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Défense du trotskysme III

J’ai constaté qu’il n’y a plus de trotskystes en France depuis plusieurs décennies et j’ai écrit à ce sujet un article sur Agora Vox. Ayant par ailleurs analysé que seul Trotsky a fourni une base solide pour éviter que l’humanité sombre dans la barbarie (voir « socialisme ou barbarie », j’ai entrepris de contribuer à faire renaître le trotskysme de ses cendres en France. Cela ne peut se faire qu’en intégrant cet objectif avec celui de la construction d’un parti mondial de la révolution comme l’ont préconisé depuis longtemps Marx, Engels, Lénine… Il s’agit donc de reconstruire la IVème internationale proclamée par Léon Trotsky en 1938 et qui a été depuis disloquée. C’est dans cette perspective qu’a été proclamée l’AGIMO. J’ai décidé de préciser ce projet en écrivant un livre intitulé « Défense du Trotskysme III ». Avant même d’avoir terminé la rédaction, je mets les chapitres déjà rédigés à la disposition des lecteurs. Je livre ici la présentation de ce livre qui précise et explique les objectifs de l’AGIMO. C’est donc, avec cette présentation, un condensé du projet de construction d’une véritable organisation révolutionnaire que je vous livre, étant bien entendu qu’un parti révolutionnaire en France ne peut se concevoir que comme section d’une organisation révolutionnaire internationale.

Le titre « Défense du trotskysme III » fait implicitement référence à deux ouvrages de Stéphane Just, militant trotskyste de l’après-guerre, méconnu du grand public mais qui a marqué de nombreux militants du courant appelé couramment le lambertisme. Il a écrit en 1965 un premier livre intitulé « Défense du trotskysme  » et il en a écrit un second en 1970 qu’il a donc intitulé « Défense du trotskisme II  »)

En 1938, Léon Trotsky avait proclamé la IVème internationale pour continuer le combat révolutionnaire entamé dès le XIXème siècle par Marx et Engels. Ce combat pour la construction d’une internationale révolutionnaire avait été abandonné par les organisations traditionnelles du mouvement ouvrier à la suite de leurs trahisons successives. La IIème internationale avait trahi lorsqu’en août 1914 le SPD (Parti socialiste allemand) et les autres partis de l’internationale avaient accepté de se ranger chacun derrière leur bourgeoisie pour envoyer les travailleurs s’entretuer. La IIIème internationale avait trahi à son tour quand, à la suite de l’isolement de la révolution russe et de la bureaucratisation du parti bolchévique, la politique du KPD (Parti Communiste Allemand) dictée par Staline avait permis en 1933 la prise du pouvoir par Hitler en Allemagne.

Les militants de la IVème internationale qui ont subi la répression conjuguée du nazisme et du stalinisme avant même la guerre ont été ensuite décimés pendant la deuxième guerre mondiale. A la libération les organisations des trotskystes étaient considérablement affaiblies par le manque d’expérience des dirigeants. La plupart des cadres qui avaient connu Trotsky n’étaient plus là. Bien que les militants fussent plus nombreux après la libération, la direction qui avait réussi à rassembler à nouveau la IVème internationale était loin d’avoir l’expérience de Trotsky. Si on prend l’exemple des trotskystes français au début de la guerre, les deux organisations n’avaient que très peu de militants disponibles. Raoul Bernard estimait qu’il y en avait an maximum 15 au CCI et 30 au POI (Ecouter l’intervention de Raoul Bernard à la Mutualité lors d’une journée d’étude sur « les enseignements de notre histoire » le 3 novembre 1973 – Il évoque ce point à 10mn20s). Beaucoup de militants ont abandonné le trotskysme à ce moment ou ont été fait prisonniers. C’est seulement à la libération que, bénéficiant de la montée révolutionnaire, les effectifs ont augmenté avec, bien évidemment, des militants sans expérience.

A la libération une nouvelle direction a été reconstituée à l’issue de trois étapes :

  • La conférence européenne de février 1944 organisée dans la clandestinité.
  • La pré-conférence internationale de 1946
  • Le deuxième Congrès mondial en 1948.

Les trois dirigeants de l’internationale furent alors Pablo, Mandel et Frank.

Pablo n’avait adhéré au trotskysme qu’en 1934 et il n’avait aucune expérience ni de militant ni de dirigeant quand il a participé à la conférence de proclamation de la IVème internationale en 1938. C’est principalement parce qu’il se trouvait alors en exil en France qu’il y a participé en tant que représentant de la section grecque avec un autre camarade. Il s’est occupé avec succès à la libération d’unifier les trois organisations françaises dans le PCI. Il a répété ensuite cette opération en Grèce où il a unifié quatre organisations. Ce sont ces deux opérations et le soutien de James P. Cannon qui lui ont permis de devenir une figure centrale du trotskysme sans avoir jamais vraiment eu à en défendre la politique.

C’est encore plus tardivement, en 1939, qu’Ernest Mandel a adhéré au trotskysme dans la petite section belge clandestine dont il est devenu rapidement membre du Comité Central. A la libération, il devient un participant clé de l’organisation. Il écrira des thèses révisionnistes sans n’avoir eu guère le temps de produire auparavant des écrits plus conformes à l’orthodoxie trotskyste.

Pierre Franck est par contre beaucoup plus ancien et il a derrière lui une longue expérience de militantisme. Il a par ailleurs rejoint Trotsky un moment à Prinkipo et il a participé à son secrétariat. Mais, Pierre Frank était un éternel second. Il avait secondé Raymond Molinier. Il fut ensuite le second de Pablo puis celui de Mandel.

Malgré ce peu d’expérience, Pablo ou Mandel, se prenant sans doute pour Trotsky lui-même, se sont crus autorisés à imposer leurs vues par des méthodes bureaucratiques.

Dans la vague révolutionnaire de la libération de nouveaux militants avaient été recrutés. Le nombre de militants avait doublé entre la conférence de proclamation de 1938 et le deuxième congrès de la IVème internationale tenu en 1948 mais, les nouveaux venus n’étaient pas en mesure de s’opposer aux cadres plus anciens. Au moment où la puissance des appareils staliniens était à son zénith, cette direction inexpérimentée a fini par capituler devant le stalinisme en imposant aux militants « l’entrisme sui generis » dans les partis communistes. Les trotskystes français, avec Pierre Lambert, ont refusé d’entrer dans le PCF s’opposant à la direction de Michel Pablo et Ernest Mandel. C’est à cette occasion que Stéphane Just a écrit le premier « Défense du trotskysme ». Trente ans plus tard, Pierre Lambert capitulait à son tour en mettant l’OCI (Organisation Communiste Internationaliste) « à la remorque » du parti socialiste de Mitterrand.

