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Accueil du site > Tribune Libre > Esséniens de la diaspora juive en Gaule. Le malentendu évangélique. (...)

Esséniens de la diaspora juive en Gaule. Le malentendu évangélique. Chalon-sur-Saône, Sainte-Foy de Conques, Autun

À Chalon-sur-Saône, dans le plus beau temple de l'univers, voici le messie qui doit venir ... bis repetita, suite à mon article du 15 août 2022, reprise de mon article du 31 août 2020.

Dans le Saint des Saints du plus beau temple de l'univers (1), en haut d'une colonne du ciel, à la droite du prêtre qui officie face au peuple, voici le messie essénien annoncé des textes de Qumrân. il est accompagné de deux témoins. Ces deux témoins sont à l'image d'Etienne qui fut lapidé par ses persécuteurs. Invités à la table du Seigneur, dans le ciel, les deux martyrs éduens témoignent : « Et voici que nous contemplons les cieux ouverts et voici que nous voyons le Fils de l'homme assis à la droite de Dieu » (Actes des Apôtres,7, 56).

 
C'est au point du jour que le messie d'Israël reçoit les rayons du soleil qui traversent les vitraux colorés du cheur. A ce moment précis, on le voit faire le signe essénien de reconnaissance, signe d'alliance entre Dieu et les hommes. Il étend sa main gauche sur le pain de vie, et de sa main droite aux deux doigts dressés, il bénit toute la congrégation de la communauté qui, dans la nef, attend dans le recueillement le plus total (manuscrits de la mer Morte, Règle annexe, rouleau de la Règle, II, 18 à 22).

Derrière le Seigneur, le drapeau blanc essénien apporte à la scène ce qui, pour les Gaulois, constituait le reflet de la religion : le civisme.

 Je te rends grâces, ô Adonaï, car ton œil veille sur mon âme...
 Je te rends grâces, car tu as illuminé ma face par ton alliance,
 Et (...),
 (... et) je t'ai recherché,
 Et, tel une véritable aurore, au point du jour, tu m'es apparu. (D,II,31 et Hn IV, 5 et 6, traductions d'André Dupont-Sommer, les écrits esséniens).

Quelle date faut-il donner à ce chapiteau ?

Le temple de Chalon figure sur une plaque de cheminée montrant le jeune Salonin en empereur romain, donc en 260. Il s'agit probablement d'un projet. Postumus régnant de 260 à 269, c'est très certainement sous son règne que la construction a commencé. Peut-être n'était-elle pas terminée en 269 car il n'y est pas honoré dans un chapiteau. Ce sont ses successeurs, les deux Victorinus, morts tous deux en 271 qui y sont honorés. C'est une bonne date. Onze ans de construction, moins ou plus ?... sachant qu'un tel chantier devait mobiliser une armée d'ouvriers. La réponse se trouve dans les textes où il est écrit que Postumus ramena la paix en Gaule en faisant cesser les incursions des barbares. On devine que Postumus avait trouvé la solution pour arrêter l'immigration irrégulière : il faisait travailler les immigrés illégaux ! Lorsque cela s'est su de l'autre côté du limes rhénan, l'immigration sauvage s'arrêta.

À Sainte-Foy de Conques, voici le roi des Juifs qui apparaîtra en "Roi Juge", dans le ciel, à la fin des temps.

Nous sommes toujours au IIIème siècle, à l'époque des empereurs gaulois. Pour bien comprendre la situation, merci de vous reporter à mon précédent article https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/8-000-esseniens-arrivent-en-gaule-226375. Le torchon brûle entre le riche pays éduen et le riche pays d'Aquitaine. Le premier, comme je viens de l'expliquer, attend le messie à venir et refuse les évangiles, ainsi que toute évocation évangélique. Le second, je ne sais pas ; le Christ n'apparaît pas dans le tympan de Sainte-Foy ; aucune évocation des évangiles, seulement dans l'autel de Saintes. Il n'y a pas de Jésus dans ce tympan, seulement l'inscription sibylilne XPISTO, qui semble plutôt qualifier le roi juge.

