C’est à mon avis l’un des éléments décisifs de l’adhésion de beaucoup de personnes à la candidature de Mme Marine Le Pen : ce sentiment qu’elle est, elle aussi, une exclue du partage, une rejetée du système, une perdante.
En cela, elle fait preuve d’une prestation tout à fait convaincante (tout comme M. Donald Trump pendant ses campagnes aux Etats-Unis : primaire, puis présidentielle). Il s’agit de porter les coups, de diffamer, mais de souligner toujours être la victime, l’opprimé. Toute ressemblance avec la petite Nellie serait bien sûre fortuite : http://www.dailymotion.com/video/x8pahv_la-petit-maison-dans-la-prairie-sai_fun
Bref, une carrière simultanée au Front National, au conseil régional (pour le compte du Front National) et au Parlement Européen (pour le compte du Front National)
Ce curriculum vitae est évidemment une nouveauté dans la classe politique francaise, tout comme les parachutages dans des circonscriptions plus ou moins intéressantes. Cette affirmation est bien sûr ironique !
Ce curriculum vitae présente cependant une spécificité que l’on comprend en écoutant la chanson suivante : https://www.youtube.com/watch?v=L1N3WXZ_1LM (« 01:44-01:55 » ou bien encore « 02:05-02:18 » - ce second extrait s’applique également à quelques cadres du Front National que l’on peut voir en boucle en ce moment sur les plateaux de télévision... Evidemment, puisqu’ils sont tous contre eux).
Le drame, c’est que Madame Marine Le Pen, Présidente de la République, sera contrainte de rétribuer ses anciens employeurs, comme le Front National, la Région des Hauts-de-France... et le Parlement Européen, à qui elle doit tout.
Voter pour une députée au Parlement Européen, c’est bien voter pour l’Union Européenne. Ben oui ! Un peu, par exemple, comme voter pour... un ancien banquier revient obligatoirement à voter pour la finance. Ou bien n’ai-je pas tout compris ?
Quant aux mesures proposées par Madame Marine Le Pen (https://www.marine2017.fr/programme/), j’en savoure parfois la teneur. Elle qui fustige sans cesse les socialistes. Par exemple :
Proposition n°57 : « Fixer l’âge légal de la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisations pour percevoir une retraite pleine. » Les salariés ont gagné ce droit en 1981 en portant les socialistes au pouvoir. En France, entre 1981 et 2011, l’espérance de vie à la naissance a augmenté de 8 ans
pour les hommes et de 6,5 ans pour les femmes (https://www.insee.fr/fr/statistiques/1374119?sommaire=1374192). La réforme en cours prévoit de relever progressivement cet âge légal de départ à 62 ans. Monsieur Emmanuel Macron ne souhaite pas le modifier (« Il y aura toujours un âge légal de la retraite à partir duquel on pourra liquider ses droits. Il restera à 62 ans. » - https://en-marche.fr/emmanuel-macron/le-programme/retraites)
Proposition n°63 : "Maintenir la durée légale hebdomadaire du travail à 35 heures. Autoriser la négociation sur l’allongement du temps de travail
exclusivement au niveau des branches professionnelles et à la condition
d’une compensation salariale intégrale (37 heures payées 37 ou 39 heures
payées 39).« Les salariés travaillant dans une entreprise de plus de vingt salariés, et notamment tous ceux qui à l’époque étaient contraints à un temps partiel, ont gagné ce droit grâce à la majorité plurielle conduite par un socialiste, Monsieur Lionel Jospin, en 2000. Monsieur Emmanuel Macron écrit dans son programme : »Le Code du travail
définit un socle de droits et de règles (durée légale du travail,
salaire minimum, égalité professionnelle...), qui continuera de
s’imposer aux entreprises. Au-delà, la primauté sera donnée aux accords d’entreprise sur les accords de branche." - https://en-marche.fr/emmanuel-macron/le-programme/travail-emploi)
Bref, si nous quittons la sphère de la télé-réalité et si nous reprenons une activité normale, où peut bien être la différence entre Madame Marine Le Pen et Monsieur Emmanuel Macron sur le plan social ?
La générosité peut-être ? Telle celle de ces élus communistes en Styrie, une région autrichienne, qui depuis 1998 ne conservent de leurs traitements que 2.000,00 euros nets par mois et reversent le surplus à un fonds social pour soutenir les personnes dans le besoin (Désolé, l’information est en allemand : http://www.kpoe.at/partei/positionen/2017/tag-der-offenen-konten-2016). Une telle initiative du Front National ne m’est cependant pas connue, malgré vingt-trois (23) députés au Parlement européen, deux (2) députés à l’Assemblée Nationale et deux (2) sénateurs.