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Accueil du site > Tribune Libre > Une litanie de slogans et de stéréotypes comme perspective politique (...)

Une litanie de slogans et de stéréotypes comme perspective politique ?

Je ne sais pas pour vous, mais moi, c’est arrivé maintenant ! Le basculement de l’autre côté d’une certaine limite. Là où l’envie me vient de sortir de mes gongs un peu trop policés de sociologue pour taper du poing sur la table et crier un bon vieux : « Merde, ça suffit maintenant ! ». La raison de cet énervement subit ? La dernière intervention de Ségolène Royal à Bondy évoquant ses propositions concernant la sécurité, couplée aux flots de commentaires qui ont suivi et dont le volume laisse croire que quelque chose d’essentiel sur cette question aurait été prononcé. Alors qu’il n’en est rien.

Mais avant d’expliciter les causes de cet énervement, il me faut préciser, à l’attention de la personne qui m’en a fait le reproche la semaine dernière à Toulouse, où je donnais une conférence sur un tout autre sujet, ainsi qu’à tous ceux et celles qui voudront bien me lire, que, ce faisant, je ne prétends pas à mener un quelconque acharnement « ségoléniste ». Un tel énervement eût pu tout aussi bien surgir lors d’une des interventions de Nicolas Sakorzy, quand il arrive, entouré d’une noria de caméras, sur le lieu d’un crime ou d’une énième échauffourée entre jeunes et policiers, pour déclarer qu’il faut durcir l’arsenal répressif. Hélas, l’énervement est impulsif et ne se commande pas. Et cette fois-là, ce fut Ségolène Royal qui le provoqua.

A vrai dire, plus que d’un énervement, il s’agit peut-être d’une certaine fatigue. Celle d’entendre les rodomontades de l’un et les solutions à trois francs six sous de l’autre. En lieu et place d’une nécessaire problématisation de la complexité du réel, ce travail dont la société française, dépressive et un peu nauséeuse, a besoin pour se ressaisir et imaginer des lendemains possibles. Un travail d’énonciation, d’explication et de partage des connaissances disponibles sur cette question de l’insécurité, avec les citoyens responsables dont l’on sollicite les suffrages (l’insécurité ne constituant au demeurant, qu’une des nombreuses questions à travailler). Au fond, plutôt que d’évoquer des solutions déjà tentées et abandonnées (l’encadrement des délinquants par des militaires) ou existantes (la possible mise sous tutelle des prestations familiales), nous sommes en droit d’attendre des explications pertinentes sur les transformations profondes de nos « façons de faire la société » en ce début de XXIe siècle, qui conditionnent les problèmes dits d’insécurité. Car pour juger de la pertinence d’une solution, il est nécessaire d’avoir analysé au préalable le problème ! En ce sens, nous sommes en droit d’attendre que l’on nous explique, par exemple, comment dans la famille, dans l’école ou dans l’entreprise, chacun veut participer désormais sur le registre d’un échange entre individus égaux. Et qu’en conséquence, l’autorité (du père, du maître ou du chef) qui s’imposait autrefois de fait, comme naturellement, est sommée à chaque instant de faire ses preuves et de se justifier. Et que le problème qui nous est posé, devant les difficultés bien réelles de vivre ensemble, nécessite d’inventer des nouveaux modèles d’autorité qui répondent à ces nouvelles exigences du temps présent, et non d’en appeler à la restauration de solutions élaborées dans le cadre d’un ordre ancien qui n’est plus.

Nous sommes en droit d’attendre autre chose, comme perspective politique, qu’une litanie de stéréotypes et de slogans qui ne permettra pas de sortir du divorce manifeste entre la société civile et les élites politiques, et n’apaisera pas l’inquiétude qui sourd dans la société française.

Face à ce que Pierre Rosenvallon désigne comme « l’impuissance du politique », et que nous constatons, nous percevons que seul un travail sérieux d’éclairage des questions qui se posent, accompagné d’une exploration de leur complexité, explicité avec la société civile, permettrait de faire émerger les choix essentiels, sur lesquels, en conscience, les citoyens pourront se déterminer.