Le tympan de Sainte-Foy de Conques s'inscrit dans un retour à la pensée essénienne ou dans sa continuation. Il s'agit de la scène du Jugement dernier à venir. Les bons sont élevés et sanctifiés, les pêcheurs précipités dans le Tartare des Juifs. Comme l'indique l'inscription du nimbe en lettres entremêlées REX JUDIX, le personnage central qui trône dans le ciel est à la fois juge et roi.Quant à l'inscription portée sur le bois de la croix. En commençant par la ligne du haut, on lit ENS REX IUDEORUM. Dans l'inscription ENS, est-il possible d'y voir le mot tronqué de Nazaréen (NAZOR)EN(U)S et d'imaginer au-dessus un IESUS qui aurait disparu, ce qui aurait donné "Jésus, le Nazaréen, roi des Juifs" ? C'est rigoureusement impossible. L'explication la plus simple est de voir dans ENS un participe peu usité du verbe être (esse), ce que confirme le glossaire médiéval de Gange. Plutôt que "Je suis le roi des Juifs", le sculpteur a écrit : "L'étant, roi des Juifs". Ce roi des Juifs est dans le ciel. Il est écrit dans son limbe en lettres alternées REX IUDIX, roi juge, et au-dessus de sa tête (H)OC SIGNUM CRUCIS ERIT IN CELO CUM, ce signe de la croix apparaîtra dans le ciel quand... À gauche, l'inscription SANCTORUM CETUS STAT XPISTO JUDICE LETUS, l'assemblée des Saints se tient debout, joyeuse, à côté de ce juge, indique clairement que nous sommes dans l'héritage de la pensée essénienne. Dans l'église de Notre-Dame du Port, le XP désigne le fils de Jessé, le roi David. Quant à l'assemblée des Saints, ce n'est ni plus ni moins que l'assemblée de Dieu des manuscrits esséniens. À la droite du roi juge, nous voyons l'Église, le pape et l'empereur gaulois Tetricus !!! ; puis l'évêque, jeune, sûr de lui, tenant par la main et le guidant, un roi couronné, vieux et voûté, apportant docilement son offrande - la dîme - puis, le clergé prêchant le refus du péché, présentant les tables de la Loi, portant le livre de la Thora ; puis les saints et les saintes, puis le petit peuple des croyants. Nous avons là l’extraordinaire image de ce que voulait être la nouvelle société gauloise au IIIème siècle, au temps de Tetricus, empereur gaulois (271 - 274). En opposition complète à la société gallo-romaine qui a failli, en opposition complète avec l’image d’un empereur romain richement habillé, assis sur son trône, Tetricus, empereur gaulois, se présente, debout, marchant, habillé comme un nouveau Moïse, son célèbre bâton à la main. Cette représentation de l'empereur Tétricus dans la tenue d'un simple pélerin, dans notre histoire politique, c'est fabuleux !

L'évocation de la croix, des clous et de la lance fait-elle référence à l'évangile de Jean ? Non ! Il s'agit très logiquement d'un hommage rendu à tous les martyrs juifs crucifiés, notamment aux 800 Esséniens crucifiés en Galilée par le roi asmonéen Alexandre Jannée. La sculpture s'inscrit dans la suite du tympan de Mozac (1). Les spécialistes ne la font remonter qu'au XIème siècle au lieu du IIIème siècle : une erreur de huit siècles... incroyable !

Dans le tympan d'Autun, voici César Constance Chlore, en Christ sauveur !

Si le tympan de Sainte-Foy de Conques ne peut s'expliquer qu'au temps des empereurs gaulois, avant l'intervention armée, vers 294, des tétrarques romains, celui d'Autun ne peut avoir été réalisé qu'après, vers l'an 300. Il s'ensuit que l'iconographie de ses chapiteaux n'a pu être "pensée" que dans le sens romain d'une naissance à l'empire du sauveur annoncé, autrement dit en présentant le fils de Constance-Chlore, Constantin, comme le sauveur espéré dans lequel devait descendre l'esprit du Christ du ciel.

