@BA
A la suite de votre intervention, deux
réactions qui me donnent la nausée.
Les faits que rapporte cet article n’ont
rien de bien surprenant. C’est la réalité quotidienne dans ce qu’on
appelle désormais Les territoires perdus de la République.
Le bouquin de Bensoussan qui porte ce titre a été publié au début
de se siècle C’est un recueil de témoignages sur la montée dans
les banlieues d’un nouveau totalitarisme. J’avais fait à la parution
l’économie de cette lecture parce que je travaillais dans un lycée
du 93 et je pouvais très bien savoir ce que j’y trouverais. Je ne
l’ai lu que plus tard, forcé de constater que j’avais été témoin
de faits qui étaient encore bien pires.
Si tout le monde parle désormais des
« territoires perdus », beaucoup n’ont jamais lu le
bouquin. A l’époque où il est paru, le ministre Jospin faisait tout
pour que le public continuât d’ignorer ce qui se passait dans
l’Education nationale, afin de ne pas « jeter de l’huile sur le
feu ». Politique de l’autruche des plus désastreuses, dont on
aura vu le beau résultat dans les banlieues en 2005, et qui ne
laisse pas de se prolonger sous l’actuel gouvernement. Elle risque
risque d’être grosse des plus abominables catastrophes.
Au début de 2016, le même auteur a
fait paraître un autre recueil de témoignages suivi d’analyses
écrites par des auteurs plus connus, spécialistes de la sociologie.
Ce pavé de sept cents pages s’intitule Une France soumise. Des
récits d’exactions comparables à celle que rapporte le présent
article, on y en trouvera des dizaines.
Dans
l’article de Chalot, les « lâches », ce sont les petit
voyous radicalisés de nos banlieues. Et on ne saurait, certes, user
d’un terme plus juste pour les qualifier. Mais ils ne sont pas les
seuls. Et les plus abominablement responsables, ce sont encore les
politiciens locaux qui, dans des banlieues comme Saint-Denis ou
Aubervilliers ne se sont pas contentés de tolérer ces sortes de
violences, mais les ont même favorisées de bien des manières par
des choix politiques imbéciles. Ce type de processus a été
minutieusement décrit, en particulier dans le bouquin de Céline
Pina (Silence coupable)
et je me dispenserai donc de développer.
A
un plus haut niveau encore, des partis tels que le NPA ou celui de La
France Soumise
de Mélenchon portent une responsabilité encore bien plus atroce.
Considérant l’islamisme qui sévit dans les banlieues et tyrannise
les populations musulmanes, il y ont vu l’expression légitime des
revendications des derniers damnés de la terre, espérant
probablement se servir d’eux comme masse de manœuvre dans leur
prochaine révolution. A l’heure où le FN, pour se refaire une
virginité, faisait disparaître de sa vitrine l’antisémitisme –
mais tout en continuant à le cultiver très bien dans
l’arrière-boutique !-, ces partis « de gauche » ont très
bien ranimé les pires idéologies de l’extrême droite des années
30 et de la période de la collaboration.
Cet
article et beaucoup de réactions indignées à sa suite m’étonnent
considérablement. Rien de tout cela ne devrait être ignoré d’un
citoyen français. Il y a vingt ans que cela dure, et ce n’est pas
nouveau. Il serait peut-être plus urgent de prendre conscience que
l’actuel gouvernement d’opérette à la tête du pays et son armée
de crétins ravis à l’Assemblée est en train là-dessus, comme sur
tout le reste, de continuer une politique de l’autruche qui aura
causé déjà bien des catastrophes. Elle conduit tout droit à
l’explosion.