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Commentaire de jaja

sur La Grèce, seule face à la meute


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jaja jaja 10 juillet 2015 10:09
A ajouter au dossier sur la reddition de Tsipras devant la Troïka...

Comme le dit Daniel Tanuro : « Un peu de précision sur le contenu du « compromis ». Désolé d’être brutal : cela s’appelle une trahison. Non seulement par rapport au programme électoral de Syriza, mais aussi par rapport aux "lignes rouges" tracées par Tsipras lui-même pour la négociation. Toute la droite européenne va savourer sa revanche sur le référendum, et elle ne s’arrêtera pas là ! Le pire est que les fascistes voient un boulevard s’élargir devant eux...

Yannis Youlountas

Vendredi 10 juillet 2015 au petit matin. Alexis Tsipras vient de faire un choix cornélien qui peut mettre en péril son parti à tous les niveaux : groupe parlementaire, comité central, militants, sympathisants, électeurs et popularité, cinq mois seulement après la victoire du 25 janvier. Il est difficile d’en mesurer toutes les conséquences. La journée qui commence sera cruciale, dans le parlement comme à l’extérieur.

TSIPRAS SUR UN VOLCAN : LE GOUVERNEMENT VIENT D’ACCEPTER LA FEUILLE DE ROUTE DE LA TROÏKA ET DEMANDE 50 MILLIARDS SUR TROIS ANS EN ÉCHANGE.

Bien qu’appuyé par plusieurs des dirigeants politiques d’opposition, qu’il a lui-même réunis ce lundi au lendemain du référendum, Alexis Tsipras risque un séisme politique dont l’onde de choc pourrait largement dépasser les frontières de la Grèce.

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VOICI TOUT D’ABORD LE DOSSIER TEL QU’IL A ÉTÉ TRANSMIS AUX DÉPUTÉS GRECS. C’est-à-dire en anglais et sans clarté ni confort de lecture. Un texte qui, selon de nombreuses sources, a été réalisé AVEC LA PARTICIPATION D’EXPERTS FRANÇAIS, proches collaborateurs du gouvernement socialiste :
http://www.hellenicparliament.gr/…/c8827c35-439…/9292390.pdf
CÔTÉ DEMANDES : aide de 50 milliards d’euros sur trois ans dont plan d’investissement urgent de 35 milliards d’euros (principalement le déblocage de tous les fonds structurels bloqués) + restructuration de la dette pour la rendre soutenable après 2022 (décote, étalement, etc.).
CÔTÉ PROPOSITIONS : économies à hauteur de 13 milliards d’euros sur deux ans. Quelques détails :

- hausse de la TVA (alimentation, énergie, hôtels 13%, restaurants 23%, dans les îles, décote de 30% sur la TVA progressivement supprimée).
- réduction du budget de la Défense (baisse de 300 millions d’euros d’ici fin 2016).
- réforme de la fonction publique (peu détaillée, pas de coupe sur les salaires).

- réforme des retraites (très peu de coupes, réduction progressive de la dépense de 0,25% à 1% du PIB et augmentation de la cotisation santé de 4% à 6%, réduction des départs à la retraites anticipés, âge de départ à la retraite reculé jusqu’à 67 ans en 2022, suppression très progressive du complément de retraite pour les plus modestes en 2019).
- quelques privatisations

- taxe sur les sociétés (passage de 26% à 28%, augmentation des impôts spécifiques pour les compagnies maritimes et le marché du luxe).

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VOUS REMARQUEREZ, AU DÉBUT DU DOCUMENT, QUE, PARMI LES SIGNATURES DES MINISTRES, IL MANQUE CELLE DE PANOS KAMMENOS, ministre de la défense et président du petit parti des Grecs indépendants (ANEL).

IL MANQUE ÉGALEMENT CELLE DE PANAGIOTIS LAFAZANIS, CE QUI EST BEAUCOUP PLUS GRAVE. Lafazanis est un ancien membre de l’insurrection de l’Ecole Polytechnique contre la Dictature des Colonels en 1973, devenu, quarante-deux ans plus tard, ministre de l’écologie et de l’énergie. Lafazanis venait d’ailleurs de signer un accord pour un gazoduc de plus de deux milliards d’euros avec la Russie. Et Lafazanis représente, surtout, plus du tiers des députés Syriza au parlement, c’est-à-dire toute l’aile gauche de Syriza.

