Jusque fin XIXe – début XXe siècle, l’immense majorité de la population était illettrée dans la plupart des pays, y compris en Europe. Lire était réservé aux élites sociales, religieuses ou administratives : clergé, aristocratie, professions libérales. Même les classes bourgeoises du XIXe siècle n’étaient pas toutes grandes lectrices.
On lisait surtout : des textes religieux (Bible, Coran), des documents administratifs, plus tard : des journaux, mais pas toujours avec compréhension complète.
Le livre de poche est un outil de démocratisation tardif, né en France autour de 1953 avec Le Livre de Poche. Il a permis l’accès à la littérature à bas prix, mais cela ne veut pas dire que tout le monde s’est mis à lire Balzac ou Platon.
Les périodes de lecture massive concernent surtout : les années 1950–1980, en lien avec une école prolongée, une période où la télévision n’avait pas encore absorbé tout le temps libre. Les baby-boomers ont été la première génération scolarisée massivement jusqu’à 14 ou 16 ans (voire plus). On a vu se développer : les bibliothèques municipales, les collections de poche, les prix littéraires médiatisés.
Mais même là, la lecture restait minoritaire comme passion. Beaucoup d’enquêtes montraient déjà à l’époque que seule une minorité lisait régulièrement de la littérature.