@La Bête du Gévaudan
Véritablement extrême et de ce fait limitée sur d’autres sujets,
votre réflexion sur l’économie a par contre le mérité d’être originale et
souvent fondée sur l’étude.
Ici vous soulignez le point exact et fondamental de
l’interdépendance de l’économie mondiale actuelle, qui est évidemment déjà
abordé dans l’article mais pourrait effectivement faire l’objet d’une étude
historique et économique encore plus poussée.
Si le principe des délocalisations a pris tant d’ampleur,
essentiellement depuis le milieu des années 70, et symptomatiquement à la suite
du rapprochement sino-américain, on peut déjà s’interroger sur le rôle
essentiel de cette « bifurcation » historique, à la fois politique et
économique, qui a donc été le déclencheur concret de ce mouvement.
Toutefois, même indépendamment de ce mouvement, si l’on étudie sur
le temps long l’évolution de la productivité du travail et du capital, en
fonction de l’évolution technologique des processus de production, on ne peut
que constater qu’elle suit une sorte de « courbe » assez constante d’un
pays à l’autre, d’un système de production industriel et de services à l’autre,
même s’il y a logiquement un décalage dans le temps en termes de niveaux de
développement entre les pays.
La « rentabilisation » des délocalisations joue donc
essentiellement sur ce décalage, mais n’enraye pas pour autant le cycle
fondamental de l’évolution et de la « courbe » reflétant le cycle des
sociétés industrielles modernes, comme le montrent donc les études sur le temps
long.
Il y a nécessairement « interférence » entre les
« courbes » mais pas d’inversion fondamentale ni de réelle
« correction » du mouvement.
C’est ce que montre, entre autres, un relatif rapprochement
sino-japonais sur les questions économiques et de droits de douanes.
Comme il est facile de le comprendre si l’on prend la peine de
l’étudier, le cas du Japon est en quelque sorte le « modèle » et le
« prototype », en condensé sur son île, de ce cycle fondamental.
Avec plusieurs décennies de « décalage » la Chine n’en
suit pas moins la même évolution et en est parfaitement consciente.
C’est pourquoi l’article insiste plutôt sur le
« rééquilibrage » (type « Charte de la Havane ») des relations
commerciales et industrielles internationales que sur les simples
« relocalisations » à proprement parler, qui ne seront véritablement
possibles et utiles que dans un contexte nouveau de relations internationales.
Luniterre
Sur le Japon comme « prototype » de l’économie
industrielle moderne, voire notamment :
Richard Werner, « père spirituel » du Quantitative Easing et « apprenti sorcier » du banco-centralisme
https://cieldefrance.eklablog.com/richard-werner-pere-spirituel-du-quantitative-easing-et-apprenti-sorci-a215699895
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