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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > Arbres, je vous serre la branche !

Arbres, je vous serre la branche !

Les arbres seront toujours une source d’étonnement, et chaque jour qui passe nous en apprend de belles sur ces vieux sages habitants de la forêt.

On savait déjà les pouvoirs qu’ont certains arbres, comme par exemple les acacias, lesquels émettent une substance toxique lorsque des animaux brouteurs s’en prennent à leurs tiges, et encore mieux, préviennent leurs confrères des environs du danger qui les menace, comme l’a raconté Bernard Werber dans son « encyclopédie du savoir relatif et absolu ». lien.

Un autre s’est penché sur la question...

Il s’agit de Peter Wohlleben, un ancien forestier allemand de 52 ans qui s’était mis en tête d’évoquer "la vie secrète des arbres" dans un livre qu’il espérait vendre à 300 exemplaires...et qui, à sa grande surprise est devenu un best-seller, avec 650 000 exemplaires vendus.

L’ouvrage, traduit aujourd’hui dans plus de 32 langues, a été sacré « meilleur livre de l’année 2016  » par le quotidien canadien « National Post », et est arrivé en France en mars dernier.

L’auteur est convaincu que la forêt est une véritable société où les arbres échangent, communiquant entre eux, grâce à un réseau comparable à internet, aidant leurs enfants à grandir, et même, pourquoi pas, à tomber amoureux.

Pour Wohlleben, les arbres sont des êtres vivants, qu’il va jusqu’à comparer à des éléphants, « sauf qu’ils se déplacent plus lentement  » écrit-il avec malice.

Dans son livre, il a écarté les mots trop scientifiques, et n’hésite pas à écrire que « les arbres allaitent leurs enfants  »...il rappelle ainsi qu’ils peuvent être infirmiers pour leurs voisins malades, ou être des lanceurs d’alerte lors de menaces extérieures, capables de produire leurs propres insecticides, d’appeler des alliés à la rescousse... lien

Sur ce lien, on peut découvrir quelques pages de ce livre passionnant, et troublant.

Il y a tout de même ce paradoxe évident dans cette aventure : un bucheron, dont la mission principale est d’abattre des arbres, deviendra finalement un ardent défenseur de ceux-ci.

Et puis, plutôt que de prendre peur, dans ces forêts terrifiantes, que l’on nous dit peuplées de gnomes, de sorcières, de petits chaperons rouges, et de grands méchants loups...forêts dans lesquelles des enfants perdus sèment des petits cailloux, regardons plutôt les effets bénéfiques des arbres.

Pour ceux qui douteraient légitimement de la réalité des lutins, et autres elfes, qui peupleraient nos forêts, un passage ici s’impose...

Quant aux effets bénéfiques des arbres, ils ont un nom : C’est la sylvothérapie.

En 1982, le Japon, ce pays dans lequel un rituel ancestral existe concernant les bienfaits des arbres en particulier, et de la forêt en général, a financé à hauteur de 4 millions de dollars une étude pour déterminer scientifiquement de quelles façons ces arbres nous sont bénéfiques.

Tout le mérite en revient au professeur Qing Li, un biologiste, fondateur de la JSFM (japanese sociéty of forest medicine), lequel a travaillé pendant 13 ans pour déterminer comment les arbres peuvent nous procurer des bienfaits.

La sylvothérapie n’est pas une nouveauté, ce mode de soin s’est développé dès le 19ème siècle et il consiste à soigner des malades en les installant en forêt, ce que le scientifique appelle Shinrin-yoku (bain de forêt).

C’est en emmenant avec lui des cobayes humains que le chercheur a pu démontrer, grâce à des analyses de sang et d’urine, qu’une présence prolongée dans une forêt ancienne faisait chuter drastiquement le stress...ainsi que les syndromes de dépression, d’anxiété, voire de colère, mais pas seulement.

Le système immunitaire s’en est trouvé renforcé et les chercheurs ont constaté une augmentation des cellules tueuses naturelles contre les maladies telles que le cancer.