A choisir la facilité des slogans plutôt que l’explicitation des problèmes, nos candidats prennent le risque d’accentuer le divorce manifeste entre la société civile et le politique, de renforcer la sempiternelle condamnation en bloc du politique, ou de provoquer un rejet, cette fois abouti, de nature populiste.


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17 réactions à cet article    


  • Hakim I. (---.---.29.92) 5 juin 2006 11:08

    Bonjour,

    Les commentaires qui vont arriver ne vont pas apaiser votre sentiment... Préparez la boite de Prozac.


    • marcel thiriet (---.---.100.233) 5 juin 2006 11:55

      Tout à fait en phase avec votre sentiment, mais j’attendais que vous analysiez les causes de l’affaissement du politique, du recul de l’autorité, des sypmtômes que vous signalez . Pouvez-vous en dire plus et renvoyer à des ouvrages permettant de le faire de manière rigoureuse ? Merci.


      • jean-luc charlot (---.---.241.199) 5 juin 2006 12:35

        a votre demande, quelques précisions : Sur « l’affaissement » du politique, et pour le dire vite, on peut retenir que les transformations profondes de nos façons de « vivre ensemble » trouve leur origine dans la contradiction et la tension que provoque à la fois par le désir ressenti et vécu avec une particulière acuité, d’espérer être libre (et agir dans ce sens), tout en demeurant relié aux autres. Cette tension se révèle dans le constat ordinaire de l’individualisation des préférences et des choix auxquels se heurtent l’action politique contemporaine, qui par définition agit au nom d’une collectivité dont les intérêts sont réputés cohérents ou homogènes. Alors que les individus paraissent apprécier désormais le sens et la valeur de tout choix collectif, à l’aune de ses effets et bénéfices personnalisés (Ce que met particulièrement en évidence l’analyse des indices de popularité des membres de l’exécutif, dont les variations mensuelles paraissent fluctuer positivement au gré des « bénéfices » individuels qui résultent des arbitrages collectifs ; et inversement, s’effondrer lorsque les bénéfices individuels ne semblent plus s’engranger).

        Décrivant d’une certaine façon, ce mouvement, et le traduisant dans la sphère de l’activité politique, Sandrine Rui (La démocratie en débat. Les citoyens face à l’action publique, Paris, Armand Colin, 2004) rappelle à juste titre, en se référant notamment à Marcel Gauchet, que l’individu contemporain, à la fois « refuse l’emprise des pouvoirs centraux en revendiquant sa capacité d’autonomie et leur reproche dans le même mouvement leur distance et leur éloignement ». De la même façon, privilégie-t-il « un rapport instrumental au politique, à l’économie et de façon générale aux institutions de toutes factures, qu’il envisage alors comme des institutions de services », tout en demandant toujours plus au politique, particulièrement pour qu’il réponde à son besoin de sécurité et d’identification. Cette apparente impasse peut être affrontée par l’élaboration et la conduite d’activités nouvelles que je désigne comme étant celles de participation (Jean-Luc Charlot, Le pari de la participation, L’harmattan, 2006).