Stéphane Just a résisté à cette nouvelle capitulation et il a alors écrit un autre document fondamental pour défendre le trotskysme. « Comment le révisionnisme s’est emparé de la direction du PCI ? »

Je veux rendre aussi hommage à un autre grand trotskyste méconnu en France parce qu’il était argentin. Il s’agit de Nahuel Moreno. Je montrerai qu’il était le seul à avoir raison à propos de la révolution cubaine. Il était le seul à affirmer que Cuba était un Etat ouvrier tout en gardant un regard critique sur la politique de Castro. Ce dernier avait, dans un premier temps, cherché à maintenir le capitalisme en négociant avec les forces de la bourgeoisie puis, quelques temps après la révolution, il avait appliqué une politique entièrement dictée par le Kremlin.

Nahuel Moreno est aussi le seul à avoir accepté d’être minoritaire d’abord dans le Comité International (avec les lambertistes) puis dans le Secrétariat Unifié (avec les mandéliens). Il a même accepté que ce soit Posadas puis les partisans de la guérilla (Santucho) qui soient reconnus comme sections officielles par ce secrétariat qui le rejetait ainsi au second plan. Dans le même temps, il était pourtant un des rares constructeurs de la IVème internationale à pouvoir présenter un bilan de construction bien réel puisqu’il avait construit le SLATO (Secrétariat Latino-Américain Trotskyste Orthodoxe) en Amérique Latine en regroupant dès 1957 des sections de plusieurs pays (Argentine, Chili, Pérou) puis avec d’autres pays (Uruguay et Venezuela en 1974). Il a ensuite constitué la FB (Fraction Bolchevique) au sein des organisations du SU en regroupant des sections en Colombie, au Brésil, en Uruguay, au Portugal, en Espagne, en Italie et au Pérou car il a toujours été en désaccord avec le secrétariat. Il a cependant toujours voulu rester partie prenante de la construction de la IVème internationale dans son ensemble et il est évident, au vu des résultats, que sa stratégie a été payante. Il n’aurait pas obtenu ce résultat en restant dans le CI des lambertistes. C’était pour cela que, malgré de sérieuses divergences avec les pablistes-mandéliens, il avait quitté le CI (lambertistes) pour rejoindre le SU (mandélien) en 1964 (un an après le SWP) voyant que le CI végétait et ne lui permettait nullement de s’exprimer auprès d’autres organisations. En 1976, à la suite du coup d’Etat instaurant une dictature militaire en Argentine, des trotskystes d’Argentine se sont investis dans d’autres pays d’Amérique Latine (en Bolivie, au Chili, en Équateur, au Costa Rica, au Panama et en Colombie) tout en renforçant leur implantation au Portugal et en Espagne. Ils ont réussi à implanter une forte organisation en Colombie tout en poursuivant leur action dans les conditions difficiles de la clandestinité en Argentine où ils ont été particulièrement frappés par la répression avec 250 militants emprisonnés et plus de cent morts et disparus.

En 1979, quand éclate la révolution au Nicaragua, les morénistes d’Amérique Latine, malgré des différences politiques avec le sandinisme, décident de participer militairement à la lutte contre Somoza. A partir du PST colombien (Parti Socialiste des Travailleurs), une grande campagne pour construire une Brigade Simon Bolivar est lancée. C’était l’équivalent des brigades internationales lors de la guerre civile en Espagne. Cette brigade était formée de militants morénistes et de révolutionnaires indépendants, de Colombie, du Panama, de Costa Rica, des USA, et d’Argentine. Tout en restant politiquement indépendante, la Brigade est entrée dans l’armée sandiniste et a joué un rôle important dans la libération de la région sud du Nicaragua, ce qui lui a coûté des morts et des blessés. Après la victoire de la révolution, les membres de la Brigade ont été reçus avec des manifestations d’enthousiasme et de reconnaissance à Managua (capitale du Nicaragua). Les morénistes exigeaient alors que le sandinisme rompe avec la bourgeoisie et prenne le pouvoir avec les syndicats ouvriers. Le sandinisme, suivant les directives de Castro, participait à un gouvernement de coalition avec des partis de la bourgeoisie. La Brigade encouragea la création de syndicats et en une semaine elle en a organisé localement plus de 70. Cela a provoqué une réaction de la direction sandiniste. La brigade Simon Bolivar a été expulsée du Nicaragua. Plusieurs membres de la Brigade ont été faits prisonniers puis torturés par la police de Panama, alliée au gouvernement sandiniste. Le SU de Mandel a, en fait, pris parti pour les forces de répression contre les combattants de la brigade. Il a en effet envoyé une délégation à Managua pour dire que cette brigade était un groupe d’ultra-gauche avec lequel le SU n’avait rien à voir. Le SU a voté une résolution interdisant la construction de partis en dehors du sandinisme. Le refus de défendre des militants révolutionnaires torturés par la bourgeoisie et le fait d’avoir voté cette résolution interne qui, en pratique, était un décret d’expulsion du morénisme, a évidemment conduit à une rupture définitive de Nahuel Moreno avec le SU.

L’année précédente, les 21 et 22 octobre 1978, pour la première fois, lambertistes et mandéliens avaient discuté publiquement ensemble (Ecouter la bande son) mais, bien malheureusement, en l’absence de Nahuel Moreno qui avait été tenu à l’écart. De nombreux militants des deux organisations (CI et SU) espéraient un rapprochement voire même une fusion. L’affaire de la Brigade Simon Bolivar remettait tout cela en question. Les lambertistes se sont immédiatement prononcés en faveur des morénistes en condamnant la politique du SU. Il semblait alors que toutes les cartes des regroupements internationaux allaient être rebattues mais qu’assurément il en sortirait une organisation internationale renforcée. Il serait sans doute possible de considérer que la IVème internationale allait être reconstruite. Finalement, en 1980 un regroupement s’est réalisé entre les lambertistes du CI, les morénistes quittant le SU et une autre fraction qui s’est à l’occasion détachée du SU. Même pour ceux qui espéraient mieux, cela était de bon augure. L’enthousiasme allait vite retomber car, l’année suivante, Lambert capitulait complètement lors de l’élection de Mitterrand à la présidence de la république.

Stéphane Just s'opposa alors à Lambert à l'intérieur de l'OCI avant d'être exclu. Il organisa alors la résistance en dehors de l'OCI d'abord pour essayer de redresser la ligne de l'OCI et le CI puis en mettant en place une autre organisation pour la construction d'une internationale ouvrière. Quelques années après son décès le groupe qui lui a succédé a complètement capitulé à son tour notamment en abandonnant la lutte contre l'UE... Ils se sont depuis enfoncés bien davantage dans la capitulation en dépassant sur bien des points les lambertistes.

