@Octave Lebel
En rappelant de plus en plus aux plus anciens l’ambiance lugubre et inquiétante, chargée de menaces à peine voilées pour qui pense autrement du bon vieux temps où régnaient dans nos médias les émules d’un Pétain, Laval et compagnie.
Godwin et nos fantômes.
L’Europe ne sort décidément pas de son grand guignol un rien sinistre, de son
armée de fantômes et d’épouvantails.
Dans l’échelle graduée de l’horreur, nul doute concernant
celui qui occupe le sommet, il structure encore tout le reste, son héritage en Europe est immense.
Il a maintenant un challenger, celui salué par Eluard et
Picasso comme un héros à l’époque. Certains tentent, en peinant un peu, d’en
faire l’alter ego du patron dans l’ordre de l’horreur.
On observe donc quelques évolutions dans l’ordre du MAL occidental,
selon les intérêts du moment.
Justement, un nouveau compétiteur est apparu à la faveur de
la guerre d’Ukraine, il se nomme Poutine. On a un peu de mal à en faire l’égal
des deux précités, mais on y travaille en essayant de le raccrocher au N°2, à l’homme
d’acier.
Les événements récents de Gaza ont complètement brouillé les
cartes. Un compétiteur de haut niveau a surgi, totalement inattendu tant il est
allié à notre camp du BIEN et agit à l’inverse. Factuellement, il dispute à
Poutine la place de N°3, le relègue même à la 4ème place, horreur malheur.
On tente de sauver les meubles en disant que ce nouveau venu
est malgré tout le chef d’un Etat démocratique, que c’est juste un accident.
Du coup, c’est la démocratie qui en prend un sacré coup sur
le nez, aux yeux du monde du moins, aux yeux des 147 Etats qui ont reconnu la
Palestine.
On s’en fiche de toute façon. On vit avec nos fantômes et nos
épouvantails. On ne fait plus d’enfants et on n’a plus vraiment de projet. Dans nos jeux vidéo des réseaux sociaux, la palette vient de s’enrichir
de nouveaux repoussoirs, l’islamo-gauchisme et l’israélisme (et le bollorisme, acteur tout à fait mineur).
D’une certaine façon, ils remplacent le communisme et le
capitalisme. Les premiers ont muté (la Chine) ou sont marginalisés (Corée du
Nord), les seconds ont gagné (la mondialisation financière).
Suffira d’associer nos adversaires à l’un ou l’autre de ces épouvantails
pour gagner les batailles rhétoriques. Le point godwin se démultiplie. Encore
un héritage du « patron ».
Le reste du monde ignore nos guignolades, nos fantômes et épouvantails. Ils ont joué leur rôle (important) dans le
passé, mais c’est fini. La « démocratie » ne fait même plus envie (c’est la richesse qui attire du monde).