Voilà pourquoi la tête du "non nommé" du tympan d'Autun a été sculptée en "spiritualisant" celle de Constance-Chlore. Voilà pourquoi, dans les chapiteaux de la nef, la vierge qui se déplace dans le ciel portant l'enfant sauveur espéré a le beau visage rond de l'impératrice Hélène. Voilà pourquoi les nouveaux rois mages de l'empire viennent reconnaître dans l'enfant le nouveau maître du monde voulu par les Eduens, Constantin le Grand. Tout cela, je l'ai expliqué dans mes ouvrages et dans de nombreux articles. https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/iveme-siecle-la-basilique-gauloise-87057.

À gauche, vous voyez la cathédrale de Chalon-sur-Saône construite au IIIème siècle, le plus beau temple de l'univers selon le rhéteur Eumène, mais dans une inversion de ses niveaux. Seule une sorte de tour clocher à trois étages reste en place. À côté, la crypte du sous-sol et son entrée sont montées à son niveau et l'encadrent. Le transept et la nef se sont élevés d'un étage avec les fidèles, et le triforium s'est retrouvé au niveau du sol. Comme de juste, la porte de la crypte est devenue la porte du ciel.

À droite, vous voyez la nef du temple antique de Bibracte que j'ai localisé au Mont-Saint-Vincent. C'est dans ce temple que se déroulaient les cérémonies funèbres qui permettaient aux morts de passer de la terre au ciel. Le léviathan des anciens juifs dont vous voyez la gueule ouverte y symbolise la mort effrayante, subite et redoutable. Quant à la tour qui accompagne les défunts dans le sac de la nuit qui va les conduire au ciel, il s'agit du premier symbole patriotique de la cité éduenne, la tour de Taisey, toujours existante, sur laquelle j'ai beaucoup écrit.

Dans la mandorle céleste, s'agit-il du Christ en gloire siégeant sur la Jérusalem céleste, Non ! il s'agit du César romain qui siège sur le théâtre de la ville d'Autun... Constance Chlore.

Et ainsi de suite : à Saulieu, le sauveur espéré, nouveau Christ, est l'empereur Magnence https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-basilique-gauloise-de-l-87619 ; à Vézelay, c'est l'empereur Julien. https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/vezelay-la-basilique-de-l-empereur-87450

Emile Mourey, le 30 août 2020Honneur et gloire à toi ! Tetricus, Gallus Imperator !

Photos

  1. Cees van Halderen pour le messie de Chalon.
  2. Pierre Seguré pour le tympan de Sainte-Foy https://www.art-roman-conques.fr/
  3. Vikidia pour Autun https://fr.vikidia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Saint-Lazare_d%27Autun

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20 réactions à cet article    


  • Emile Mourey Emile Mourey 16 août 17:05

     Ce tympan est absolument extraordinaire. Le ministère de la Culture y voit une oeuvre chrétienne, le date de 1130 à 1135 et y voit sainte Foy, martyre...pitié ! devant tant d’errance, je pleure. Vous pouvez en voir les belles photos de Pierre Seguré en cliquant sur l’adresse de son site que j’indique en bas de mon article. 


    • Antenor Antenor 16 août 18:27

      La Table de Peutinger indique deux temples en Gaule : Chalon et Reims. Dans le Panégyrique de Constantin, « le plus beau temple de l’univers » est éduen. Il s’agit donc vraisemblablement de celui de Chalon mais comment l’expliquer ?

      L’empire gaulois a été court et chaotique, il semble douteux qu’un tel édifice ait pu être construit à cette période. Dans les textes attribués à Eumène, c’est Autun qui est restaurée en priorité dès l’époque de Constance Chlore mais l’auteur prie à plusieurs reprises Constantin de s’occuper des autres villes éduennes.

      A Autun, les temples dits d’Apollon et d’Athéna dans le Discours pour la réparation des écoles devraient correspondre respectivement à l’ancienne église Notre-Dame-du-Châtel et à l’ancienne cathédrale Saint-Nazaire. Saint-Lazare a été bâtie plus tard. Plusieurs indices dans les chapiteaux indiquent l’époque de Gontran.
      Dans une notice du 17ème siècle, Saint Nazaire est décrite comme un des plus belles cathédrales si elle avait été achevée.