Pour continuer à œuvrer à la reconstruction de la IVème internationale, Nahuel Moreno a donc construit sa propre organisation internationale en janvier 1982 : la LIT-QI. Après les capitulations successives de tous les autres trotskystes (mandéliens, lambertistes et successeurs de Just), les morénistes furent les seuls à poursuivre la politique de Trotsky telle qu’elle était définie dans le Programme de Transition. Cependant, après le décès de Moreno en 1987, des crises successives ont fragmenté la LIT-QI à partir de 1990. Maintenant, trois organisations se réclament de l’héritage de Nahuel Moreno : la LIT-QI, l’UIT-QI et la LIS-ISL.

L’AGIMO considère que l’héritage du trotskysme a été assuré :

  • De 1944 à 1950 par Pablo, Mandel et Frank.
  • De 1951 à 1981 par les morénistes et les lambertistes qui ont pris des chemins séparés de 1964 à 1980.
  • De 1981 à 2000 par les justiens et les morénistes qui étaient séparés.
  • Depuis 2000, seuls les morénistes assurent cet héritage.

Il faut en effet abandonner le point de vue sectaire qui consiste à affirmer : nous sommes les seuls garants de l’orthodoxie trotskyste et tous les autres sont des renégats. Du vivant de Trotsky, il fallait accepter, par exemple, qu’il se sépare d’Andrés Nin. Les analyses de Trotsky, avaient une bonne longueur d’avance sur celles de tous les autres militants. Autre exemple : il était juste qu’il choisisse entre les différentes organisations françaises laquelle était la plus à même de construire la IVème internationale.

Aujourd’hui, avec le recul du temps, nous voyons que sur bien des questions, il est impossible de dire, après la mort de Trotsky, qu’une seule organisation détenait toute la vérité. Personne ne peut, à l’instar de Pablo, Mandel, Lambert, ou Healy se prendre pour Trotsky en imposant son point de vue par des méthodes bureaucratiques aux autres. Il était juste à la libération de rassembler en France tous ceux qui se réclamaient du trotskysme dans une seule organisation malgré tout le contentieux de leurs divergences passées. Nous savons qu’à propos de Cuba, la plupart des organisations étaient dans l’erreur, certaines refusant de reconnaître que Cuba était un Etat ouvrier, d’autres refusant de voir que Castro s’alignait sur la politique du Kremlin. Peu de dirigeants ont vu l’importance de la révolution bolivienne en 1952. Seuls les plus concernés l’ont perçue (Guillermo Lora et Nahuel Moréno)… Ajoutons que des débats sont évidemment dépassés par les évènements comme ceux sur la nature de l’URSS ou la politique de Tito en Yougoslavie.

Nahuel Moreno avait pris conscience de cela bien avant tous les autres et il tenait, à ce sujet, des discours qui tranchaient nettement avec ceux de tous les génies auto-proclamés. Il écrivait en janvier 1982 :

“... Les dirigeants du mouvement trotskyste pensaient être des colosses qui ne se trompaient jamais. Néanmoins, le trotskysme tel qu’ils le dirigeaient était lamentable...” ;

“Cette expérience gênante de ne fréquenter que des “génies” (il parle de son expérience autant dans le CI que dans le SU) nous a conduits à faire une propagande indirecte sur les militants de base de nos partis pour les convaincre, bien au contraire, que nous nous trompions souvent, et qu’ils devaient penser par eux-mêmes, car la direction ne garantissait en aucun cas une disposition au génie... Nous voulons par tous les moyens inculquer un esprit auto-critique, marxiste, et non une foi religieuse dans une modeste direction, provinciale par sa formation et barbare par sa culture. C’est pour cela que nous croyons dans la démocratie interne et en faisons une nécessité... Nous avons progressé à travers les erreurs et nous n’avons pas honte de le dire...”

“Le problème, c’est de savoir comment commettre moins d’erreurs, qualitativement et quantitativement. Selon moi, la tendance est de commettre chaque fois moins d’erreurs, si nous avons une organisation internationale, qui fonctionne selon le centralisme démocratique. Cela, c’est un fait pour moi. J’affirme catégoriquement que tout parti national qui n’est pas dans une organisation internationale bolchévique, dotée d’une direction internationale, commet chaque fois davantage d’erreurs et surtout une erreur qualitative : étant trotskyste national, ce parti finira inévitablement par renier la IVème Internationale et par adopter des positions opportunistes ou sectaires, pour finalement disparaître...”

Le constat des multiples erreurs des uns ou des autres ne signifie pas que nous ne devons pas prendre parti quand des divergences apparaissent. La capitulation de 1951 devant le stalinisme de même que la capitulation de Lambert devant le PS ne pouvaient, l’une comme l’autre, que détruire le trotskysme c’est-à-dire rendre impossible la construction d’un parti mondial de la révolution. Il s’agit de comprendre que si l’héritage de l’expérience du mouvement ouvrier a pu être transmis c’est par des voies multiples comme nous venons de le dire. J’ai souligné notamment que Stéphane Just et Nahuel Moreno ont séparément contribué à sauver cet héritage.

Le moment est donc venu d’écrire à nouveau un document pour défendre le trotskysme. C’est ce que j’entreprends ici.

Cependant, alors que Stéphane Just s’attaquait exclusivement aux derniers renégats, j’essaierai de défendre le trotskysme contre tous ses adversaires. Dans bien des entreprises ou des administrations, comme l’Education Nationale, l’étiquette « trotskyste » apposée sur le nom d’un travailleur est suffisante pour que celui-ci soit sanctionné dans son travail comme si la liberté d’opinion devait trouver là une limite ou comme si le trotskysme devait être assimilé au terrorisme. J’ai fait cette expérience dans l’Education Nationale où il ne manque pas d’administratifs et d’inspecteurs calotins ou autres bien-pensants qui sont certains que les trotskystes sont des sanguinaires. Ils ne savent pas d’où leur vient cette certitude mais il y a dans ce jugement quelque chose qui relève du religieux, de l’irrationnel. On croit que les trotskystes sont des démons comme on croit en Dieu. Les mêmes sont d’ailleurs très tolérants avec les dirigeants staliniens du SNES et du SNESup qui baignent pourtant dans le sang des innombrables victimes de Staline. Je suis d’ailleurs témoin que les uns et les autres s’entendent très bien pour sanctionner un trotskyste. Après leur avoir rappelé que le trotskysme commence avec la mort de Lénine, je leur ai mille fois demandé de m’expliquer quand un trotskyste aurait été responsable de la moindre goutte de sang versé. Ils n’admettront jamais que les trotskystes sont essentiellement des victimes qui ont subi la terreur combinée du stalinisme et du nazisme et il ne manque pas de staliniens divers pour abonder dans leur sens. Il reste en effet des nostalgiques du stalinisme notamment dans le PRCF. Ceux-là et d’autres expliquent qu’il y a eu une sorte de duel entre Staline et Trotsky et que c’est le meilleur qui a gagné. Je vais donc examiner les faits pour montrer que si Staline a réussi à mener à bien une contre-révolution préventive en exterminant notamment la quasi-totalité des bolcheviks de la révolution d’octobre et des généraux vainqueurs de la guerre civile ce n’est certainement pas parce qu’il a su se montrer particulièrement subtil. Je veux donc aussi rétablir la vérité face à tous ceux-là et pas seulement face à ceux qui se réclament encore du trotskysme. Quelles que soient les étiquettes qu’ils se collent, je vais en fait m’attaquer à tous ceux qui défendent l’UE ou qui ont craché leur mépris sur les gilets-jaunes ou encore qui ont voté pour Chirac et Macron.