Manolis GLÉZOS, ancien résistant et député européen, et Stathis KOUVÉLAKIS, philosophe militant du comité central, deux figures très reconnues et influentes de cette même aile gauche, ont d’ores-et-déjà exprimé leur profond désaccord. Stathis Kouvelakis, déjà auteur d’un appel très entendu le 23 juin dernier* qui avait freiné un processus similaire et favorisé l’issue du référendum, vient cette nuit d’appeler les députés de Syriza à voter contre ces propositions : « Μαζί με τον λαό που θέλει να σταθεί όρθιος και να ζήσει, υψώστε το ανάστημά σας, πείτε ΟΧΙ ! »
« AVEC LE PEUPLE QUI VEUT VIVRE DEBOUT, LEVEZ-VOUS ET DITES NON ! »

En ce jour décisif, gageons que les débats seront vifs au parlement, ainsi qu’à l’extérieur dans la population, notamment dans la jeunesse, les syndicats, les collectifs et les autres mouvements politiques, modéré et radicaux.

L’une des questions majeures : avec quelles voix ce texte sera-t-il voté au parlement grec, aujourd’hui, et quelles en seront les conséquences, d’une part politiques et d’autre part sociales ? Si la cassure survenait avec la plateforme de gauche de Syriza, Tsipras choisirait-il la coalition avec des partis du OUI ou bien la dissolution de l’assemblée en prenant le risque de perdre sa place de premier ministre au terme de nouvelles élections législatives ?

Dans les deux cas, une recomposition politique ou une dissolution correspondrait à une victoire totale de la Troïka. En particulier, suite à son changement de stratégie, peu après l’annonce du référendum, nouvelle stratégie de la Troïka résumée ici il y a huit jours :
http://bxl.indymedia.org/spip.php?article7984

Et, pour aller plus loin, QUELLES CONCLUSIONS LES GRECS ET, AU-DELÀ, LES EUROPÉENS DE LA VRAIE GAUCHE OPPOSÉS À L’AUSTÉRITÉ DEVRONT-ILS TITRER DE CETTE EXPÉRIENCE ? N’y a-t-il pas un paradoxe à être, comme les Grecs, 61% contre l’austérité mais 72% pour rester dans la zone euro, quand on connait précisément le fonctionnement de cette zone ultra-autoritaire et totalement inflexible ? Sujet délicat, explosif même, que s’empressent de récupérer et de déformer les souverainistes de droite et, surtout, l’extrême-droite. Posons-nous franchement la question : peut-on construire réellement une alternative sans faire un pas-de-côté, sans prendre du recul, sans reprendre sa destinée en main ?

On semble loin, si loin de la société sans classe de MARX, de la conscience écologiste aiguë de René DUMONT et de la proposition d’une Europe fédérale par BAKOUNINE**. Et pourtant, il n’y a qu’un pas à faire. Un seul pas. Un pas pour franchir le rubicon, briser les tabous et oser autre chose, notamment à la lumière de ces trois continents idéologiques entre lesquels des ponts existent, si on veut bien les lire, prendre parfois et laisser souvent, penser par soi-même et agir ensemble. Marx, Dumont, Bakounine, parmi d’autres. Beaucoup d’autres. Et parmi nous.

Finalement, Varoufakis, qui aimait bien soigner son image, a peut-être eu raison de passer la main précipitamment. Car si les Bourses réagissent avec une forte hausse, quelle sera la réaction des Grecs, notamment DES OPPOSANTS À L’AUSTÉRITÉ qui AVAIENT PRÉVU DE SE RASSEMBLER CE VENDREDI SOIR (19h30) « pour fêter le OXI », place du Syntagma devant le parlement ?

La joie d’avoir gagné dimanche dernier ? La déception d’avoir concédé autant depuis ? La tristesse de la division ? Ou la colère d’avoir peut-être raté une belle occasion ? Quoiqu’il en soit CE N’EST PAS LA FIN DE L’HISTOIRE, LOIN DE LÀ. Nous sommes loin d’avoir dit notre dernier mot, tou-te-s, par-delà nos différences.

En Grèce comme ailleurs, rien n’est fini, tout commence !

Yannis Youlountas


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