Au lieu de prendre des médicaments dont les effets secondaires sont souvent dévastateurs, faire des séjours en forêt régulerait donc le rythme cardiaque, soignant ainsi l’hyper, ou l’hypo, tension...et renforçant nos défense immunitaires.

Et ce n’est pas tout...

S’immerger en forêt serait bénéfique aussi pour les diabétiques, réduisant leur taux de glucose dans le sang, prévenant en même temps l’obésité.

Cette immersion a aussi des effets positifs, soignant les maladies respiratoires, l’arthrose, l’hyperactivité, les insomnies...et pour s’accaparer tous ces bienfaits, il n’est pas question de séjourner plusieurs mois dans les bois, les effets se faisant sentir dès la première demi-heure.

Aujourd’hui, au Japon, il existe une soixantaine de centres thérapeutiques, et on s’y promène, accompagné au besoin de guides, lesquels sont formés autant pour des courtes balades, que pour des séjours de plus longue durée...

Cette thérapie est probablement sujette à un développement bien au-delà des frontières japonaise, d’autant qu’un ouvrage, issu de ces recherches, sera publié en France dès le printemps 2018.

D’autres s’intéressent encore plus directement à un seul arbre...

Ils l’enlacent, le prennent dans leur bras, et décident de rentrer en contact avec lui.

Est-ce bien raisonnable ?

S’il faut en croire ceux qui pratique ce genre d’approche, oui, et ceux-là affirment qu’ils se sont « rechargés » après avoir enlacé un arbre...qu’ils ont parfois chassé un stress qui les poursuivait depuis des jours.

La méthode est simple...

Nous savons que chaque être humain, tout comme chaque arbre, possède un champ que l’on peut qualifier d’énergétique.

D’après Patrice Bouchardon, auteur de « l’énergie des arbres  », lorsque vous approchez un arbre, son champ énergétique et le vôtre s’interpénètrent. Vous recevez alors de sa part des informations auxquelles vous réagissez, ce qui modifie votre état intérieur et déclenche toute une série d’adaptations dans votre métabolisme, dans vos émotions, et dans vos pensées. lien

Il faut donc choisir un arbre qui nous attire, par sa stature, sa nature, sa taille, ses couleurs, voire ses fruits, puis soit poser son dos contre son tronc, soit l’enlacer tout simplement,

 en évitant le côté sud, en appliquant le troisième œil contre le tronc.  lien

Certains vont un peu plus loin et ont déterminé les propriétés, voire les qualités des différentes espèces d’arbre...

Le bouleau serait le symbole de la renaissance et de la pureté, le frêne, arbre de la vie et de l’initiation, l’aubépine, celui du voyage intérieur et de l’intuition, l’aulne permettrait de connaitre le futur, le saule symboliserait la lune, et donc la femme, le noisetier serait porteur de sagesse, le houx protégerait des ennemis, d’où peut-être ce symbolique baiser que l’on échange le 1er de l’an ?..., le chêne serait le symbole de la force, et le jonc incarnerait les forces adverses devant lesquelles il faudrait se soumettre. lien

Au-delà de ces propositions difficiles à confirmer, du moins scientifiquement, certains vont plus loin, et tissent des liens d’amitié avec les arbres...

Un film sur « l’intelligence des arbres » est né, il est sorti dans les salles le 13 septembre, et commence à être diffusé un peu partout, y compris en France. lien

Mais la forêt est encore livrée aux mains des bucherons.

Les dégâts commis par certains d’entre eux sont souvent catastrophiques, lorsque ceux-ci tombent dans la démesure, utilisant de monstrueux engins capables d’arracher un arbre, dévastant le sol pour longtemps.

Lorsqu’ils ont fini leur « travail », le paysage dévasté pourrait faire penser qu’une guerre est passée par là.

S’il est vrai que des efforts sont réalisés pour sauvegarder nos forêts anciennes, il n’en reste pas moins que nous sommes loin du compte par rapport des situations anciennes...