J’ai conscience qu’il peut paraître prétentieux de ma part de vouloir jouer un rôle similaire à celui de Stéphane Just. Je n’ai pas la prétention d’être un militant de sa valeur. J’aurai probablement plus tard l’occasion de dire tout le bien que je pense des grands militants de l’OCI que j’ai connus comme Stéphane Just (1921-1997), Gérard Bloch (1920-1987) ou Pierre Broué (1926-2005). Je dirai seulement ici que je partage l’essentiel de ce qu’a dit Charles Berg (Charles Jéremie) au sujet de Stéphane et, pour rendre hommage à Gérard Bloch, je vous invite à écouter ce que celui-ci dit sur la vidéo de 43mn enregistrée le 21 octobre 1978 à la mutualité. Quant à Pierre Broué, il ne faut pas cacher qu’il a aidé Lambert à exclure Stéphane Just avant d’être lui-même exclu. La similitude des méthodes de Lambert avec celles de Staline est évidente. Ce dernier s’était appuyé sur Zinoviev et Kamenev pour isoler Trotsky et l’envoyer en exil. Il s’était ensuite appuyé sur Boukharine pour éliminer Zinoviev et Kamenev. Il avait ensuite éliminé Boukharine. Plus tard, il a fait fusiller Zinoviev et Kamenev (premier procès de Moscou) puis Boukharine (dernier procès de Moscou) et il a couronné le tout en faisant assassiner Trotsky. Pierre Broué a grandement contribué à expliquer tout cela en détail. L’œuvre monumentale sur l’histoire du mouvement ouvrier qu’il laisse derrière lui plaide en sa faveur. Il nous lègue aussi un « testament politique » qui clôt le bec définitivement à ceux qui osent se réclamer du trotskysme tout en ayant appelé à voter pour Chirac ou Macron. J’en reparlerai…

Je n’ai, pour ma part, aucunement l’intention d’être un important leader du mouvement ouvrier en m’engageant ainsi, à l’âge de 74 ans dans ce combat qui est pourtant d’une importance capitale. J’ai seulement la grande ambition d’essayer de recruter et de former une poignée de jeunes militants qui pourront assurer à leur tour la continuité du combat pour la révolution socialiste, combat qui passe obligatoirement par la construction d’une internationale révolutionnaire.

A la suite des multiples capitulations, le trotskysme a pratiquement disparu en France depuis quelques décennies. Il doit maintenant renaître de ses cendres. Cela nécessite le combat conscient de quelques militants. J’essaie donc maintenant de reprendre le flambeau car je ne trouve personne d’autre pour le faire. C’est pourquoi j’ai créé l’AGIMO. Il n’était plus possible pour moi de défendre l’ensemble du programme trotskyste en ne faisant que du travail de fraction dans d’autres organisations. Il est indispensable que ce programme soit affiché au grand jour. Ce livre est fait pour cela.


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29 réactions à cet article    


  • xana 22 janvier 18:08

    « J’ai constaté qu’il n’y a plus de trotskystes en France depuis plusieurs décennies »

    Eh oui mon cher, il n’y a plus non plus de Boulangisme ni de Pétainiste. Tous les partisans de ces has-been se sont fondus dans les poubelles de l’histoire.

    Bon, il semble qu’il nous reste au moins un fossile pour le Trotskysme. Vous devriez rechercher un musée poussiéreux pour vous accueillir.

    Quand je pense que j’ai (un peu) été tenté par cette perversion il y a longtemps quand j’étais un jeune con. Je me demande bien à quoi je pouvais penser...


    • Rincevent Rincevent 22 janvier 18:40

      @xana

      Hé oui et ils ne peuvent même plus se réunir en plénum dans une cabine téléphonique, il n’y en a plus…

      Plus sérieusement, ce grand révolutionnaire, avant d’être une victime, a été aussi un massacreur sans état d’âme : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_Kronstadt


    • Xenozoid Xenozoid 22 janvier 18:46

      @Rincevent

      krondstad et mahkno plus tard, les points noires d’une guerre a 3 étages


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 22 janvier 21:05

      @xana
      « quand j’étais un jeune con. »

      Quand on nait con on est con disait Brassens. Autrement dit : ça ne change jamais.

      " Je me demande bien à quoi je pouvais penser...

      "
      A rien. Les cons ne réfléchissent pas. Ils sont pleins de certitudes.


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 22 janvier 21:17

      @Xenozoid
      Ah ! Oui  ! Kronstadt ! Cela fait tellement bien de répéter toujours la même chose. Une croyance partagée dans par tout un groupe devient un savoir pour le groupe. Il serait dommage de se renseigner. Cela pourrait amener à se remettre en question.

      Savez-vous que le trotskysme n’existait pas au moment des évènements de Kronstadt ?

      Savez-vous qui était bien planqué derrière des murailles à Kronstadt et qui s’est bien fait massacrer. Voir les photos.

      Vous n’avez probablement pas lu l’article car la réponse est dedans :

      "Dans bien des entreprises ou des administrations, comme l’Education Nationale, l’étiquette « trotskyste » apposée sur le nom d’un travailleur est suffisante pour que celui-ci soit sanctionné dans son travail comme si la liberté d’opinion devait trouver là une limite ou comme si le trotskysme devait être assimilé au terrorisme. J’ai fait cette expérience dans l’Education Nationale où il ne manque pas d’administratifs et d’inspecteurs calotins ou autres bien-pensants qui sont certains que les trotskystes sont des sanguinaires. Ils ne savent pas d’où leur vient cette certitude mais il y a dans ce jugement quelque chose qui relève du religieux, de l’irrationnel. On croit que les trotskystes sont des démons comme on croit en Dieu. Les mêmes sont d’ailleurs très tolérants avec les dirigeants staliniens du SNES et du SNESup qui baignent pourtant dans le sang des innombrables victimes de Staline. Je suis d’ailleurs témoin que les uns et les autres s’entendent très bien pour sanctionner un trotskyste

      "


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 22 janvier 21:32

      @Rincevent
      « Plus sérieusement... »
      Avez-vous lu l’article ? La réponse est dedans :

      " Après leur avoir rappelé que le trotskysme commence avec la mort de Lénine, je leur ai mille fois demandé de m’expliquer quand un trotskyste aurait été responsable de la moindre goutte de sang versé. Ils n’admettront jamais que les trotskystes sont essentiellement des victimes qui ont subi la terreur combinée du stalinisme et du nazisme et il ne manque pas de staliniens divers pour abonder dans leur sens. « 

      Lénine est mort en 1924. Kronstdat c’était en 1921 quand le trotskysme n’existait pas. Alors je répète : » Après leur avoir rappelé que le trotskysme commence avec la mort de Lénine, je leur ai mille fois demandé de m’expliquer quand un trotskyste aurait été responsable de la moindre goutte de sang versé."

