• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Signaler un abus

Fanny 30 août 23:15

@Étirév

le communisme a tué plus de : 60 millions de personnes en Union soviétique (en fait, 110,7 millions*) : Le bolchevisme a commis le plus grand massacre humain de tous les temps

Peut-être n’avez-vous pas entendu parler de Gengis Khan (1/5 de l’humanité de l’époque ?) ou de l’Empire Moghol.

Ma question à Chat GPT. Et la réponse de l’IA que je trouve remarquable (compte tenu de ce que j’ai pu lire par ailleurs depuis 60 ans). Ce qui me vexe : parmi les experts mis en avant, peu de Français (et peu de Russes mais cela ne surprend pas, ce super Wikipedia qu’est GPT est centré sur le monde anglo-saxon).

Donc Staline = environ 10 millions de morts selon chat GPT (pas 100), 5 % de la population.

Ma question : évaluation du nombre de victimes (morts prématurées de citoyens soviétiques) en URSS du fait de l’action politique de Staline entre la fin de la guerre civile dans l’Empire russe (1922) et le début de l’opération Barbarossa (1941).

1. ChatGPT a dit :

Si l’on entend par « victimes » les morts prématurées de citoyens de l’URSS imputables aux politiques mises en œuvre sous Staline, entre la fin de la guerre civile et l’invasion allemande du 22 juin 1941, il faut éviter un chiffre unique présenté comme certain. La documentation permet aujourd’hui une estimation assez solide des exécutions et des décès dans le système pénitentiaire, mais l’attribution des morts de famine et de certaines catastrophes démographiques reste discutée.

Estimation synthétique

Une estimation raisonnable, correspondant à une partie importante de l’historiographie démographique contemporaine, serait de l’ordre de 9 à 12 millions de morts prématurées avant Barbarossa, avec environ 10 millions comme ordre de grandeur central.

Une fourchette plus prudente serait environ 6 à 15 millions, selon :

o la façon d’attribuer les morts de la famine aux décisions politiques ; o l’inclusion ou non des décès liés aux déportations et aux « colonies spéciales » ; o le traitement des décès dans le Goulag ; o la méthode démographique employée pour distinguer les morts imputables aux politiques de Staline de la mortalité naturelle.

Steven Rosefielde, par exemple, estimait déjà à au moins 5,2 millions les morts imputables à Staline pour 1927-1938, avec une estimation optimale proche de 10 millions. S ScienceDirect+1 Stephen Wheatcroft et d’autres historiens ont proposé des chiffres sensiblement plus bas pour certaines catégories, tandis que Robert Conquest et d’autres ont retenu des totaux plus élevés.

Principales catégories

Catégorie Ordre de grandeur avant juin 1941 Remarque Famine de 1931-1934 ≈ 5–6 millions Principal poste ; attribution politique très forte mais mécanismes et responsabilités débattus

Exécutions politiques et répressives ≈ 0,8–1 million Les archives donnent notamment 681 692 exécutions en 1937-38

Mortalité dans le Goulag et prisons ≈ 0,5–0,7 million Chiffre dépendant de la période et du périmètre retenu

Déportations, colonies spéciales, « dékoulakisation » ≈ 0,3–1 million+ Forte incertitude ; chevauchement partiel avec les autres catégories

Autres répressions, décès en détention, opérations nationales, etc. ≈ 0,2–0,5 million Catégorie résiduelle

Total indicatif ≈ 9–12 millions Ordre de grandeur, pas un décompte administratif

1. La famine : probablement 5 à 6 millions C’est de très loin le poste le plus important. Pour l’ensemble de la famine soviétique de 1930-1933, Stephen Wheatcroft et R. W. Davies ont donné une estimation d’environ 5,7 millions de décès excédentaires. T Taylor & Francis Online

Ce chiffre englobe notamment l’Ukraine, le Caucase du Nord, la Russie soviétique et le Kazakhstan. Il ne faut donc pas assimiler mécaniquement les 5–6 millions de morts de la famine soviétique au seul Holodomor ukrainien.

La question historique fondamentale n’est pas tellement de savoir si la famine a eu lieu — cela ne fait plus débat — mais quelle proportion doit être considérée comme politiquement provoquée. La collectivisation forcée, les réquisitions, la politique envers les « koulaks », les restrictions à la mobilité des paysans et le maintien de prélèvements céréaliers alors que la situation alimentaire se dégradait sont aujourd’hui largement reconnus comme des facteurs essentiels.