      Politiquement, le plus beau temple de l’univers aurait dû se trouver à Autun, fidèle soeur de Rome et non à Chalon. Les Eduens ont-ils volontairement saboter le chantier de Saint-Nazaire à Autun et détourner les financements vers Chalon ? La question mérite d’être posée. Dans un souci d’apaisement et aussi parce que Chalon est militairement plus importante qu’Autun, Constance Chlore puis Constantin ont pu fermer les yeux sur la destination réelle des sommes accordées aux Eduens.

      Dans une perspective similaire, le temple de Reims pourrait bien correspondre à l’église contruite par Flavius Jovin et qui existe peut-être encore dans la basilique Saint-Rémi. La construction de l’abbatiale de Tournus aux proportions identiques à celles de la basilique de Maxence est également à situer à cette époque.

      Les édifices comme la cathédrale de Chalon ou Notre-Dame-du-Port à Clermont marqueraient ainsi l’apparition d’un nouveau style architectural remplaçant l’ancien modèle basilical. Par contre, je pense de plus en plus que ce sont les édifices comportant des scènes bibliques qui sont les plus anciens. Les personnages y ont été sculptés comme des héros de l’Antiquité classique.

      Pour faire simple, la cathédrale de Chalon et Notre-Dame du Port précèdent Mont-Saint-Vincent et Le Crest où les motifs des chapiteaux deviennent plus symboliques et allégoriques. On construit d’abord de grandes églises dans les villes des populations à évangéliser avec des personnages bien reconnaissables. Ce n’est qu’ensuite qu’on construit des églises dans les campagnes. Dans un troisième temps arrivent les cathédrales gothiques et leurs chapiteaux à motifs purement végétaux remplaçant les anciens grands temples païens reconvertis entretemps en églises mais se dégradant au fil des siècles.


      • Emile Mourey Emile Mourey 19 août 16:35

        @Antenor
        Vous dites ; c’est Autun qui est restaurée en priorité dès l’époque de Constance Chlore mais l’auteur prie à plusieurs reprises Constantin de s’occuper des autres villes éduennes.
        Réponse : les villes éduennes qui n’étaient pas fortfièes comme Chalon. Les écoles moeniennes se trouvaient à Mont/Saint/VIncent /Bibracte, etc etc relisez mes ouvrages. publiés.


      • Emile Mourey Emile Mourey 16 août 20:47

        @ Antenor

        Merci pour votre commentaire argumenté. Vous dites « On construit d’abord de grandes églises dans les villes des populations à évangéliser avec des personnages bien reconnaissables. Ce n’est qu’ensuite qu’on construit des églises dans les campagnes. »Je pense le contraire : l’église de Mont-Saint-Vincent où vous êtes d’accord avec moi pour y situer Bibracte s’inscrit dans le modèle du temple de Salomon et a servi de modèle à nos premières églises jusque dans les campagnes. Le temple d’Hérode, plus important, a servi de modèle pour les basiliques qui ont suivi... dans les villes.Voyez la véritable et très exacte représentation du temple de Salomon et de celui d’Hérode dans la sculpture sur ivoire que j’ai publiée dans mes articles ;https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/splendeur-de-chalon-sur-saone-et-148322 Le ministère de la Culture a tout faux et ne veut pas le reconnaître. Notre démocratie ne marche plus.


        • Emile Mourey Emile Mourey 16 août 20:58

          @ Antenor

          erreur de ma part, c’est le temple de Sajomon q’tl faut voir au lieu de celui d’Esdras sur la sculpture sur ivoire



            • Emile Mourey Emile Mourey 17 août 03:16

              @Antenor
              Eumène parle de deux temples d’Apollon, celui de Mont-St-Vincent/Bibracte et celui de Chalon. Celui de Gourdon vient après Mt-St-Vincent. Les fresques viennent encore après.Chalon vient ensuite.


            • Emile Mourey Emile Mourey 17 août 04:09

              @antenor
              0 Chalpn, on passe directemen de la forteresse à la cathédrale


            • Antenor Antenor 18 août 17:43

              @ Emile

              Cela me semble incohérent de construire un temple dans une citadelle (Mont-Saint-Vincent) et une simple tour dans une ville (Chalon). Les constructeurs du temple/église de Mont-Saint-Vincent ont accordé une attention particulière à l’architecture du bâtiment tout comme à Tournus. Les deux « résonnent » ensemble, l’un sur la hauteur et l’autre au bord de la Saône. Cependant, beaucoup d’églises ont une esthétique extérieure relativement bâclée. Cela donne souvent l’impression que ce sont juste des cathédrales miniaturisées.