      Si vous avez une réponse, je suis intéressé.


    • Rincevent Rincevent 24 janvier 17:30

      @Jean Dugenêt

      Il m’importe peu de savoir quand le trotskisme a été baptisé, ce n’était pas mon propos, Mon lien concernait l’homme Trotski lui-même et sa (ses) responsabilité (s) quand il n’était pas encore une victime mais au pouvoir. En plus de Kronstadt, faut-il rappeler la période de la Terreur Rouge où il fut très actif ? https://fr.wikipedia.org/wiki/Terreur_rouge_(Russie)

      Finalement, il aura eu le même destin que beaucoup d’autres dirigeants qui, après avoir ‘’exécuté’’ sans faiblir les directives les plus sanglantes du Parti sont devenus victimes à leur tour, la mécanique de la Révolution, tel Chronos dévorant ses enfants. Il en restera un : Staline. Pas de chance…

      A part ça, quand vous écrivez : Une croyance partagée dans par tout un groupe devient un savoir pour le groupe Il serait dommage de se renseigner. Cela pourrait amener à se remettre en question. c’est de vous que vous parlez ?


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 24 janvier 19:20

      @Rincevent
      Libre à vous de critiquer Trotsky autant que vous voulez. Moi, je défends le trotskysme et les trotskystes. C’est le titre et le but de mon livre. J’ai d’ailleurs indiqué que je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’a fait Trotsky avant que n’existe le trotskysme c’est-à-dire en 1924.

      Voici quelques points que je critique chez lui. Dans sa jeunesse, il n’était pas marxiste. Il l’est devenu au contact de celle qui est devenue sa première épouse. Il n’a adhéré au parti bolchévique qu’en mars ou avril 1917. Avant c’était donc Lénine qui avait raison sur cette question (Le type de parti).

      De mon point de vue, tout ce que vous dites est hors sujet.

      Il y a cependant à l’évidence un lien entre votre discours et le mien. Avec vos critiques sur Trotsky vous voulez laisser penser insidieusement que les trotskystes sont des sanguinaires. Vous voulez inverser les rôles car je vous défie une fois de plus de dire quand les trotskystes auraient été responsables de la moindre goutte de sang versé. Ils ont par contre été victime de la répression conjuguée du nazisme et du stalinisme. Même aujourd’hui, comme je l’ai indiqué dans l’article, en toute illégalité ceux qui sont catalogués comme trotskystes sont sanctionnés dans le déroulement de leur carrière que ce soit dans les entreprises ou dans la fonction publique.

      Comme tout réactionnaire ordinaire, vous participez par votre discours à valider toutes ces formes de répression. C’est sans doute ce que vous voulez faire.


    • Rincevent Rincevent 24 janvier 21:54

      @Jean Dugenêt

      Alors, reprenons mais une dernière fois.

      - De mon point de vue, tout ce que vous dites est hors sujet. On peut être d’accord puisque c’est réciproque.

      - Comme tout réactionnaire ordinaire, etc. Là ça y est, on est dans le projectif, dernière marche avant la parano.

      C’est en fait l’éternel problème que de vouloir échanger avec un militant, (trotskiste ou pas). Dès qu’on sort de sa doxa, ça se dégrade plus ou moins rapidement. J’ai beau le savoir, il m’arrive encore de me laisser piéger…

      Alors, je ne vais pas continuer à vous prendre votre temps inutilement, vous en aurez besoin pour mener cette énorme tâche que vous vous êtes attribué, la résurrection indispensable du trotskisme...

      Inutile de me répondre et bon courage !


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 25 janvier 10:08

      @Rincevent
      « Alors reprenons mais une dernière fois ».

      Courage ! Fuyons ! Si je refuse le cadre de discussion que vous voulez imposer vous ne discutez plus. Merci de n’avoir apporté aucune objection à mes arguments.

      Bien évidemment que vous réagissez en bon réactionnaire. Mais j’ai peut être eu tort de dire « comme tout bon réactionnaire » car vous faites pire que les réactionnaires ordinaires. Ce que vous avez de commun avec eux c’est qu’à travers la détestation du trotskysme vous détestez surtout que les exploités se révoltent et remettent en question les privilèges des exploiteurs. Mais vous n’avez aucun fait à objecter à ce que j’ai dit : les trotskystes sont des victimes de la répression venant de tous bords c’est-à-dire non seulement du nazisme et du stalinisme mais il subissent encore cette répression au quotidien dans les entreprises et la fonction publique.

      Vous reconnaissez que vous êtes par rapport à cette question hors sujet en ne voulant parler que de Kronstadt et de la « terreur rouge » ce qui vous permet insidieusement de condamner le trotskysme alors que vous ne voulez critiquer que certains aspects de la politique de Trotsky à une période où le trotskysme n’existait pas.

      Dans vos critiques de Trotsky, vous faites pire que le réactionnaire ordinaire. Les médias dominants au service de la classe dominante sont évidemment eux aussi au service de la réaction. J’inclus bien évidemment, dans les médias dominants la Wikipédia qui est assurément opposée au trotskysme. Cette presse dominante, contrairement à vous pratique la fausse objectivité. Vous ne faites même pas cet effort. Ainsi vous mettez un lien sur la page de la Wikipédia consacrée à la « terreur rouge » sans même signaler que la Wikipédia donne une page symétrique sur la « terreur blanche ». De même que les vulgaires revues de vulgarisation comme Historia, leur discours consiste à dire qu’il y a eu des torts des deux côtés. On connait très bien ce discours. C’est le même qu’ils tiennent à propos du colonialisme. Ce n’est pas mon discours. Non ! Il n’y a pas eu des torts des deux côtés. Il y avait des agresseurs et des agressés. La réaction n’admet jamais la défaite quand le peuple se prononce que ce soit avec des élections ou avec des révolutions. Ce sont les russes blancs qui ont agressé parce que les forces réactionnaires de toute l’Europe refusaient la victoire de la révolution russe. Les armées blanches n’auraient eu aucune existence si elles n’avaient pas eu le soutien des pays capitalistes. C’est tellement vrai que dans l’armée rouge il n’y avait pas que des bolcheviks, loin s’en faut. Ainsi si des anciens généraux de l’armée tsaristes ont rejoint les russes blancs, il y avait aussi des anciens généraux de l’armée tsariste dans l’armée rouge. Or, ils n’étaient pas bolchéviks. Ils ont rejoints l’armée rouge par nationalisme pour défendre la Russie contre ces armées qui venaient l’agresser. Les armées blanches étaient donc les agresseurs mais c’étaient aussi les pires antisémites qui aient jamais existé. Ils assimilaient complètement la lutte contre les bolchéviks à la lutte contre les juifs. Les termes « bolchevik » ou « juif » étaient pour eux quasiment synonymes. Nous commençons à voir ce que vous défendez.
      Pour ce qui est des exactions de vos antisémites préférés je vous renvoie à ce que j’ai déjà écrit avec quelques photos à l’appui.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 22 janvier 20:59

      Parti mondial de la révolution...