        Sur le recul de l’autorité, Chacun d’entre nous, des différentes places et positions (familiales, amoureuses, professionnelles, sociales ou citoyennes) qu’il occupe successivement et le plus souvent simultanément tout au long de sa vie, constate, ressent, vit, perçoit, que depuis un certain nombre d’années, ce sont nos façons de vivre et de se représenter « l’être ensemble », l’être en communauté qui ne paraissent plus être ce qu’elles étaient... Nous avons le sentiment que nous faisons de plus en plus l’expérience de rapprochements multiples (François de Singly, Les uns avec les autres.Quand l’individualisme crée du lien, Armand Colin, 2003) qui nous paraissent instables, précaires et aléatoires. Que ce soit dans la famille, où comptent de plus en plus les projets personnels de chacun de ses membres, qui peuvent conduire désormais aisément à défaire cette famille-ci, pour fonder cette autre famille-là. Que ce soit dans le travail, où la vie pour soi tend à se dégager de plus en plus des contraintes professionnelles. Que ce soit dans les activités hors travail, notamment militantes, où chacun s’autorise à choisir son niveau d’implication, indépendamment de tout jugement de valeurs sur son apport au collectif. Cette perception s’arrime au vécu le plus quotidien, le plus personnel et parfois le plus intime de ces bouleversements. Il faut insister particulièrement sur cette double dimension de la perception et du vécu, du ressenti et de l’observation dans la constitution de notre « manière de vivre et d’être au monde ». L’imbrication entre ce que je vis (moi-même) et ce que je perçois (chez les autres) contribue à se représenter de façon aléatoire ce que nous vivons alors comme tel. Comme l’indique Jean Baudrillard (2004), nous sommes condamnés à aller au devant de ces processus aléatoires, « outillés » d’une pensée elle-même aléatoire, qui ne nous permet plus que d’émettre des hypothèses et qui ne peut plus prétendre à une Vérité, qui dirait ce qui est. Devant cette réelle difficulté à penser les transformations dont nous ressentons les effets que nous tentons de décrire, nous sommes plus enclins à imaginer une perte de repères (comme ceux de l’Autorité ou de la civilité, par exemple), qu’une confusion entre des repères devenus multiples, instables et changeants : une certitude même intuitivement perçue comme erronée peut le plus souvent paraître plus rassurante qu’une réalité aléatoire et incertaine ! (Gérard Mendel, Une histoire de l’autorité. Permanences et variations, Paris, La découverte, 2003) Une telle perception, parce qu’elle est psychiquement douloureuse, peut tenter de trouver un réconfort, au travers d’un regret un peu nostalgique, d’un passé (forcément quelque peu idéalisé) où Autorité et Institutions stables et sacralisées (sacralisées parce que stables ?) régulaient solidement le lien social. Ou bien dans l’explication que peut procurer la lecture de multiples signes annonçant le basculement du monde moderne vers la décadence et la sauvagerie. Il est vrai qu’une écoute attentive et régulière des journaux télévisés et autres magazines d’informations, peut fournir d’incessants arguments à la confirmation d’une telle lecture... Et si les mass média ne fabriquent pas à proprement parler les évènements, ils leur fournissent cependant une rhétorique, encourageant des constructions imaginaires suscitées par l’angoisse (Gaillard, des psychologues sont sur place, Mille et une nuits, 2003). Celle d’un monde se délitant sous nos yeux, n’étant pas la moindre d’entre elles...


      • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 5 juin 2006 12:59

        Tout à fait d’accord, halte aux slogans et formules toutes faites... Ceci dit, il me semble que dans l’intervention de Ségolène à Bondy, on est quand même davantage dans le concret que dans le slogan. « Nettoyer la racaille au kärcher », c’est un slogan. Proposer des missions encadrées par l’armée, c’est une mesure. Tout comme proposer d’accroître le suivi et la surveillance des délinquants sexuels, une des dernières mesures de Sarko. Il y a quand même une nuance...


        • Shackleton (---.---.166.251) 5 juin 2006 13:15

          Vous avez de la culture et vous avez lu des livres , bravo c’est bien ...

          L’université française a souvent la tète dans les étoiles , mais en pratique le bat blesse souvent et surtout dans certaines cités . Il est illusoire d’expliquer à certaines victimes que si leur voiture a brulé ou que si leur courrier a été endommagé , qu’ils devraient se réconcilier avec Baudrillard ou machin . D’un autre coté vous n’avez pas non plus l’expérience pratique de la gestion de sdf , multi récidivistes et d’autres totalement désocialisés : c’est très difficilement gérable car il faut bien sur respecter la liberté de choix de chacun , comment reloger quand l’individu a déja volé le fond de solidarité logement ect ...

