’’Les structures des entreprises multinationales permettent au contraire
l’établissement d’une pyramide hiérarchique claire et efficace dans
laquelle les fonctions de chacun peuvent être délimitées et leur
efficacité fonctionnelle vérifiée à tous moments par des gens qualifiés.’’
État et Mafias de concert : ‘’
État et organisations criminelles sont-elles des structures concurrentes ? Pas nécessairement répond Raimondo Catanzaro. Portant son regard sur la Mafia italienne, le politiste analyse les conditions spécifiques dans lesquelles elle peut vendre son offre de protection : « S’ils veulent se substituer à l’autorité de l’État comme garant des biens et de la sécurité physique des personnes, ceux qui se spécialisent dans ces activités doivent démontrer qu’ils sont en mesure d’exercer la force de manière plus efficace que leurs concurrents potentiels. »
Les multinationales sont organisées comme des mafias :
’’Le capitalisme contemporain est devenu par la force de la logique de l’accumulation, un « capitalisme de connivence ». Le terme anglais « crony capitalism » ne peut plus être réservé aux seules formes « sous-développées et corrompues » de l’Asie du Sud est et de l’Amérique latine que les « vrais économistes » (c’est à dire les croyants sincères et convaincus des vertus du libéralisme) fustigeaient hier. Il s’applique désormais aussi bien au capitalisme contemporain des États-Unis et de l’Europe. Dans son comportement courant, cette classe dirigeante se rapproche alors de ce qu’on connaît de celui des « mafias », quand bien même le terme paraîtrait insultant et extrême.’’ Par Samir Amin, économiste et président du World Forum for Alternatives.