      • jefresi 23 janvier 00:44

        Les positions de Jean Dugenêt font l’impasse politique du morenisme sur la question des guérillas en Amérique du Sud alors que le combat se devait d’être avant tout politique dans l’organisation politique de partis capables d’impulser la révolution avant le choix des armes. La violence des guérillas s’opposait à l’organisation politique du prolétariat et de la paysannerie. La preuve en est qu’une fois ces mouvements mis sur la touche le prolétariat avec la paysannerie retrouve ces dernières années les moyens de son combat révolutionnaire.

        En ce qui concerne Kronstdat, Jean Dugenêt a raison de rappeler qu’il n’y a que les ignares qui veulent se complaire dans l’ignorance du rôle délétère des anarchistes au lendemain immédiat de la première révolution prolétarienne.

        S’ils pensent qu’ils peuvent encore actuellement se gargariser du rôle de victime alors que les anarchistes étaient les protagonistes de ce triste épisode qu’aucune révolution ne peut, hélas, éviter. Cet épisode est un de leurs arguments, largement repris par la bourgeoisie à ses propres fins, pour s’opposer de fait à la construction de partis révolutionnaires et d’une Internationale Ouvrière. Les anarchistes déclarent qu’ils ne veulent pas d’un Etat et ne pas prendre le pouvoir. Ce faisant ils laissent en place le pouvoir existant tout en agitant le « changement ».

        Depuis, leur défaite politique et leur éjection des rangs de la classe ouvrière du sein de la 2ème Internationale à la fin du 19ème siècle, les anarchistes n’ont jamais eu d’autres buts que d’être un barrage physique et politique à la révolution (avec quelques autres gauchistes) dans la défense du régime capitaliste, surtout s’ils expliquent le contraire... notamment en lors de la révolution espagnole.

        Il y a bien d’autres choses à lire que les salmigondis de Wikipédia pour se construire une solide opinion.


        • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 23 janvier 18:09

          @jefresi

          Bonjour et merci pour ton intervention.

          Je suis d’accord avec tout ce que tu as écrit. Je vais donc seulement préciser quelques points.

          Tu dis que j’ai fait « l’impasse politique du morenisme sur la question des guérillas en Amérique du Sud ». Il est exact que j’en ai peu parlé mais il ne s’agit que de la présentation d’un livre. Je reviendrai sur ces questions dans le livre.

          J’ai le souvenir précis du temps où, dès 1967-68, le « guérillérisme » était très à la mode chez les partisans du mandélisme (Que nous appelions le pablisme à l’époque alors que Pablo était déjà passé à autre chose). J’avais le plus profond mépris pour les guérilléros du quartier latin avec leur tenue caractéristique… Ils avaient publié dans une de leur revue (Avant-Garde), en première page, la photo d’un char d’assaut en indiquant avec des flèches les emplacements où il fallait lancer des cocktails molotov. Ils étaient ridicules avec ces idioties. Nous (les lambertistes) étions les seuls à cette époque à dire qu’il fallait en France combattre notre bourgeoisie, que la lutte des classes n’était nullement arrêtée dans les pays capitalistes... Les mandéliens à l’époque ne voyaient de salut que dans le soutien à la lutte dans les pays du tiers monde ou dans le soutien aux combattants du Vietnam. S’ils étaient bel et bien ridicules, par contre cette politique guérillériste n’avait rien de comique en Amérique Latine. Elle a fait de nombreux morts et elle a détruit des organisations trotskystes. Cela fut réellement dramatique. Nahuel Moreno était effectivement le seul à combattre pour la construction de partis révolutionnaires capables de se porter à la direction de la classe ouvrière malgré les trahisons des partis petits-bourgeois et staliniens.

          Pour ce qui est des éternelles critiques concernant Kronstadt, je réponds sur plusieurs points.

          Une première réponse me permet légitimement de ne pas avoir à aborder la question. Je défends le trotskysme et les trotskystes. Je ne suis nullement contraint de défendre tout ce qu’à fait Trotsky dans son enfance, son adolescence ou avant qu’existe le trotskysme c’est-à-dire avant 1924. Ceux qui remettent sans arrêt cette question sur le tapis cherchent à apporter leur contribution au flot de calomnies concernant les trotskystes. Il leur faut coûte que coûte expliquer que les trotskystes sont d’affreux sanguinaires. Or, je le répète, je les mets au défit de montrer un cas où les trotskystes auraient été responsables de la moindre goutte de sang versé. En agissant ainsi, il se placent du côté des massacreurs en apportant une caution aux nazis et aux staliniens qui ont massacré tant et tant de trotskystes. Les trotskystes sont avant tout des victimes. Ce n’est que par des insinuations et des sous-entendus qu’ils veulent inverser les rôles et cherchent à en faire des bourreaux. Je répète qu’il n’y avait pas de trotskystes en 1921 ni à Kronstadt ni ailleurs parce que le trotskysme n’existait pas avant 1924.

          Pour ce qui est de la défense de Trotsky, et non pas du trotskysme, il faut d’ailleurs noter que ce n’est qu’à partir de mars-avril 1917 qu’il a adhéré au parti bolchévik et qu’il a ainsi rejoint Lénine. C’était donc auparavant Lénine qui avait raison sur la question du type de parti qu’il fallait construire pour faire la révolution. Trotsky a cependant apporté sa contribution avant 1917 pour faire progresser le mouvement ouvrier avec sa théorie de la révolution permanente. Lénine avec les « thèses d’avril » l’a rejoint sur ce point.