          L’universté n’est pas exempte de critiques , c’est aussi elle qui forme les cadres . Alors à Caen vous pouvez dire « merde » ça fait populo mais ça résoud rien aux problèmes de gestion quotidienne , donnez des leçons et formez l’élite mais SVP ne vous faites pas plus gros que le boeuf vous n’y ètes pas ; et bonne journée et bonne planante non coupable.


          • Marc P (---.---.235.191) 5 juin 2006 13:27

            Bonjour,

            Intellectuellement beaucoup d’entre nous ne pourrons qu’adhérer au contenu de cet article... et à l’autocomentaire...

            SR ne m’est pas plus sympathique que d’autres candidats à la candidature sans doute pour des raisons proches de ce qui fatigue l’auteur....

            Mais bêtement je me dis qu’au lieu de parler de suppression des prestations sociales pour les parents défaillants, elle parle de mise sous tutelle de ces mêmes prestations ce qui est plus hônnête car la suppression à ma connaissance n’existe pas, ils s’agit de la mise sous tutelle qui est dèjà prévue par la loi et est très peu appliquée... (début de commencement de langage de vérité moins démago..)....

            Faire appel à des méthodes de rééducation + ou - militaires, c’est démagogique mais avec un père officier s’en rend elle compte autant que d’autres ? Après cela que des méthodes un peu « structurantes » et presque rigides soient utilisées par des éducateurs... je parierais que cela existe déjà...

            Bref au point où j’en suis, le choix décisif est dans un an... et peut être faut il à la france l « électrochoc » qu’apporterait une femme à la présidence (encore une fois elle ou une autre cela m’est assez égale si elles sont à peu près du même bord)...

            Bref économiquemet et socialement rendons leur dignité aux pères (et les mères) déconsidérés au chômage voire au travail, et les enfants s’en porteront infiniment mieux...

            Je suis très prosaïque mais un an c’est court pour disserter sur ce qu’on sait déjà sans en tenir compte depuis tant d’années...

            Enfin j’oubliais, une élection se joue sur un volet de 5% (voire moins) à moins de 10% de voix (sauf 2001), et les personnes concernées (dont les choix peut basculer d’un bord à l’autre réagissent essentiellement aux slogans ce que comme tout le monde je déplore (quand ce n’est pas autre chose de moins noble ou de plus dérisoire comme la couleur de la cravatte ou la race du chien de compagnie), je le dis sans dédain car c’est une réalité malheureuse dont il faut tenir compte...

            Bien à vous

            Marc P


            • Marc P (---.---.235.191) 5 juin 2006 13:30

              un « volant » et non « un volet » (pardon)

              Marc P


            • marcel thiriet (---.---.88.48) 5 juin 2006 14:36

              Pourquoi cet article n’est-il resté que quelques heures à la une d’Agoravox ? Je m’interroge sur les choix du modérateur...


              • CAMBRONNE (---.---.124.118) 5 juin 2006 15:16

                VOUS VOULEZ REFAIRE LE MONDE MONSIEUR CHARLOT .

                Bonne intention , mais je peux vous dire en étant sur de ne pas être contredit , sauf par quelqu’un de mauvaise foi que vos arguments et démonstrations sont incompréhensibles par 90% des citoyens et futurs électeurs ou abstentionistes de ce pays . Tout simplement par manque de vocabulaire .

                Oui c’est comme ça ! En démocratie , il faut commencer par être élu pour pouvoir changer les choses . On n’est pas élu si on fait dans la dentelle . Regardez et écoutez Arlette Laguiller qui répète les mêmes slogans qui sont tout sauf trés futés. Elle a des fidêles et qui sont même plus nombreux qu’avant .

                Créer des slogans ça s’apprend dans les écoles de formation de certains partis . Voyez nos petits jeunes , leaders de syndicats lycéens et étudiants . Ils ont bien appris leur leçon avant de passer à la Télé .

                Pour être élu , demandez à Chirac . Il sait faire . Même si après il ne sait qu’en faire .

                Primo : Trouver un thème accrocheur . En 1995 : La fracture sociale .