              A Chalon, Abel est désigné par une croix dans le ciel comme dans la vision de Constantin. Il est impossible de dire à quelle date exacte le début du chantier de la cathédrale a débuté mais si Constantin ne l’a pas encore visité dans le Panégyrique, c’est qu’il venait sans doute à peine d’être achevé. Je reste persuadé qu’un grand temple semblable à ce qu’on pouvait trouver à Carthage ou à Rome à la même époque devait se dresser à Taisey et être le principal lieu de culte jusqu’au IIIème siècle.

              Je pense que le temple d’Apollon d’Augustodunum évoqué dans le Discours pour la réparation des écoles est l’ancienne cathédrale Saint-Nazaire d’Autun qui n’a jamais été terminée. Bâtiment d’un genre nouveau, peut-être avait-elle un vice de construction irrécupérable et que les Eduens ont préféré tout recommencer à Chalon. A Saint-Lazare, le chapiteau de la fuite en Egypte me fait penser à : Joseph = Gontran, Marie = Brunehaut et Jésus = Childebert II. Il y a également le chapiteau au Sagittaire luttant contre un démon qui rappelle l’évêque Sagittaire de Gap ayant causé quelques tracas à Gontran.


            • Emile Mourey Emile Mourey 19 août 16:57

              @Antenor
              Les deux temples d’Apollon cités par Eumène sont celui de Mont-Saint-Vincent/ Bibracte/Augustodunum et celui de Chalon. Augustodunum/Autun n’aura sa basilique qu’avec Constance-Chlore.
              Taisey, forteresse, était déjà une tour de Dieu. C’est pour cela que les archéologues n’ont jamais pu retrouver trace d’un édifice religieux avant la cathédrale de Chalon.


            • Antenor Antenor 20 août 17:28

              @ Emile

              Le Discours pour la réparation des écoles est écrit sous Constance Chlore (§VI) et évoque Augustodunum (§XIV). L’auteur décrit le contraste entre les écoles en ruines et les deux grands bâtiments qui les encadrent (§IX) : temple d’Apollon et Capitole. Ce temple d’Apollon n’est donc pas le vieux temple de Bibracte mais un édifice nouvellement construit et qui correspond à mon avis à l’ancienne cathédrale Saint-Nazaire d’Autun. La ville est qualifiée de colonie (§V), ce qui est un argument supplémentaire en faveur d’Autun.

              Dans le Discours d’actions de grâces à Constantin, Eumène joue de la confusion entre la ville d’Autun et la cité des Eduens toute entière. Il appelle indistinctement Flavie l’une et l’autre. Autun était à l’échelle de la cité éduenne l’équivalent de Lyon à l’échelle de la Gaule : une colonie implantée en terre étrangère destinée à servir de relais fiable à Rome en cas de grosses secousses. En confondant Autun et la cité éduenne, Eumène cherche à prouver la fidélité des Eduens à Rome. Son objectif apparaît à la fin du texte : la restauration de Bibracte elle aussi assimilée à Flavie.

              Mais Bibracte n’a pas été restaurée et l’épisode de l’Empire gaulois y est sans doute pour beaucoup. Rome n’avait pas tellement intérêt à ce que les citadelles des peuples conquis soit trop bien défendues. Dans le Panégyrique à Constantin, on comprend entre les lignes que Chalon a été récompensée pour ses états de service lors de la guerre contre Maxence et qu’elle sera fière de pouvoir présenter le « plus beau temple de l’univers » au nouvel empereur lors de son prochain passage.


            • Emile Mourey Emile Mourey 20 août 18:27

              @Antenor
              Le Discours pour la réparation des écoles est écrit sous Constance Chlore (§VI) et évoque Augustodunum (§XIV) Mont-Saint-Vincent-Bibracte. L’auteur décrit le contraste entre les écoles en ruines devenues école des Jésuites et les deux grands bâtiments qui les encadrent l’église de Mont-Saint-Vincent et le castrum/oppidum(§IX) : Flavie, c’est le nom de la colonie que fonde Bibracte : Autun. Autun et Bibracte est une cité double portant un seul et même nom : Augustodunum.


