Tout d’abord qui sommes-nous ? Nous sommes
des humains. Nous savons que ce qui nous différencie
des autres espèces vivantes sur terre, animales et végétales, c’est cette
faculté humaine que nous avons, la « pensée ». Nous sommes « conscients de nos pensées et par nos
pensées » qui pensent en nous. Nous sommes donc ces pensées.
Sans elles nous ne pouvons exister. Donc les êtres humains ont une conscience
et aucune espèce vivante n’a ce qu’ont les humains qui peuvent penser tout ce
qui existe sur la Terre. Il me paraît pour le moins
prétentieux d’affirmer que « ce qui nous différencie des autres espèces
vivantes sur Terre … c’est cette faculté humaine que nous avons, la
pensée ». « Des chercheurs ont découvert que certains virus
émettaient des signaux encourageant leurs semblables à « épargner » momentanément
leur hôte pour éviter la destruction complète de leur habitat. Si l’on savait
que les bactéries échangent des signaux, c’est la première fois qu’un tel
système de communication est mis en évidence chez des virus » (source
Soline Roy - FIGARO.Santé - 23/01/2017).
Il faut bien que ces micro-organismes pensent à ce qu’ils vont faire pour
émettre de tels signaux dans un tel but. Il y a nécessairement une
« intention » dans cette démarche stratégique.
L’homme peut-il s’apercevoir qu’il pense ? Il
n’a point besoin de s’apercevoir qu’il pense. Il pense tout simplement. Qu’il
fait quelque chose, qu’il étudie, ou qu’il travaille, c’est de sa pensée que
procède tout son existant. S’il est évident que l’être
humain « n’a pas besoin de s’apercevoir qu’il pense », il est
tout aussi évident qu’« il peut s’apercevoir qu’il pense ».
Là, en ce moment même, en écrivant cela, je « pense à ce que je
pense à écrire ». L’intention sous-tend ce processus. J’ai, certes, la
faculté de penser, mais j’ai aussi la faculté de m’apercevoir que je pense, je
peux parfaitement m’observer en train de penser. Je mets en marche souvent,
tous les jours, ce processus consistant à « penser en en pleine
conscience ».
Donc si on se pose la question « Qui
sommes-nous ? », nous sommes ce corps réel qui existe dans
la réalité. Donc un réel de l’homme par soi et la réalité qui lui arrive aussi
par soi. Pour comprendre, ces mots et ces phrases que j’aligne à cet instant
même, sont-ils de moi ? La réponse est Oui, ils sont de moi, mais je ne
peux m’empêcher de dire qu’ils viennent avant tout de ma pensée. C’est une
vérité. Et ceci nous amène à la question : « Qu’est-ce qui précède
ma pensée ou mon existant ? ». Vous
confondez allègrement deux choses : le « soi » et le « moi ».
Le « soi » est ma part essentielle et immatérielle source de mes
pensées, c’est le conscient, « l’œil qui était dans la tombe et qui
regardait Caïn » (Victor Hugo – La conscience), il met en œuvre un
instrument matériel appelé « cerveau » ; le « moi » est ma
part existentielle, amalgame de pensées et d’émotions, enregistrés par mon
cerveau sous forme de schémas mentaux, il ne pense pas il réagit en se
projetant à l’extérieur de manière masquée, c’est le subconscient. Ce que
« j’aligne à cet instant même » est pensé par le « soi » et
s’exprime à l’extérieur après avoir subi le filtre du « moi » … ou
bien du « ça » (l’inconscient) s’il s’agit d’une pensée originelle et
inédite. Ce n’est (apparemment) pas simple.
Jean-Paul Sartre dira « l’existence
précède l’essence. » Mais quand je regarde mes mots que j’ai écrits,
force pour moi de dire que c’est ma pensée qui a précédé puisque c’est elle qui
m’a poussé à les écrire. Dès lors, pour moi, c’est l’« essence qui
précède à l’existence ». Le « moi »
de Jean-Paul Sartre était visiblement « pollué » ou « perverti »
par la pensée de Pascal qui avait dit « je pense donc je suis »,
faisant du fait d’être la conséquence du fait de penser. J’aurais préféré qu’il
écrive « je suis donc je pense ». Mais n’avait-il pas
« l’intention » de promouvoir le « mouvement existentialiste » dans
lequel, JP Sartre s’est empressé de s’engouffrer pour « régler son compte
à Dieu » ?
(à suivre)