Aux Lecteurs. Un constat intéressant.
"Syndicaliste engagé qui
avait pris la défense des Gilets jaunes face au gouvernement, Alexandre
Langlois annonce sa volonté de quitter la police nationale. Dans un
courrier, il explique l’inadéquation de son engagement avec la police
actuelle.
« Je quitte la Police nationale pour les mêmes raisons que j’y suis entré
: la défense des libertés individuelles et de l’intérêt général ». Telle
est la conclusion – lapidaire – de la lettre envoyée par Alexandre
Langlois au ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.
Ce 27 novembre, le policier militant syndical et emblématique secrétaire
général de VIGI-MI a annoncé dans un courrier sa volonté de négocier
une rupture conventionnelle avec l’administration.
Ma demande de rupture conventionnelle envoyée à @GDarmanin ce matin.
"Je quitte la @PoliceNationale pour les mêmes raisons que j’y suis
entré : la défense des libertés individuelles et de l’intérêt
général."#JeSuisLibreDoncJeSuishttps://t.co/OB7u21Wt5Jpic.twitter.com/q4QzZ0nyxo—
Alexandre Langlois (@AlexLanglois_) November 27, 2020
Une longue bataille aux côtés des Gilets jaunes mais aussi des policiers
: intenable ?
Dans ce long courrier très véhément, celui qui avait souvent pris fait
et cause pour les Gilets jaunes sans jamais renier son métier de
policier national du renseignement ni son engagement syndical, revient
sur les années qui ont précédé et décrit une institution qui ne
correspond plus selon lui à celle pour laquelle il s’était engagé :
« Aujourd’hui, je constate qu’il n’est plus question pour le peuple
d’obéir aux lois auxquelles il a lui-même consenti et que le rôle de sa
police n’est plus de protéger ses libertés, mais plutôt de toutes les
annihiler, comme le ferait le plus vil des oppresseurs. »
Si vous aviez un tant soit peu de respect pour les femmes et les
hommes qui portent l’uniforme, comme moi, vous démissionneriez
Et de questionner : « Qu’est devenue la Police nationale depuis 2014,
elle qui se devait d’être la garante des libertés ? Ne mérite-t-elle pas
mieux que d’appliquer à la lettre des lois de plus en plus liberticides
et autoritaires ? En pareille situation, peut-on encore parler d’une
police républicaine ou ne s’agit-il plus que d’une milice au service de
votre autoritarisme ? »
Avant de déplorer : « Mon engagement dans la Police nationale ne peut
plus se maintenir dans un tel régime sans aucun espoir de réforme telles
que vos prises de position récentes le laissent présager. »
Dois-je vous rappeler que la première cause de mortalité des
policiers en fonction est le suicide ? Depuis l’élection d’Emmanuel
Macron, c’est quelque 150 vies sacrifiées
Sur les Brigades de répression de l’action violente (les fameuses Brav-M
du préfet de police de Paris), le policier militant ne retient pas ses
coups et prend ouvertement la défense des causes sociales : « Suite à la
mort de Malik Oussekine le 6 décembre 1986, Charles Pasqua, alors
ministre de l’intérieur, non seulement présenta ses excuses en personne à
la famille, mais, de surcroît, prit la décision de dissoudre les
voltigeurs. Depuis le début de ce quinquennat, c’est l’inverse qui est
pratiqué : on nie les faits, on ne présente jamais d’excuses et... on
recrée les voltigeurs que l’on rebaptise BRAV-M ! Les policiers sont
depuis lors au service d’un Président de la République qui les utilise
pour réprimer avec violence tout mouvement social contestataire tels que
les Gilets jaunes, mais également les infirmières, les pompiers, les
médecins, les avocats au lieu de leur permettre de manifester leurs
revendications de manière encadrée et sécurisée. »
Revenant également la question du polémique article 24 de la proposition
de loi relative à la Sécurité globale, Alexandre Langlois se remémore
le meurtre djihadiste d’un couple de policiers à leur domicile en 2016,
dans les Yvelines, à Magnanville : « Ont-ils été assassinés chez eux
suite à la diffusion de leur image ? Une énième fois non, mais suite à
l’absence de sécurisation des données des ressources humaines, qui se
baladaient sur une clé USB non sécurisée par le ministère de l’Intérieur
et transmise à un syndicat de police. Des mesures ont-elles été prises
depuis ? La réponse est encore une fois et toujours négative. Si vous
aviez un tant soit peu de respect pour les femmes et les hommes qui
portent l’uniforme, comme moi, vous démissionneriez. »
Et d’enfourcher un des chevaux de bataille du syndicat de VIGI-MI :
« Dois-je encore vous rappeler que la première cause de mortalité des
policiers en fonction est le suicide ? Depuis l’élection d’Emmanuel
Macron, c’est quelque 150 vies sacrifiées. »
Il est à noter qu’Alexandre Langlois ne démissionne pas de la police
nationale, mais demande une rupture conventionnelle, une possibilité qui
a récemment été ouverte aux fonctionnaires de police, mais dont
l’administration peine à s’accommoder, selon plusieurs sources
policières contactées par RT France. L’une d’entre elles a expliqué à
cet égard : « La boîte a peur que ça leur coûte trop cher ! Nous sommes
de plus en plus nombreux à vouloir partir. »