• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


Commentaire de Xtf17

sur Le fonctionnement du mode de production capitaliste


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

Xtf17 Xtf17 31 octobre 2013 18:44

Sur le plan économique, il est tout d’abord important de faire la distinction entre le libéralisme et le capitalisme, termes trop souvent confondus et utilisés l’un pour l’autre.

  • Le libéralisme est un mode de distribution des richesses par la loi du marché.
  • Le capitalisme est un mode de production des richesses par la possession d’un capital (qui renvoie aussi à la notion de propriété privée).

Ces deux concepts ont chacun leurs excès dans lesquels l’humain n’est qu’au service de l’économie, et non le contraire : l’ultra-libéralisme, et le capitalisme accumulatif financier, notamment transnational.

Concevons que nos malheurs sociaux résultent d’abord du fonctionnement libéral : la loi du marché ne pouvant par définition pas être humaine, puisque vous, moi, n’avons aucun pouvoir dessus. Seuls les propriétaires capitalistes (voir ci-dessous), les détenteurs du pouvoir, décident comment répartir les richesses.

En dehors du mauvais partage des bénéfices entre salariés et actionnaires que l’on voit tous les jours (+2% pour les uns, +20% pour les autres, et je suis gentil avec tout le monde), voici une autre preuve du vol des richesses produites par les salariés : pour ériger l’obélisque de la Concorde, il a fallu 200 hommes pendant une heure. Croyez-vous qu’un seul homme eu pu le faire en 200 heures ? Evidemment non. Il y a donc toujours une force collective qui n’est jamais payée, mais dont bien sûr les libéraux sont dépendants. CQFD.

Le droit de propriété sous sa forme actuelle (usus / fructus / abusus) est hérité de la Révolution (article 17 de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen) et des pensées de Lumières pour chasser la tyrannie et proposer un système de société apaisé. Mais alors que la propriété privée est fondée sur le travail personnel, la propriété capitaliste est fondée sur le travail d’autrui. Il y a donc une différence fondamentale en termes de projets et d’enrôlements.

Le processus de production suppose l’avance d’un capital par le capitaliste. Il existe donc nécessairement une accumulation initiale. D’où vient-elle et comment se reproduit-elle ?

Pour s’installer et se reproduire, la propriété capitaliste doit justement anéantir la propriété privée basée sur le travail personnel, à l’aide de deux mécanismes.

·  Le premier mécanisme est le déclencheur : l’expropriation du peuple travailleur et l’appropriation des richesses produites (vol, imposition, libéralisme…). Ce mécanisme s’est mis en place progressivement depuis plusieurs siècles et a permis de concentrer les terres puis les capitaux entre les mains de quelques-uns. Difficile de revenir en arrière aujourd’hui.

·  Le second mécanisme est un mécanisme d’auto-entretien : l’exploitation du travail d’autrui, autrement dit le salariat (voir plus bas), combiné au libéralisme qui oriente la répartition des richesse produites et poussé à son paroxysme via la division la plus fine possible du travail.

Et l’évolution de ces mécanismes menant à une concentration entre quelques mains, et aujourd’hui à un niveau mondialisé, elle entrelace tous les peuples dans la dépendance au réseau du marché universel. Cette exploitation empêche alors chacun de reprendre la propriété privée de son travail. S’accroissent la misère, l’oppression, l’esclavage, la dégradation, l’exploitation…, mais aussi la résistance de la classe ouvrière hier, ou plutôt employée aujourd’hui, sans cesse grossissante.

Posons que si le capitalisme s’est constitué par «  l’expropriation de la masse par quelques usurpateurs », sa chute se fera par «  l’expropriation des quelques usurpateurs par la masse ».

Les tentatives communistes en avaient bien fait l’analyse, mais en pratique elles ont seulement reproduit la même chose en confisquant la propriété privée du travail de chacun au profit du collectif, ce qui revient au même si l’on considère que le « collectif » n’est finalement qu’une « personne morale ».

Cependant le libéralisme n’est qu’un concept abstrait, et peut donc se dénoncer mais pas se combattre directement. Le combat ne peut se diriger que contre sa représentation concrète, dont la forme principale est l’Entreprise, en tant que personne morale, sous sa forme pyramidale et non-démocratique, et dont l’arme est le salariat.

Ceux qui subissent chaque fin d’année un Entretien d’Evaluation aussi infantilisant qu’humiliant pour une éventuelle miette d’augmentation le savent bien au fond d’eux-mêmes : « un salarié c’est un peu comme une prostipute » (sauf que beaucoup de prostiputes sont en profession libérale en fait). Pourtant beaucoup d’entre nous (et j’en suis) sont salarié, et il faut bien manger, se loger au chaud, s’habiller…Coincés. Obligé de faire la « pute », de « se vendre » en entretien d’embauche comme on dit.

Le salariat est au cœur du système d’exploitation capitaliste, car le salarié - réduit à une force de travail marchandisée (travail vivant) - est soumis à la dictature de l’entreprise et du capital (travail mort) sans pouvoir décider démocratiquement de l’usage de la plus-value créée par son travail.

En ce sens, un salarié payé n’est jamais qu’un esclave rémunéré.

Songez simplement qu’aujourd’hui la France, nation parmi les plus riches, qui pourrait largement installer et maintenir un bonheur tranquille pour son peuple, compte plus de 13% de gens sous le seuil de pauvreté, que 50% de gens vivent avec moins 1500€ par mois, et qu’à 3000€ on se considère comme de la classe moyenne avec juste de quoi vivre convenablement. Et en même temps on trouve des rémunérations de ministres ( 10.000€/mois), de PDG ( 100.000€/mois), de stars et de sportifs « bankable » ( 1.000.000€/mois), et des patrimoines de certains actionnaires ou propriétaires terriens (>10.000.000.000€).

Et qui souvent ne sont pas plus heureux.

A suivre (peut-être sous forme d’un article, il y des choses à dire...)


Voir ce commentaire dans son contexte





Palmarès


https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/