@ Cheops
Une intervention aussi développée que la vôtre méritait forcément une réponse.
Votre discours est plein de bon sens et de bons sentiments - sans ironie aucune. C’est tout à votre honneur.
Cependant, vous partez implicitement d’une idée sur laquelle je ne vous rejoins pas : l’homme serait bon. Ce qui se dégage de votre commentaire, c’est que si l’on traite justement quelqu’un, cette personne se comportera justement à son tour.
L’histoire de l’humanité est là pour nous enseigner le contraire. L’homme porte en lui les gênes de la violence et c’est la construction de nos sociétés modernes, qui est censé fournir les barrières permettant au plus grand nombre de vivre ensemble de manière civilisée.
C’est à dire sans attenter à la vie de son prochain.
Puisque vous abordez le problème en terme d’enfance, je vous suivrais là-dessus. Les psychologues de toutes écoles sont d’accord depuis des années pour dire qu’un enfant a besoin de limites. C’est aussi nécessaire que l’amour qu’il reçoit de ses parents à sa construction personnelle.
Une mère d’abord institutrice puis RPM (rééducatrice en psycho-motricité) a pu m’apporter ses lumières et son expérience sur les enfants des banlieues difficiles (elle travaillait aux Mureaux), souvent laissés à eux-mêmes, dont le comportement portait logiquement à la déviance.
J’ai passé une bonne partie de ma vie dans des banlieues difficile, dans le 93 et le 78 et je peux vous dire aussi une chose : la méchanceté, ça existe. L’envie de nuire à son prochain sans raison existe.
Alors il est évident qu’il faut chercher à s’approcher au plus près de la justice sociale. Lutter contre les inégalités... Mais cela concerne des individus qui souhaitent faire l’effort de vivre en société. On ne peut faire le bonheur de quelqu’un contre son gré.
Et puisque vous nous suggérez de nous mettre à la place de jeunes en situation pénible, ou dont les parents ont eu à vivre des injustices, je suggère de vous mettre à la place de la famille de la victime, qui va entendre un peu partout dans les médias que les agresseurs ne sont que de « malheureuses victimes de la société ». Que pensez-vous qu’ils puissent ressentir ?
Je ne fais pas ici un appel à la haine ou à la loi du talion. Je demande simplement à ce que la loi soit appliquée dans toute sa rigueur, et à ce que les élites intellectuelles de notre pays, par bêtise ou par culpabilité, cessent de mélanger tous les problèmes.
Cordialement.