Lorsque nous étions enfants, notre père nous organisait de temps en temps des concours d’îles désertes du Pacifique. Il nous achetait de très grandes feuilles Canson blanches, et on devait dessiner, comme une carte, l’île déserte parfaite, avec tout ce qu’on voulait mettre dessus (rivière d’eau douce, volcans, plages, hutte, grenier...) mais on n’avait droit d’y emmener que six objets, et il fallait qu’ils soient utiles à la survie. C’était un concours où on ne gagnait rien, en fait, juste une opinion sur la meilleure carte et les objets les plus utiles, et c’était très amusant.
Alors évidemment il y avait les grands classiques,les allumettes pour faire le feu, la machette pour couper les noix de coco (parce qu’il y a des noix de coco sur une île déserte, forcément)... et moi, sur mon île, j’emmenais systématiquement... ma pince à ongles. C’est vrai, quoi, vous imaginez vivre sur une île déserte sans jamais pouvoir vous couper les ongles ?
J’ai rarement gagné le concours, ha ha 
Mais vous savez, tout objet, sur une île déserte, peut devenir l’objet le plus utile et le plus important. Souvenez vous du film avec Tom Hanks (quel génie, cet acteur !) prisonnier de son île avec un ballon de foot...
Je ne sais pas si c’est de là que vient ma passion pour les îles du Pacifique et pour les cultures océaniennes (surtout les sculptures polynésiennes, qu’est-ce que c’est beau !).
Merci pour ce très joli texte.
Ps : je l’ai toujours, cette pince à ongles, et bien entendu je l’ai prise avec moi quand je suis partie vivre en Grande Bretagne, pourtant pas tellement déserte comme île...