2. Les exécutions : environ 0,8–1 million avant Barbarossa Pour la Grande Terreur, les archives soviétiques indiquent 681 692 condamnations à mort en 1937-1938, chiffre remarquablement précis. P Persée

À cela s’ajoutent les exécutions des années précédentes et de 1939-1941, ainsi que certaines exécutions qui n’apparaissent pas nécessairement dans les mêmes statistiques. On arrive donc à environ 800 000 à 1 million d’exécutions pour l’ensemble de la période stalinienne précédant Barbarossa.

Il est important de noter que les victimes de 1937-38 n’étaient nullement exclusivement des membres de l’élite communiste : la grande majorité des personnes exécutées dans les opérations de masse étaient des citoyens ordinaires. S Sciences Po

3. Le Goulag : plusieurs centaines de milliers de morts Les archives du Goulag donnent des chiffres beaucoup plus précis qu’autrefois. Entre 1930 et 1941, les décès enregistrés dans le système des camps et colonies atteignent plusieurs centaines de milliers ; les données disponibles donnent notamment 67 297 morts en 1933, 108 654 en 1938, 44 750 en 1939, 41 275 en 1940 et 115 484 en 1941. U ussr-cccp.moy.su+1

Il faut toutefois faire attention à ne pas additionner mécaniquement ces chiffres avec ceux de la Grande Terreur : une partie des personnes exécutées ou condamnées provenait précisément du système pénitentiaire, ce qui crée des risques de double comptage.

Pourquoi les anciens chiffres de 15–20 millions sont-ils moins retenus ? Les estimations très élevées de 15, 20 voire davantage de millions ont longtemps été courantes. Elles reposaient notamment sur des témoignages, des extrapolations concernant le Goulag et des estimations démographiques réalisées avant l’ouverture des archives soviétiques.

L’ouverture des archives dans les années 1990 a considérablement réduit l’estimation du nombre de morts directement enregistrés dans le Goulag et des personnes exécutées. La littérature spécialisée a donc convergé vers des chiffres sensiblement inférieurs aux anciens « 20 millions ».

Une synthèse de l’historiographie donne ainsi environ 9 millions de morts directement imputables au régime de Staline, tout en soulignant le caractère provisoire du chiffre. C Cambridge University Press

Mais cela ne signifie pas que les pertes démographiques de la période se limitent à 9 millions : la famine constitue précisément le problème majeur, puisque ses victimes ne figurent évidemment pas dans les registres d’exécution du NKVD.

Une distinction essentielle

Il faut distinguer trois concepts :

5. Personnes réprimées : arrêtées, déportées, condamnées, envoyées au Goulag, etc.

6. Personnes tuées directement par l’État : exécutions, massacres, morts provoquées directement par les opérations répressives.

7. Décès prématurés imputables aux politiques de l’État : catégorie beaucoup plus large, comprenant notamment la famine provoquée ou aggravée par les politiques de collectivisation et de réquisition.

C’est principalement le troisième concept qui correspond à votre formulation de « morts prématurées du fait de l’action politique de Staline ».

Mon évaluation

Si je devais donner un chiffre unique pour une synthèse historique, je retiendrais :

≈ 10 millions de citoyens soviétiques morts prématurément entre 1922 et le 22 juin 1941 du fait des politiques staliniennes, avec une marge d’incertitude d’environ 6 à 15 millions selon les critères d’attribution.

Le chiffre de 10 millions est donc beaucoup plus défendable historiquement aujourd’hui que le traditionnel « 20 millions », mais il ne faut pas non plus présenter 10 millions comme un décompte exact.

L’estimation de Rosefielde d’un ordre de grandeur de 10 millions dès 1927-1938 montre d’ailleurs pourquoi les estimations démographiques hautes demeurent dans la littérature. S ScienceDirect

Enfin, les morts de la guerre soviéto-allemande après le 22 juin 1941 ne doivent évidemment pas être inclus, même lorsqu’ils résultent de décisions politiques soviétiques ou allemandes : votre borne chronologique les exclut.

Si vous le souhaitez, je peux aussi établir un tableau historiographique détaillé (Conquest, Getty/Zemskov, Wheatcroft, Ellman, Rosefielde, Snyder, etc.) avec, pour chaque auteur, le nombre de morts retenu et la méthodologie, ce qui permet de voir précisément pourquoi les estimations vont de 6 à 20 millions.



Palmarès