Je comprends votre réponse qui consiste à affirmer que l’inclusion dans une classe normale est la meilleure solution pour l’enfant autiste. Et que le mimétisme qui est le principal facteur d’évolution doit être fait à partir d’un enfant « normal » et non sur un autre enfant autiste. Qui a déjà sa famille pour évoluer, d’une part. D’autre part, le plus gros travail avec un enfant autiste est de l’amener à prendre connaissance du monde extérieur et surtout de sa propre personne. Particulièrement instable émotionnellement (que vous le vouliez ou non), l’enfant autiste ne supporte pas le stress qui le plonge en crise profonde. Miser sur le bénéfice de l’électrochoc de mise en situation en classe normale de l’enfant autiste est, à mon sens, contre productif de l’effet espéré : le stress annhile la mémoire et la mémorisation. Or pour le faire évoluer, il faut lui forger une mémoire. Vous dites qu’à l’étranger 80 à 90 % des enfants autistes vont à l’école : qu’en est-il à l’arrivée, exactement ?
Ne me répondez pas que tout baigne : je le suppose évidemment mais la douleur du parent ne peut pas être une solution pour eux.
Je n’ai pas de théorie sur l’autisme : Caroline et Vincent étaient emmaillotés et ne mangeaient pas seuls. Sylvain allait en demi-journée au collège en classe de sixième.
La classe qui dispense l’instruction ne peut pas être ramenée au stade de laboratoire pour l’éducation de tous les enfants : l’éducation est l’affaire des parents. Et lorsque l’éducation d’un enfant, comme l’autiste, engendre des difficultés sérieuses, alors ce n’est plus le travail d’un enseignant mais bien celui d’un éducateur spécialement formé pour répondre à ses besoins. Des besoins qui ne cessent pas à l’âge adulte : c’est pour cela que le drame que vous relatez ne peut plus être accepté.