@tashrin
C’est surtout dramatique d’opposer les situations et les gens entre eux comme il est bêtement commun de le faire, en partant d’une situation, la sienne au pire ou celle que l’ôn connaît un peu, beaucoup, passionnément, pour débiner celles dont on ne sait rien. A ce jeu-là, ce sont les dirigeants anonymes qui décident pour nous tous, trop content de nous voir nous affronter. La nature humaine y est pour beaucoup, l’impossibilité de comprendre son semblable, la méchanceté très souvent, et cette nature pourrie qui voudrait araser tout au plus petit commun dénominateur. De cette manière, puisque l’ouvrier allemand est moins payé que le français, mais le turc bien plus que le vietnamien, il conviendrait que personne ne se plaigne avant d’avoir touché le fond de la Méditerranée où pourrissent quelques milliers de nos semblables qui eux ont au moins le bon goût de ne plus faire de comparaisons oiseuses entre leur sort avantageux (croisière maritime de troisième classe quand même) et celui des gens restés sous les bombes.
Si nous prétendons défendre quoi que ce soit ici-bas, que ce soit avec dignité et avec la préoccupation de l’intérêt général, qui n’est pas de rendre tout le monde esclave. Qu’il y ait des médecins, des avocats, des chefs de PME, des banquiers, des députés qui se gavent ? C’est plus qu’évident. Qu’il y ait des artisans qui effectuent 70 h hebdomadaires sous la menace de la saisie, c’est vrai. Qu’il y ait des éboueurs sans lesquels nous comprendrions ce que signifie être dans la m..., qui devraient être hautement considérés, c’est très clair pour moi. Il y a donc également des médecins qui travaillent 6 jours sur 7 et répondent au téléphone la nuit, le dimanche. Des politiciens qui travaillent leurs dossiers dans l’intérêt supérieur du mandat qui leur est confié. Il y a des gens honnêtes, parmi lesquels même certains qui savent reconnaître à d’autres ces qualités (même à ceux qui gagnent plus qu’eux, c’est dire leur ouverture d’esprit). S’il y a un combat à mener, c’est que chacun puisse vivre décemment, jouissant d’une reconnaissance sociale sincère, et partant, de lutter pied à pied pour préserver ce que nos ancien ont gagné sur le plan social souvent dans des insurrections dramatiques. Autrement dit, le moment est peut-être le mieux choisi pour faire corps pour faire face à l’esclavagisation de ceux qui ont encore un travail, de misère très souvent.