Merci également pour vos commentaires, ce sujet déchaîne forcément moins les passions que le Moyen-Orient ou l’Ukraine !
Il y a de nombreux aspects que je n’ai pas abordés, faute de m’y connaître vraiment, aussi parce que ce n’est pas un traité qui n’intéresserait que les pros.
En vrac, la traduction poétique, des plus difficiles, la tendance française à ne pas respecter le rythme interne en se contentant souvent de l’alexandrin. Ou les néologismes, etc.
Ou encore une tendance (française ?) à traiter de la traduction sous une forme complexe, érudite, universitaire, voire un peu pédante, fumeuse, par exemple ce passage d’un article sur Boris Vian traducteur de polars et du roman de SF de Van Vogt : :
"Dans la traduction de la science-fiction comme dans la
traduction d’un roman réaliste ou d’une pièce de théâtre, le traducteur
est confronté au matériau syntagmatique du texte et c’est ce matériau
qu’il a à traduire. Mais, si le continuum métamorphique que constitue
l’œuvre n’existe qu’à travers sa syntagmatique propre, celle-ci a pour
propriété essentielle de faire émerger l’imaginaire paradigmatique de
l’œuvre.
Du fait que la paradigmatique de la
science-fiction se fonde sur la spéculation d’univers en dérive, dont le
simulacre est donné à lire à travers la syntagmatique du texte,
traduire la science-fiction ne peut être « la même chose » que traduire
un roman réaliste3.
Nous avons vu que la paradigmatique de la science-fiction se déploie
dans le texte notamment à partir des technolectes et exolectes fictifs.«
Un peu plus loin, l’article parle des néologismes.
Puis des registres de langue, de façon plus claire :
»Nous allons le voir à cette manière qu’il a de glisser des formes
familières et argotiques dans la traduction là où le texte anglais ne
joue pas de ce registre."
Bon, c’est du langage de sociologie et de linguistique, mais sur les forums spécialisés, les traducteurs discutent de leur métier de façon plus pragmatique, plus simple, et il existe quelques manuels je pense, dans le même esprit d’artisanat.