@Giuseppe
di Bella di Santa Sofia
Votre parallèle avec
Poutine est bancal et frise la malhonnêteté intellectuelle.
L’invasion de l’Ukraine, c’est une guerre d’agression
territoriale contre un État souverain indépendant, sans aucun
mandat judiciaire préalable, sans accusation criminelle contre
Zelensky, juste pour annexer des terres et imposer un régime
fantoche.
Il
serait peut-être plus que temps que vous cessiez de donner dans le
négationnisme. Poutine n’a mené aucune « agression » en Ukraine,
il n’a fait que réagir à une agression, authentique elle, menée
par le régime de Kiev noyauté par les bandéristes contre le
Donbass. Ce n’est qu’après que ce dernier ait refusé de mettre fin
aux demandes de Moscou de mettre fin à son attaque que l’opération
militaire russe a été lancée. Et elle n’a jamais cherché à
mettre la main sur la moindre ressource naturelle dont la Russie n’a
aucunement besoin, mais uniquement à protéger les populations.
S’agissant de la reconnaissance de l’indépendance des provinces de
Louhansk et Donetsk, ils étaient parfaitement dans leur droit de le
faire (comme l’a affirmé une jurisprudence de la C.I.J., faite sur
le Kosovo afin de complaire aux occidentaux, certes, mais elle doit
alors être valable pour tout le monde, toute personne refusant d’en
étendre le bénéfice à d’autres se dénonce alors comme raciste).
Donc aucune violation du droit international là, bien au contraire,
celle-ci était entièrement du côté des otano-ukrainiens. Et c’est
le régime ukrainien qui lance des attaques délibérées contre les
civils, pas la Russie, et c’est lui aussi qui est à l’origine de
nombreuses attaques au caractère terroriste évident (véhicules
piégées, bombes etc...) en Russie, avec l’aide des services
occidentaux, toujours en pointe quand il s’agit de soutenir des
terroristes (Syrie, Libye, Tunisie, Sahel et déjà, Vénézuéla il
y a dix ans). Otaniens et ukrainiens (ceux du côté officiel du
moins) sont ceux qui ont violé et violent toujours le droit
international, depuis bien avant février 2022 d’ailleurs, et même
avant le coup d’État du Maïdan il y a bientôt 12 ans.
Alors
si vous refusez de mettre dans le même sac l’attaque contre le
Vénézuéla, ce n’est pas pour des raisons objectives, au contraire,
mais par une grande malhonnêteté intellectuelle qui, hélas,
ressort trop fréquemment chez vous. À l’opposé de l’attaque contre
l’Ukraine, celle contre Maduro, aussi désastreux ait-il été comme
dirigeant (et il l’a été en effet), n’est qu’un acte de piraterie
internationale, comme l’était celle contre Noriega – on essaie de
présenter celle de samedi comme étant plus chirurgicale, peut-être
l’était-elle, il est vrai que ce ne serait pas bien difficile car
les sbires de G. Bush père avaient été désastreux – ou celle
contre l’Irak en 2003. Dans tous ces cas, les étatsuniens essaient
de jouer sur la répugnance qu’exerçaient ces dirigeants mauvais
afin de faire passer la pilule. Mais le but véritable a été
annoncé et bien annoncé : il s’agit de s’emparer à nouveau, en
fait de voler purement et simplement, de colossales réserves de
pétrole dont ils avaient été selon eux spoliés, affirmation
frauduleuse dans la mesure où ce pétrole appartient au Vénézuéla
et à nul autre ; et pour ce faire, de remettre ce pays sous tutelle
grâce à des dirigeants corrompus, comme il l’était avant. On sait
que l’Irak a été soumis à une brutale occupation, nourrie de
guerres « civiles » en réalité importées (à coups de faux
drapeaux en pagaille, comme dans la Syrie voisine), occupation qui se
poursuit de nos jours, les réserves financières du pays étant
toujours sous le contrôle des colonialistes qui veulent
définitivement asservir le pays comme ils l’ont fait de la Syrie
voisine.
@Giuseppe
di Bella di Santa Sofia
Non, arrêtons les
amalgames faciles.
L’opération
contre Maduro n’est pas un « mec tout seul qui fait ce qu’il
veut parce qu’il est plus fort ». C’est l’exécution d’un
mandat judiciaire américain contre un dirigeant inculpé depuis des
années pour narcotrafic massif, blanchiment et liens avec des
groupes terroristes comme le Hezbollah, le tout après plus d’une
décennie de sanctions, de pressions diplomatiques et d’échecs de
transitions internes pacifiques.
Le
Parlement n’a pas été consulté ? Exactement comme pour Noriega
en 1989, où Bush père a agi en commandant en chef face à une
menace criminelle directe sur le sol US.
C’est
juste incroyable de lire ça ! Trump, dont le pays a nourri le trafic
de drogue durant des décennies (il suffit de voir ce qui se passe
encore en Afghanistan), et qui vient de gracier un trafiquant de
drogue condamné afin de le mettre à la tête du Honduras et ne peut
donc déjà pas se prévaloir là d’un intérêt moral, ne le peut
pas plus d’un mandat d’arrêt de toute façon illégal (car le droit
international prime le droit national, sauf pour les États
impériaux). Il n’hésite pas, ainsi que tous ses sbires, à menacer
les tribunaux internationaux, ou nationaux, qui oseraient s’en
prendre à ses hommes de main. Autant pour le respect du droit
international, ou national d’ailleurs. Cela alors qu’en arrêtant un
chef d’État, il a de lui-même renoncé à son immunité, car les
obligations en droit international sont soumises à réciprocité.
Les attaques qu’il annonce contre d’autres pays, comme la Colombie,
Cuba et le Danemark, sont du même tonneau. En fait, la doctrine
Monroe dont il se revendique (et apparemment vous) est une doctrine
raciste, aux relents nazis, qui ne s’applique qu’au bénéfice des
Anglo-saxons. Elle est sans fondements, autres que l’impérialisme le
plus débridé, prétend réserver toute l’Amérique aux étatsuniens
(et non aux américains), une doctrine
méprisable, qu’il est lamentable que vous paraissiez soutenir.
Maintenant,
il reste à voir ce qui peut être fait pour empêcher de prochaines
interventions. Ce n’est pas infaisable du tout. En effet, Trump (et
sa famille !) disposent de nombreux avoirs un peu partout. C’est là
qu’on peut agir, et plus loin en les bannissant économiquement, eux
ainsi que les autres dirigeants des USA, et au passage rendre la
monnaie de la pièce à eux qui usent de telles méthodes à foison.
Bien sûr, cela supposerait que les dirigeants européens soient
courageux, et ce n’est pas demain la veille. Russes, Chinois,
Indiens, Indonésiens et autres doivent bien rire (quand ils ne se
laissent pas aller à la consternation) !