@Agafia. L’idéologie est d’autant plus puissante qu’elle n’est pas perçue comme telle, qu’elle est constitutive de l’air du temps.
Exemple en sciences dures, 1935 :
Avec
son apologue narquois du chat mort-vivant, Erwin Schrödinger s’était
respectueusement foutu des augustes
goules des
égocentristes triomphants,
les copenhaguistes. Octante
deux ans
après, ceux-ci n’ont toujours pas décodé à quel point il se
payait leur tête. Selon
l’école de Copenhague, et
surtout selon Eugen Wigner,
l’appareillage attendait
qu’un copenhaguiste daigne pencher son auguste attention sur le
dispositif et en ait pris conscience,
pour que l’appareillage sache si l’atome instable s’était désintégré
dans le temps prescrit. C’était
une idée totalement folle, mais c’est bien celle-là qui était
hégémonique en 1935 : le
traumatisme de la guerre mondiale 1914-1918 et de ses boucheries pour
rien, commandait encore les esprits et leurs pathologies collectives.
En octobre 2006,
Sciences et Avenir consacra
tout un
numéro spécial au chat de Schrödinger. Sur les 78 pages, pas une
des sommités convoquées n’a tiré son épingle du jeu. Un festival
d’égocentrisme
et d’anthropocentrisme à la
Bohr : Et que je te mesure, et que ma mesure change etc.,
et que le psychisme de Wigner, et que l’information, et que je
détruis l’information, et que moi, et que moi, et que moi,
etc...
On aurait des centaines d’exemples.
Au temps où c’était les curés les média de masse, les idéologies en vigueur n’étaient pas les mêmes qu’en notre époque moderne où les saltimbanques de tévé remplacent les chaires des curés, voire deviennent ministres.