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Commentaire de Aaltar

sur Guerre en Ukraine : à quoi pourrait ressembler la campagne d'hiver ?


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Aaltar Aaltar 12 octobre 2022 15:04

Plusieurs optiques me semblent tout à fait pertinentes. Mais la Russie, au delà des troupes, risque bien d’avoir un gros problème en cas d’offensive d’hiver : des munitions à haute valeur qui finissent par lui manquer.

Faire ronfler des milliers d’obusiers en défense est une chose, soutenir une offensif rugueuse en est une autre et on peut légitimement douter de sa capacité à pouvoir soutenir une offensive fructueuse après l’attrition qu’elle vient de subir.

Les ukrainiens ont repris du terrain, de manière très couteuses, mais aussi avec le gain de tout ce que la Russie a laissé derrière elle et ce n’est pas des moindre. Des rapports font état d’un quasi anéantissement de l’armée initialement lancée et qui n’était rien d’autre que toute l’armée censée défendre le flanc ouest + des divisions mécanisées ramenées depuis l’espace sibérien est (non sans l’assurance de la Chine et de la Corée à garantir le secteur délaissé).

En gros, la Russie a perdu beaucoup d’hommes dans sa blitkrieg ratée, beaucoup de matériel en attrition et perte de territoire et surtout, surtout ! énormément de munitions à haut potentiel. Ramener du troufion pour occuper les postes frontières ailleurs pour faire glisser les troupes formées sur le front ne garantira pas la réussite d’une attaque massive d’hiver ; à plus forte raison avec l’OTAN qui surveille tout ce qui bouge et qui livre surement sa plus précieuse contribution : le renseignement militaire.

Poutine ne lâchera pas la Crimée, il sait aujourd’hui qu’il peut avoir engagé une action qui à terme pourrait lui faire perdre et c’est bien là son principal enjeu (dés lors qu’il n’a pas réussi à prendre le pays en 10 jours). Trop jouer pourrait lui faire perdre et la Crimée est le moteur de tout ce qui se passe depuis la Géorgie et tout vise à sanctuarisé la prise précaire.

Pourquoi tout tourne autour de la Crimée ?

Commençons pas un petit clin d’oeil à Zbigniew Brzezinski

qui avait théorisé la notion de socle de puissance pour la Russie : l’Ukraine et le Kazakhstan.

Petite rétrospective du cas Crimée (je vais tenter de faire rapide). Sebastopol était laissé aux bons soins des russes à l’indépendance pour des raisons de « courtoisie » dirons nous. Mais l’Otan finit par faire pression en sourdine fin des années 2000 et l’Ukraine indiquera que la reconduction de l’accord avec la Russie sur la disponibilité de Sebastopol serait remise en question. Cette simple évocation suffit à mettre en branle toute une série de conséquences logiques à commencé par le premier domino : sans base navale majeure, la Russie n’a plus de possibilité de soutenir sa marine pour la mer méditerranée et l’océan indien (enfin le moyen orient surtout). Comme ils ne sont pas du genre à regarder la situation leur devenir défavorable : Guerre de Géorgie, Ossétie du sud et Abkhazie dans la poche. Les infrastructures resteront à construire mais ça permet de ne pas finir trop déplumé. Et plus tardivement l’annexion de la Crimée par les petits hommes verts ce qui aurait dû être dés le départ combattu.

La Russie ne peut pas perdre la Crimée, c’est un enjeu stratégique majeur et elle le défend car nous avons œuvré pour lui soustraire. Poutine va chercher à reprendre la main, donner l’impression qu’une position de force lui est favorable pour négocier des oblasts de pacotilles mais surtout la Crimée !

Notre problème sera de faire avaler à Zelinsky cette perte qu’il ne voudra pas lacher mais la guerre ne cessera pas sans cette concession.


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