Aux Lecteurs, à propos de l’évacuation de la Smala, place de la République :
L’Absurdistan est un merveilleux pays vu d’Afghanistan.
Notre pays de Cocagne accueille à bras ouverts ceux qui disent
échapper à une guerre civile sans fin et à une oppression religieuse
qu’ils n’osent pas combattre.
90 soldats français ont donné leur vie pour les y aider, et il
faudrait applaudir les fuyards qui brandissent des droits sans quitter
des croyances et des mœurs aux antipodes des nôtres.
Les “belles âmes” des puissantes associations humanitaires largement
subventionnées s’inquiètent du sort des clandestins afghans renvoyés
chez eux. Elles sont scandalisées par l’énergie déployée par la police
pour démanteler le camp installé par surprise place de la République.
La schizophrénie française nous habitue à aligner des faits et des
humeurs chaotiques. Un jour on est ému par un attentat commis par un
immigré musulman, le lendemain, on pleure sur un Afghan vidé de sa tente
dans un geste certes peu amène mais toutefois moins violent que ne
l’aurait été une éviction opérée en contact physique.
S’il est scandaleux qu’un citoyen français qui use de son droit de
manifester dans son pays soit éborgné, un croche-pied à un individu qui
n’aurait pas dû être là est le signe d’un agacement compréhensible,
dissuasif, si tout le monde, ministre et défenseur des droits en tête,
ne tombaient pas sur le râble de l’auteur.
En 2018 près de 60% des demandeurs afghans ont obtenu le statut de
réfugié auprès de l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et
apatrides), soit environ deux fois plus qu’en Allemagne.
En appel, la CNDA revenait à 75% sur les rejets de l’Ofpra pour
attribuer une protection subsidiaire. 10 250 Afghans, le premier
contingent, ont demandé l’asile en France et les 3/4 l’ont obtenu. Quant
aux déboutés, leurs reconduites se font au compte-gouttes : en 2017,
2018 et 2019, 11 Afghans ont été expulsés chaque année du territoire
français, selon le ministère de l’Intérieur.
Le 19 septembre 2019, l’Assemblée nationale a voté, après le Sénat,
un projet de loi de ratification de l’accord UE-Afghanistan. L’article
28 inquiète les associations car il ouvre la voie à la conclusion
d’accords de réadmission entre les États européens et l’Afghanistan.
La Cour Nationale du Droit d’Asile vient, en outre, de décider de
réduire l’application très généreuse qu’elle faisait de la protection
subsidiaire qui permet à n’importe quel habitant d’un pays en proie à
des violences sporadiques ou localisées de se dire réfugié alors qu’il
n’est en rien l’objet de menaces personnelles ou en raison de son
groupe.
Si l’accueil de familles menacées politiquement est légitime, le flux
d’immigration économique vers l’Eldorado sous couvert d’asile est de
bout en bout inacceptable : les conditions de travail en Iran sont
dures, l’accueil en Turquie est brutal. En 2019, les autorités turques
disent avoir appréhendé 201 437 Afghans en situation irrégulière. Deux
fois plus que l’année précédente et quatre fois plus qu’en 2017. Les
prisons turques sont inhumaines et la lutte contre les trafics et le
terrorisme l’emporte sur le souci des droits de l’homme.
Sur la totalité des migrants en Grèce, les Afghans constituent la
seconde nationalité. A leur arrivée au nord et à l’ouest de l’Europe, la
rupture culturelle donne lieu à de nombreux problèmes, en matière de
délinquance sexuelle notamment, en raison comme disent leurs avocats de
l’ignorance de nos codes…
Après, le choix s’opère. La France est la plus généreuse avec ses
soins gratuits et 2500 Euros offerts pour un retour éventuel… Comme les
places en rétention administrative sont insuffisantes, des camps se
constituent, sont dispersés et se reforment tandis qu’à la frontière on
laisse entrer le flot continuellement.
A chacun sa référence : mythe de Sisyphe ou Sapeur Camember, le cercle est vicieux, et le problème tourne en rond.
Le 17 novembre, les forces de l’ordre ont évacué le campement de
migrants de Saint-Denis. Près de 3 000 ont été mis à l’abri, et à nos
frais, mais, faute de places suffisantes, entre 500 et 1 000 ont été
laissés à la rue et empêchés de se réinstaller.
Soutenus par des élus et des associations, plusieurs centaines de
migrants en errance ont donc posé leurs tentes lors d’une opération coup
de poing en plein centre de Paris. Les forces de l’ordre ont démantelé
ce campement sans ménagement dans la soirée.
Et le scandale de cette
invasion, de cette occupation sans droit, de cette manifestation
d’étrangers qui refusent de se battre chez eux mais revendiquent chez
nous, s’est retourné en scandale des violences policières :
politiquement désastreux sauf pour le ministre de l’Intérieur qui passe
deux fois à la télé, la première pour montrer sa rigueur migratoire et
la seconde pour condamner les policiers qui se croyaient soutenus.
Carton médiatique mais deux échecs politiques puisque les migrants
dispersés courent toujours et que la police est accusée au moment même
où le gouvernement fait voter un texte pour empêcher la presse de
prendre des images de policiers.
Il faut en finir avec Schengen !
Interdiction du territoire et reconduite administrative à la
frontière, rétention systématique de tout clandestin sans limite de
temps jusqu’à son expulsion, demande d’asile uniquement dans notre
réseau consulaire à l’étranger, sanctions sévères pour les passeurs,
réduction des aides au strict minimum : seule une politique cohérente
mettra fin à cette sinistre comédie qui consiste à abîmer notre pays, et
à mettre en danger la vie des migrants en appliquant les valeurs
contradictoires d’une idéologie suicidaire.
Un adolescent de nationalité afghane, scolarisé dans un collège du
centre de Marseille a été inculpé pour apologie du terrorisme lors de
l’hommage rendu en classe à Samuel Paty, le professeur décapité.
Peut-on au nom des droits de l’homme, et de la tolérance, attirer
dans notre pays non ceux qui fuient leur absence chez eux, mais ceux au
contraire qui sont désireux de les supprimer chez nous ?
Oui à l’accueil de celui que la décapitation menace chez lui, non à l’accueil de celui qui vient décapiter chez nous !
Christain Vanneste