Lorsque Jules César s’était emparé de la Gaule, le pays était boisé au ¾..alors qu’aujourd’hui ce n’est plus que 28% du territoire. lien

Ailleurs ce n’est guère mieux si l’on songe aux forêts indonésiennes dévastées pour faire de l’huile de palme (nécessaire entre autre à la fabrication du Nutella), à la déforestation de l’Amazonie... et ailleurs. lien

Toujours est-il qu’ils sont de plus en plus nombreux à porter un véritable amour aux arbres.

Dans l’émission « les pieds sur terre » de Sonia Kronlund, à France Culture, le 13 novembre 2017, un homme racontait les difficultés qu’il avait eu à reprendre contact avec un arbre, un arbre pour lequel il avait une passion...mais les clôtures électriques, et les règlements (on est en Angleterre) l’ont obligé à finalement y renoncer. lien

On le voit, les arbres n’ont pas dit leur dernier mot, et nous devrions apprendre à mieux les découvrir, car finalement, ils pourraient nous aider à enfin comprendre le monde dans lequel nous vivons.

Mais c’est peut-être un peu tard.

S’il faut en croire l’appel récent de 15 000 scientifiques qui font un constat amer sur l’état de la planète : « ça va mal ! » affirment-ils, et quand l’on constate le revirement de Nicolas Hulot, tant sur le nucléaire, que sur le glyphosate, ou sur l’enfouissement de déchets radioactifs, nous n’avons pas beaucoup de raisons d’être optimistes.

Comme dit mon vieil ami africain : « Quand l’arbre dit à la hache tu me fais mal, elle lui répond, c’est toi qui m’a donné le manche ».

L’image illustrant l’article vient de « mieux-vivre-autrement.com »

Merci aux internautes pour leur aide précieuse.

Olivier Cabanel

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51 réactions à cet article    


  • ysengrin ysengrin 15 novembre 09:46

    Bonjour


    Comment se porte votre troisième œil.... . 😉 

    • olivier cabanel olivier cabanel 15 novembre 10:04

      @ysengrin
      il va très bien, merci !  smiley


    • soi même 16 novembre 01:22

      J’ai tout compris pourquoi Cabanel pond des marronniers à longueur d’année.
       smiley


    • olivier cabanel olivier cabanel 16 novembre 07:52

      @soi même
      une info spéciale pour vous...

      le jour ou vous vous trouverez sous un chêne, à l’automne, vous découvrirez le sol tapissé de glands, et grâce à vous, ça en fera un de plus.
       smiley

    • ysengrin ysengrin 19 novembre 13:30

      @olivier cabanel*A l’évêché on peut voir un vieux plan de Gap
      A l’évêché on peut voir un vieux plan de Gap
      a l’évêché on peut voir un vieux Plan de Gap.......


      au boulot grand père feuillage
      A l’évêché oa l"évêché on peut voir n peut voir un vieux plan de Gap

    • soi même 20 novembre 23:14

      @olivier cabanel, ton propos confirme bien le diagnostique un égocentrique sénile.


    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 15 novembre 09:53

      « Mais la forêt est encore livrée aux mains des bucherons. »


      Les bûcherons en France ne sont pas à l’origine des maux que vous évoquez. La déforestation en Amazonie et en Indonésie sont les vrais fléaux, responsables de catastrophes environnementales qu’il serait urgent de mettre au premier plan des actions environnementales.

      En France, les zones boisées n’ont jamais occupé autant de surface, car l’abandon de terres autrefois cultivées à amené le développement de friches ou de sylvicultures plutôt malheureuses puisqu’il s’agit la plupart du temps de résineux qui acidifient le sol et détruisent le biotope, dans les zones humides en particulier. La reconquête de territoires occupés par des essences plantées il y 50 ans dans le but de vendre aux houillères du bois pour étayer les galeries est une bonne chose (à condition de protéger les zones réhabilitées).