          Concernant les événements de Kronstadt proprement dit, il faut avant tout souligner l’énorme calomnie qui consiste à faire croire que ceux qui étaient dans la forteresse étaient les mêmes que les vaillants révolutionnaires de 1905 ou 1917. Entre les deux, il y avait eu la guerre civile et ces vaillants révolutionnaires n’étaient pas restés confortablement installés à l’abri dans cette forteresse. Ils avaient combattu avec Trotsky et l’armée rouge. Nombre d’entre eux étaient morts. S’il y en avait encore alors ils étaient du côté de l’armée rouge. Ils faisaient partie de ceux qui se sont lancés plusieurs fois à découvert sur la glace à l’assaut de la forteresse. Ils se sont faits massacrer en grand nombre pour mettre un terme à cette chouannerie. Que voulaient ces soi-disant anarchistes ? Alors que le pays était dans la misère, ils refusaient de partager le lot commun. Rappelons que la Russie était un pays arriéré qui venait de subir une terrible guerre civile après plusieurs années de guerre impérialiste. C’est à ce prix là que la révolution fut victorieuse. Tout le monde devait maintenant payer le prix du sacrifice.

          Remarquons d’ailleurs avec quelle insistance ils veulent s’en prendre à Trotsky comme si les autres bolchéviks n’étaient pas d’accord. Remarquons aussi que tous les scribes qui commentent insistent pour établir une relation de cause à effet entre ces évènements et le fait que Lénine et les bolchéviks ont, peu de temps après, appliquer la politique de la NEP. Comme si seuls les évènements de Kronstadt expliquaient cette nouvelle politique.

          Ceux qui veulent vraiment se renseigner sur les évènements de Kronstadt, peuvent lire l’excellent livre de Jean-Jacques Marie mais je doute que ceux qui sont si prompt à vouloir salir le trotskisme soient réellement intéressés.

          A défaut ils pourraient lire l’interview de Jean-Jacques Marie sur le sujet.


        • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 23 janvier 21:40

          @Jean Dugenêt

          Une citation pour compléter et pour répondre à la question : Qui étaient les insurgés de Kronstadt ?

          "La plupart de ces marins sont d’origine paysanne, fraîchement recrutés, même s’il convient de faire parmi eux des distinctions : les plus qualifiés, ceux qui travaillent sur les deux cuirassés, le Petropavlovsk et le Sébastopol, sont marins de longue date ; mais d’aucuns sont aussi d’anciens soldats blancs, comme le dernier contingent arrivé à Cronstadt, directement issu de l’armée blanche de Denikine. La garnison est composée d’hommes jeunes qui n’ont en général même jamais combattu, et qui sont, foncièrement, encore des paysans ; en témoignent en particulier, quant à leur mentalité, les cérémonies religieuses organisées pendant l’insurrection, évidemment étrangères au mouvement ouvrier révolutionnaire. Le plus grand nombre, donc, n’a plus rien à voir avec les marins qui, en 1917, avait porté haut le drapeau de la révolution. La plupart de ceux-ci, véritable fer de lance de l’Armée rouge, ont en effet péri dans les combats de la guerre civile, ou se trouvent désormais ailleurs : ils ont été envoyés sur tous les fronts de la guerre. Il est donc faux de laisser croire, comme le fait Paul Avrich, que les matelots de Cronstadt « se soulèvent contre le gouvernement bolchevique qu’ils ont eux-mêmes contribué à porter au pouvoir » : ce ne sont plus les mêmes !

          « 

          Voir l’article complet :  »Fallait-il réprimer l’insurrection de Cronstadt ?"


        • xana 23 janvier 12:16

          Pauvre Jean Dugenêt...

          Vous n’intéressez plus personne.

          Vous présentez des arguments peut-être intelligents, mais qui remontent à je ne sais combien de guerres dans le passé.

          Et quand je vous dis gentiment que le trotskysme devrait être laissé dans les musées de l’histoire, vous me répondez par une bordée d’injures « ad hominem » ce qui renseigne immédiatement sur votre mentalité , votre pédagogie et votre charisme.

          Le Trotskysme pourrait-il redevenir une idée moderne ? Je ne le sais pas. Ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas vous qui convaincrerez les foules : Je ne connais de vous que ces échanges injurieux, qui font de vous un véritable repoussoir pour toutes les idées que vous soutiendrez.

          Si la politique est votre seul violon d’Ingres, je crains que seul le suicide soit la solution. Après tout, vous avez certainement mon âge, vous avez professé ce que vous avez cru. Maintenant il est l’heure pour vous de tirer le rideau et de disparaître. Vos ne laisserez certainement aucun regret.


          • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 23 janvier 12:38

            @xana
            Vous êtes un grand comique. Vous écrivez :

            « Et quand je vous dis gentiment que le trotskysme devrait être laissé dans les musées de l’histoire »

            Voyons en quoi c’est « gentiment » que vous donnez vos explications sur le trotskysme :

            "Quand je pense que j’ai (un peu) été tenté par cette perversion il y a longtemps quand j’étais un jeune con."

            C’était parce que vous étiez un « jeune con » que vous avez été tenté par le trotskysme.

            Excusez moi d’avoir répondu sur le même ton.

            Voyons maintenant si vous êtes disposé à le prendre sur un autre ton. Vous écrivez maintenant :

            « Vous présentez des arguments peut-être intelligents, mais qui remontent à je ne sais combien de guerres dans le passé. »

            Je ne vois vraiment pas en quoi des arguments seraient invalidés parce qu’ils sont anciens s’ils sont intelligents. Je ne cite pas Socrate... Le marxisme n’a évidemment rien de nouveau et j’ai vu apparaître depuis mille théories à la mode qui, comme les modes vestimentaires, ont disparu aussi vite qu’elles sont apparues. Vous continuez sur le même thème : « le trotskysme pourrait-il devenir moderne ». Je m’en fous. La question est : si le capitalisme perdure l’humanité va sombrer dans la barbarie, il est donc urgent de faire tout ce qui est possible pour passer à un mode supérieur d’organisation sociale : le socialisme. Il faut pour cela construire une internationale révolutionnaire. Moderne ou pas moderne ce combat initié au XIXème siècle doit être poursuivi... Et, je continue encore : « Si la politique est votre seul violon d’Ingres... » Croyez vous que c’est parce que c’était leur « violon d’Ingres » que des millions de communistes sont morts par la répression conjuguée du nazisme et du communiste ? Croyez-vous que je me pose ce genre de question.

            Et vous concluez :

            « Maintenant il est l’heure pour vous de tirer le rideau et de disparaître. Vos ne laisserez certainement aucun regret. »

            J’espère que la béatitude vous fait du bien.


          • Séraphin Lampion Schrek 23 janvier 12:48

            Il faudrait aussi réhabiliter Babeuf.


            • xana 23 janvier 14:41

              @Schrek

              Bien sûr.

              Et des millions d’autres qui ont réellement combattu pour un monde meilleur. Quelque soit le succès ou l’échec qu’ils ont rencontré.

              A l’heure actuelle l’ennemi du peuple est toujours l’égoïsme de ceux qui monopolisent le pouvoir. Qu’ils se prétendent de gauche ou de droite, ce n’est pas ce qui compte.

