Aux Lecteurs.
Un odorat très fin...A la recherche du bonhomme qui a la « gueule de l’emploi ».
On n’entend plus parler de ce qui aurait pu motiver l’arrestation de l’intéressé.
Si « cargaison » il y avait, qu’est-elle devenue ? A-t-elle même existé ?
PV de la déposition des policiers.
Dans ce PV rédigé par un gardien de la paix, les policiers racontent avoir aperçu “un
individu non porteur du masque qui se dirige d’un pas rapide vers la
rue de Renaudes (…) L’individu ne cesse de jeter des coups d’œil en
direction de notre véhicule sérigraphié, paraissant nerveux“.
Les policiers racontent qu’ils décident de le contrôler “vu la réglementation concernant la lutte contre le Covid-19 et la mise en place du confinement“. “Nous nous dirigeons vers lui, revêtus de notre brassard police tout en lui déclinant notre qualité et intention à son égard. Une forte odeur de matière stupéfiante émane de sa personne. Il est porteur d’un gros sac en bandoulière de couleur marron“, précise le PV.
“L’homme continue son chemin, et alors que nous tentons de le saisir par le bras pour le maintenir sur place, il se débat en nous repoussant à l’aide de ses mains et se précipite par la porte d’un établissement recevant du public” qui se révèlera être un studio d’enregistrement musical. “Dans son action, alors que nous tentons de l’intercepter, il nous entraîne de force dans l’enceinte du bâtiment“, racontent les policiers.
Le PV se poursuit par le récit de ce qui s’est passé dans le hall d’entrée du studio de musique. “Nous
tentons d’interpeller l’individu avec peine. Celui-ci se débat et nous
repousse à plusieurs reprises avec ses bras en tentant de nous porter
des coups et en hurlant des prénoms comme pour solliciter de l’aide afin
d’échapper à notre emprise. Nous tentons vainement de procéder à son
menottage.“
“Ce dernier devient dangereux à notre égard, nous trouvant dans
un milieu clos, qui ne nous permet que peu de mouvements, nous sommes
contraints d’effectuer, via les gestes techniques et professionnels, une
amenée au sol de l’individu (…) Dans la débâcle, l’homme tente à plusieurs reprises de se saisir de notre arme administrative, se trouvant dans un étui comportant une sécurité, ce qui entrave ses intentions. Il tente également de se saisir d’un objet se trouvant dans sa sacoche,
sans succès et sans que nous ne puissions déterminer la nature de
l’objet. L’individu hurle et nous donne des coups avec ses bras et ses
jambes“, indique le PV.
Les trois policiers affirment avoir alors tenté de sortir du local, en vain. “L’individu
continue de nous porter des coups avec ses bras et ses jambes et se met
devant la porte de sortie, nous empêchant ainsi de quitter le local (…)
Nous constatons la présence d’un escalier semblant donner sur un étage
en sous-sol, d’où semble provenir soudainement une dizaine d’individus.
Ces derniers crient à plusieurs reprises ‘on va vous défoncer’, ‘vous
êtes morts’. Le brigadier tente de bloquer la porte d’accès donnant sur
cet escalier, afin que la dizaine d’individus y restent bloqués, ces
derniers étant susceptibles de représenter un danger imminent à notre
égard“.
Le PV décrit une “situation de plus en plus critique“. “Nous
recevons à plusieurs reprises des coups au niveau du visage, émanant de
l’individu dont nous souhaitions initialement procéder au contrôle (…)
Le brigadier et le gardien reçoivent également plusieurs coups portés
par l’individu bloquant la porte d’accès extérieur, au niveau du ventre,
des bras et du visage.“
“Ne parvenant toujours pas à nous extraire de ce local, le
gardien se saisit de sa matraque télescopique et en porte plusieurs
coups au niveau du ventre des jambes, des bras de l’homme. Ce dernier
semble totalement insensible à la douleur et parvient à se saisir de la
matraque télescopique par le bout. Il tente de s’en emparer (…) Le
gardien effectue une saisie arrière sur l’individu et nous parvenons à
cet instant à récupérer sa matraque télescopique des mains de
l’individu. Nous portons alors plusieurs coups de matraque télescopique à
l’individu dont certains, dans la débâcle et l’agitation l’atteignent
au visage“, indique le récit des policiers. C’est alors qu’ils parviennent à ouvrir la porte et à sortir du local.
A l’extérieur, les trois policiers trouvent les renforts qu’ils
avaient sollicités par radio. Ils décident de tenter à nouveau de
rentrer dans l’établissement “afin de procéder à l’interpellation de
l’auteur des violences à notre égard, ainsi que, vu le contexte
sanitaire en vigueur, de procéder à des contrôles et vérifications sur
la présence de l’ensemble des occupants de ce local, ne s’apparentant
aucunement à un lieu d’activité de première nécessité. A cet instant,
l’auteur des violences à notre égard se place derrière la porte et fait
délibérément obstacle à son ouverture. Alors que la porte se trouve
entrouverte, un effectif de police que nous ne sommes pas en mesure
d’identifier (…) qui ne fait pas partie de notre unité, jette une
grenade lacrymogène de type MP7 dans l’enceinte du local“, poursuit le procès-verbal.
Les policiers racontent qu’ils attendent “à l’extérieur que le
gaz se dissipe. Vu la superficie des lieux, les individus à l’intérieur
ont la possibilité de se dégager et de se protéger des gaz”, estiment-ils.
“Nous pénétrons à nouveau dans le local et en extrayons l’ensemble des personnes s’y trouvant“, notamment “l’auteur des violences à notre égard“. Il est alors 18h55, selon le PV. “Lors de son menottage, l’individu ne se laisse pas faire“,
un gardien de la paix se blesse au pouce. Les neuf autres hommes
présents dans les locaux, tous âgés d’une vingtaine d’années, sont
interpellés.«
Source :
https://www.20minutes.fr/faits_divers/2917639-20201126-paris-enquete-ouverte-contre-trois-policiers-soupconne-avoir-passe-tabac-homme
Note : il est curieux de voir que tout le monde a »eu accès« à ce PV. ou a pu »se le procurer" sans aucun problème.
Puisque le secret de l’instruction est totalement emplafonné, pourquoi le procureur de la République lui-même ne publie-t-il pas un communiqué officiel avec les termes exacts dudit PV des policiers, in extenso ?
Renaud Bouchard