On
retrouve là les objections pseudo-scientiques habituelles.
1-
En réalité, les fossiles intermédiaires sont très nombreux dans
les archives fossiles. Les créationnistes se plaignent simplement de
ce que ces fossiles ne sont pas comme ils l’escomptent, ce qui est
navrant pour eux, mais sans effet sur la réalité des choses, qui
n’a pas à suivre leurs desiderata. Et aucun organisme intermédiaire
n’est « imparfait », tous sont parfaitement adaptés, car sinon ils
ne survivraient pas. Cette curieuse remarque semble relever d’une
croyance à une vision de l’évolution prédéterministe, conception
fausse comme l’indiquent les fossiles.
Quant
à désirer avoir la séquence complète des fossiles, c’est une vue
de l’esprit.
2-L’évolution
n’a pas à aller dans le sens d’une complexification croissante, idée
que Darwin rejettait d’ailleurs. La complexification est en fait
plutôt une exception. La présence de fossiles très complexes tôt
dans l’évolution, seulement relativement tôt en fait, n’est en
aucun cas un problème, et ils sont précédés par des formes plus
simples. L’exemple des oiseaux est très bizarre, car on connaît
toute la chaîne qui mène des plus primitifs aux plus modernes, et
même avant des amphibiens, et avant des poissons etc... jusqu’à eux
(ou à nous).
En
fait, encore une fois, c’est une vision prédéterministe qui
ressort.
3-L’évolution
obéit en effet au hasard, plus exactement à la contingence, car
elle est un phénomène historique, donc contingente et non
reproductible. En fait, cette « objection » revient à dire que
toute l’histoire qui nous mène de la période de Jules César à la
nôtre n’a jamais existé, sous prétexte qu’un historien à l’époque
de César n’aurait jamais pu prédire ce qui aurait suivi son époque.
Ce qui est exact, mais ne change rien au fait que cette longue
séquence historique s’est bien produite ! L’histoire est le fruit de
phénomènes trop complexes pour qu’on puisse la prédire, en déduire
son inexistence est clairement idiot.