@Decouz
Dans le rapport de forces USA Vs BRICS, ce que montre à
nouveau cet « incident » vénézuélien c’est que les USA conservent un
avantage militaire tactique mais qu’ils sont également à nouveau incapables de
transformer en avantage stratégique.
Manifestement Trump escomptait un « retournement »
de Delcy Rodriguez en cas de chute de Maduro et pour l’instant c’est complètement
« raté ». On peut donc supposer que les renseignements US étaient aussi
foireux que ceux de Poutine en 2022 quand il escomptait, semble-t-il, une
« chute rapide » du régime de Zelensky en Ukraine.
Delcy Rodriguez a constitutionnellement un premier « mandat »
de 90 jours pour assurer la « transition », éventuellement renouvelable,
soit 180 jours au total, six petits mois, avant de devoir démarrer un processus
électoral pour le moins incertain sinon carrément chaotique, dans le contexte
actuel de guerre contre les USA.
Pour l’instant elle semble privilégier la voie de la
négociation, dans laquelle elle bénéficie en réalité d’un avantage politique
important, au sens où Trump ne peut pas se permettre une opération militaire à
grande échelle dans le contexte de l’approche des « midterms » aux USA.
La « partie », est donc beaucoup plus
« équilibrée » qu’il n’y paraît au premier abord, au moins jusqu’à
l’issue des « midterms » aux USA. Ensuite, en fonction de son nouveau
rapport de forces politiques internes Trump pourrait tenter de reprendre
l’initiative « militaire » au Venezuela en arguant éventuellement du
fait que Delcy Rodriguez aurait outrepassé son pouvoir constitutionnel, les 180 jours étant échus, si un processus électoral n’a toujours pas été mis en route.
D’ici là la question reste de la capacité US a exercer un
blocus économique contre le Venezuela et de la capacité des alliés russes et
chinois du Venezuela à contourner ce blocus pour faire vivre ce pays en
continuant à commercer avec lui.
Bref, au-delà des rodomontades verbales trumpiennes et du
cirque « judiciaire » US concernant le « cas Maduro » il est
probable que la situation se « fige » pour quelques temps, au moins en
apparence, dans un « statu quo » masquant les tractations en sous-main.
Luniterre