      Certaines photos illustrant l’article concernent ce genre de plantations, et leur destruction n’est pas une catastrophe.

      L’ONF gère plutôt bien le patrimoine forestier. Les propriétaires de forêts privées se désintéressent de plus en plus de l’exploitation de leurs « exploitations » de moins en moins rentables. C’est sur l’évolution de ces forêts-la qu’il faut être vigilants.

      • olivier cabanel olivier cabanel 15 novembre 10:07

        @Jeussey de Sourcesûre
        si je partage globalement votre réaction, je tiens à vous faire remarquer une erreur de taille, lorsque vous écrivez « En France, les zones boisées n’ont jamais occupé autant de surface »

        en effet, et c’est écrit dans l’article, preuves à l’appui, à l’époque de Jules César, l’étendue de la foret française était bien plus importante qu’aujourd’hui...même si de gros progrès ont été réalisés ces dernières décennies...
        pour le reste, d’accord... 

      • Decouz 15 novembre 10:47

        @Jeussey de Sourcesûre
        Le problème étant que l’ONF comme beaucoup d’organismes publics tend à une gestion tournée de plus en plus vers la rentabilité économique, il y a eu pas mal de problèmes de personnels ces dernières années.


      • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 15 novembre 10:52

        @olivier cabanel

        Je ne veux pas pinailler, mais j’ai bien écrit « en France », et non pas « en Gaule ».

        La densité de population en Gaule était très faible et les zones cultivées peu étendues, ce sont d’ailleurs les Romains qui ont « rationalisé » l’agriculture avec l’implantation de « villae », grands domaines gérés par des régisseurs compétents, qui ont fourni la plupart des toponymes se terminant par « ville ».
        Pour moi, la France commence avec Philippe le Bel (1268-1314), et le territoire que son royaume occupait (beaucoup plus petit et morcelé que la France actuelles) était déjà très aménagé.

        Mais on va pas s’engueuler, puisqu’on est d’accord sur la nécessité de faire cesser la déforestation effrénée plus inquiétante encore que l’émission des gaz à « effet de serre » dont les arbres recyclent une bonne partie du gaz carbonique.



      • chantecler chantecler 15 novembre 11:01

        @Decouz
        Ben oui, l’ONF , sauf erreur , sous traite des exploitations forestières au privé .
        Et à partir de là coupes claires .


      • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 15 novembre 11:11

        @Decouz

        La diminution drastique des effectifs (obtenue sans conflit social grâce à la promotion hiérarchique d’encadrement attribuée à des agents de terrain avant leur départ en retraite qui n’ont pas été remplacés) a en effet produit des effets négatifs, car les entreprises qui sous-traitent les opérations de maintenance de la forêt ne prennent pas les mêmes précautions que les prédécesseurs, mais la politique globale est restée la même.


      • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 15 novembre 11:27

        @chantecler

        Les coupes claires ont toujours existé et sont souvent justifiées par le dégagement d’un fond de vallée occupé abusivement par des épicéas plantés dans les années 50, juste après l’exode rural.
         
        Ce qu’il faut déplorer avec la sous-traitance, c’est l’utilisation des engins décrits par Cabanel, et le travail de cochons qui ne nettoient rien après leur passage et transforment les sentiers et routes forestières jusque là entretenues en ornières et en bourbiers.

        Pourtant, la réglementation les contraint à remettre tout en état.
        C’est aux communes de saisir la préfecture et de l’exiger.
        Beaucoup ne le font pas, pour ne pas fâcher le patron de l’entreprise sous-traitante qui est souvent un notable local.

      • nono le simplet nono le simplet 15 novembre 10:08

        bonjour Olivier, mon principal plaisir d’automne est d’aller chercher des champignons ... pour les champignons, bien sûr mais aussi pour ces ballades au cœur des bois avec ces grands arbres, d’autres plus petits, la faune, la flore, les odeurs, les craquements de branches, les feuilles qui commencent à tomber, les couleurs ... un grand moment de plaisir solitaire ...

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