            • Antenor Antenor 22 août 20:07

              @ Emile

              Autun est une cité éduenne seulement sur le papier, elle s’est rangée derrière Rome contre les Empereurs gaulois. Si Rome avait eu confiance en les Eduens, la capitale de la cité aurait été Chalon et non Autun. Eumène veut faire croire que l’attitude d’Autun durant l’Empire gaulois était représentative de celle de tous les Eduens et met du flou autour du nom de Flavie pour arriver à ses fins. Les Romains pas dupes, n’ont restauré qu’Autun au moins dans un premier temps.


            • Emile Mourey Emile Mourey 23 août 10:08

              @Antenor
              Le malentendu d’Autun ; je n’ai pas changé d’avis par rapport ce que j’ai écrit dans mes ouvrages, sauf que dans mon dessin montrant les sénateurs couchés la tête vers l’oppidum, à Mont-Saint-Vincent, il faut les tourner en sens contraire vers la grosse maison bourgeoise qui donne sur la place, véritable palais de Bibracte ou Constance-Chlore dit Constantin s’y rendait pour y siéger. 
              Autun n’est que Flavie, colonie de Mt-St-Vincent/Bibracte/Augustodum, Augustodunum aussi dans le cadre de la cité double. La réparation qu’Eumène, rhéteur de Mt-St-Vincent, demande, c’est la réparation des bâtiments des écoles , lesquelles sont toujours là, à Mt-St-Vincent. L’Augustodunum du pouvoir, c’est Bibracte/Augustodunum/Mt-St-Vincent jusqu’à ce que les Francs y délogent les Burgondes. Merci pour votre commentaire. 


            • Cyrus lacerta 16 août 21:27

              J’ ais pensé a vous et a vos travaux récemment , même ici en comminge les romains exilait des prisonnier politique indésirable en palestine .

              Avec bien sur toute leur cours ,leur serviteurs , leur arts et leur religion .

              Les sepharade et mizhraim fondait déjà des communauté il y a deux mille ans , plus de mille ans avant que les khazar se convertisse . Il semblerait que cette parti de l’ histoire déplaise a la rivalité mizhraim , sepharade versus askhenaze .

              Bon courage pour vos prochain article .

              Vers 72 av. J.-C., le site devient romain, sous le nom de Lugdunum Convenarum. Plus tard, Hérode Antipas s’y serait établi en exil38 accompagné d’Hérodiade et de sa fille Salomé qui ont laissé des traces dans l’imaginaire local. Il y serait mort.

              https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Bertrand-de-Comminges


              • Emile Mourey Emile Mourey 20 août 18:28

                @lacerta

                interessant


              • Cyrus KARELLEN 20 août 18:43

                @Emile Mourey

                merci , ça permet de retrouver un contexte historique plus général et assez méconnus.

                j’ apprécie vos article , car il font sauter des barrière cloué parfois a la va vite , 
                par des gens défendant leur propre intérêts . Ça me semble important de toujours se questionner sur les version communément admise .

                j’ avais pour ma part longtemps pensé que les hébreux était arriver avec les conquête islamique d’ Espagne , la c’ est factuel il était déjà la bien avant .

                souvent la thèse des « vierge noire » et des sainte marie de la mer est considérer comme une fable , mais on as la un élément qui en prouve la possibilité .

                je suppose que ’ on peut trouver des exil politique hebreux dans tout le monde romain si on cherche bien .

                au plaisir de vous lire .


              • Emile Mourey Emile Mourey 21 août 10:50

                @KARELLEN

                Affirmatif


              • Arthaud Arthaud 18 août 10:27

                Bonjour Emile

                ..

                Vous avez l’art de nous rendre presque familiers une époque et ses personnages

                ...

                Une question si vous permettez : quelle est l’étendue de la diaspora juive en Bourgogne ?

                Puis une autre encore : quels sont les figures historiques de l’époque ayant traversé le Clunysois ?

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