublé. L’inflation restant malgré tout assez forte (10%), c’est elle qui évite à la France d’avoir un déficit budgétaire. Mais la machine infernale est en place, et dès lors que l’inflation se réduira, le déficit budgétaire va lui au contraire exploser.
Si Mitterand se fait élire en 1981, c’est d’abord en sanction à ce bilan catastrophique de cette expérience ultralibérale (comme nous avons élu Hollande pour sanctionner Sarkozy), et sur un programme qui en propose l’arrêt. Il essaiera timidement jusqu’en 1983, pour finalement abandonner et ancrer le parti socialiste dans l’ultralibéralisme.
Voilà à mon avis les fondamentaux de l’arrivée du PS au pouvoir en 1981, et la trahison qu’elle a opéré en 1983 et qui est resté dans toutes les mémoires.