              On s’en fout des histoires de Staline et de Trotsky. Pour les gens de notre époque les ennemis sont les salauds contemporains, les banquiers, les petits et les gros dictateurs. Et tous les corrompus, qu’ils soient étiquetés de droite ou de gauche.


            • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 23 janvier 15:19

              @xana

              « A l’heure actuelle l’ennemi du peuple est toujours l’égoïsme... »

              Non ! L’ennemi ne se désigne pas par une suite d’adjectifs moralisateurs : l’égoïsme, la cupidité, la fourberie, la concupiscence, la vanité, la tartuferie...

              Il faut voir la vérité en l’analysant scientifiquement c’est à dire avec le matérialisme et la dialectique sans aucune idéologie.

              L’ennemi c’est l’infime minorité qui possède l’essentiel des richesses et exploite tout le reste de l’humanité dans le but irréaliste de faire toujours plus de profit. Des formules imagées ont été utilisées pour les désigner. On a parfois parler des 200 familles. Cela fait beaucoup. Nous connaissons ceux qui possèdent l’essentiel des médias en France : Arnault, Niel, Pinaut, Bolloré, Bettancourt... Ils imposent leur idéologie c’est à dire leurs mensonges, leurs personnages médiatiques comme Macron ou Zémour qui seraient inconnus s’il n’avaient pas ces milliardaires derrière eux... Leur système d’exploitation...

              "Pour les gens de notre époque les ennemis sont les salauds contemporains, les banquiers, les petits et les gros dictateurs. Et tous les corrompus... « 
              C’est déjà un peu plus réaliste parce que plus matérialiste. Mais, comment faire ?

               »On s’en fout des histoires de Staline et de Trotsky..."

              Pour combattre ces capitalistes nous avons besoin de toute l’expérience du mouvement ouvrier. Nous savons ainsi que le mouvement « naturel » vers la révolution est bloqué par des directions qui au fil de l’histoire ont trahi les travailleurs. Il faut savoir les identifier et il faut connaître leurs méthodes de trahison pour pouvoir les contrer. Il faut tirer profit de l’expérience de toutes les insurrections pour forger une direction qui sera capable de mener les travailleurs à a victoire...

              Si tout cela était simple, il suffirait d’attendre que le paradis sur terre survienne...


            • PascalDemoriane 23 janvier 18:22

              @Jean Dugenêt
              Je ne pourrais que plussoir à toutes vos patientes réponses aux bêtises éculées qu’on vous oppose ici suite à cette série d’articles. C’est bien difficile à nous autres marxistes radicaux de rester zen et courtois. Faut dire qu’on est pas tendre entre nous non plus, la tentation dogmatique et boutiquière est toujours tapie dans les esprits militants.
              L’Autocritique est un art qui s’y perd.
              C’est pourquoi j’ai toujours trouver finalement plus d’ouverture chez des gens culturellement de droite en évolution de conscience que chez des gauchistes petits bourgeois indécrotables pétris de certitudes sur leurs « combats » fumeux.
              Tiens ! Je me suis proposé récement comme participant contributeur à un groupe trotsko du coin venus en touristes lors d’une manif antipass, une fois de plus, j’attends toujours le retour. Enfin non j’attends rien... Des touristes vous dis-je !
              Donc, bon courage camarade, le coeur y est !


            • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 23 janvier 18:32

              @PascalDemoriane
              Bonjour et merci de votre participation.


            • wagos wagos 23 janvier 15:06

              Et j’ai crié , crié é Staline ! pour qu’il revienne !! ..

              Là on a un Cadet Roussel qui se présente pour le PCF ....


              • sylvain sylvain 23 janvier 20:56

                @wagos
                si vous aviez lu l’article vous auriez peut être compris que l’auteur n’est pas fan de staline .Mais un bon troll ne lit jamais les articles préfère en général débiter des stéréotypes .Chacun son truc


              • wagos wagos 24 janvier 09:54

                @sylvain

                Monsieur le donneur de leçons....il se trouve que je suis féru d’histoire...j’ai lu l’article également , je n’ai rien appris de nouveau que je savais sur Trotsky....( Pour la petite histoire, mon ex-épouse était prof d’histoire-géo).....bref , moi les policiers de la pensée unique, les censeurs et les esprits chagrins, je me les mets où je pense ....

                Bonjour chez vous !


              • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 24 janvier 10:47

                @wagos

                « j’ai lu l’article également , je n’ai rien appris de nouveau que je savais sur Trotsky »

                Cela ne m’étonne pas puisque je n’ai pratiquement rien écrit sur Trotsky lui-même. J’ai un peu expliqué ce qui est advenu du trotskysme après la guerre c’est à dire bien après que Trotsky ait été assassiné.


              • sylvain sylvain 24 janvier 12:48

                @wagos
                quand on est hors sujet, autant le rester jusqu’au bout .Ca donne une forme de cohérence dans l’absurdité


              • sylvain sylvain 23 janvier 21:00

                je connais mal le trotskysme mais je rejoins de tout coeur l’auteur sur au moins un point : tant qu’il n’existera pas une international des sans capital ( ces ont les nouveaux prolos a mon avis), ils se feront baiser .

                C’est incroyable de se dire que les travailleurs avaient compris ça il y a cent ans et qu’ils l’aient oublié aujourd’hui .Les dirigeants eux, l’ont bien compris et ont commencé a mettre en place « l’internationale du capital » il y a bien longtemps déja !


                • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 23 janvier 21:27

                  @sylvain

                  Bonjour,

                  "Les dirigeants eux, l’ont bien compris et ont commencé a mettre en place « l’internationale du capital » il y a bien longtemps déjà !

                  "

                  C’est l’idée de départ. C’est bien parce que le capital est international qu’il ne peut être combattu qu’au plan international. Les luttes de la classe ouvrière sont nationales dans leur forme. Elles ne peuvent aboutir qu’à des révolutions nationales. Mais alors, si elles ne s’étendent pas elles sont condamnées car le capital ne laissera jamais une révolution victorieuse dans un Etat sans tenter de la détruire. Cela vaut pour la révolution russe qui a été suivie par une guerre civile qui était en fait une guerre contre les puissances capitalistes européennes. Cela vaut aussi pour Cuba qui n’a pu survivre pendant un temps qu’avec l’aide du Kremlin et qui risque d’être aujourd’hui condamné s’il n’y a pas d’événements en Amérique Latine pour sauver ce qui reste... Ils ont un temps survécu avec le Venezuela...


                • sylvain sylvain 24 janvier 12:41

                  @Jean Dugenêt
                  oui, le capital et aussi le système de production, ce qui est bien plus fondamental .
                  on ne peut plus espérer construire quoi que ce soit de nos outils actuels sans une coopération internationale

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