                En 2002 l’insécurité et surtout la maladresse de son rival Jospin .

                Secundo : Aller chasser sur les réserves de son adversaire pour dépasser les 50% . Incontournable .

                Ce n’est pas intellectuellement satisfaisant mais les électeurs n’ont pas bac + 5 et même ...

                Pour faire court , je crois que vous avez voulu dire que nos concitoyens et nous mêmes souhaitons que l’etat s’occupe de plus en plus de nous tout en nous foutant la paix et en ne nous demandant rien en retour . Ipso facto , plus de contrat social donc plus de démocratie . C’est effectivement la situation à ce jour .

                Il faut donc responsabiliser les citoyens . Carotte et baton . C’est simpliste , mais c’est compréhensible par tout le monde .

                Et ce sont peu ou prou les arguments de ce type qu’emploient Monsieur SARKOZY et Madame Ségolène ROYAL .

                Vive la République quand même .


                • bernard29 candidat 007 5 juin 2006 16:23

                  Pourquoi alimenter encore et encore la querelle autour de Ségolène ? elle n’est pas encore la candidate du PS. On peut laisser cela aux médias et aux sondages. Ils en font des tonnes. les médias sont en train de vouloir l’imposer comme candidate au PS, et Hollande et le parti laissent faire.

                  A mon avis, les provocations de ségolène servent à françois hollande dans le débat interne en énervant les éléphants, et peut être personnellement pour apparaître comme le candidat du juste milieu au PS, par la suite. c’est ma prédiction. D’ailleurs il me semble bizarre que le parti ait laissé le « porte parole » julien Dray, être le premier et le plus fervent soutien de ségolène royal. Perso, je me faisais une autre idée de la fonction de porte parole et de la responsabilité collective qu’elle comporte. je suis étonné que ceci n’offusque pas les autres précandidats. Ils sont peut être coincés ; il ne faut pas que Ségolène apparaissse comme une victime, encore une fois !! C’est trés bizarre, mais enfin c’est leur affaire. Ah les petits jeux dans les partis !!!


                  • (---.---.162.15) 5 juin 2006 18:57
                      quelque chose d’essentiel sur cette question aurait été prononcé

                    Je ne crois pas. J’ai compris que Ségolène Royal veut qu’à la première incartade, les sauvageons soient encadrés militairement. Je trouve que c’est essentiel.

                    Parce que la remplacement de la police de proximité par des patrouilles « qui jouent les gros bras » a eu des effets très néfastes. Et l’encadrement militaire accentue cet effet de « priorité au rapport de force de plus en plus fort », au même titre que l’emploi du « karcher ».

                    Cela n’est vraiment pas neutre. On a vu en novembre dernier l’effet de la méthode Sarkozy. Continuer en ce sens, que ce soit avec Sarkozy lui-même ou avec Sarkozette ou De Villiers, ne peut être que funeste.

                    Je préfère Chevènement (avec ses « sauvageons ») ou Bayrou et sa technique de la claque [méthode qu’il avait employée contre un gamin pickpocket). Il faut savoir rester humain, plutôt que d’employer des méthodes ressenties comme inhumaine.

                    Plus généralement, je crois qu’il faudrait estomper le sentiment d’injustice (la « rage »...) ressenti par les jeunes (et moins jeunes) de banlieues. Pour cela il faut essayer de ne pas les traiter comme « un cas à part » avec des « méthodes à part ».

                    Am.


                    • Sam (---.---.162.210) 5 juin 2006 20:16

                      « ..Face à ce que Pierre Rosenvallon désigne comme « l’impuissance du politique », et que nous constatons, nous percevons que seul un travail sérieux d’éclairage des questions qui se posent, accompagné d’une exploration de leur complexité, explicité avec la société civile, permettrait de faire émerger les choix essentiels, sur lesquels, en conscience, les citoyens pourront se déterminer... »

                      Le politique n’est pas impuissant, il se retire et il organise sa prétendue impuissance.

                      Puisqu’on est dans le paradigme de gauche, je prendrais pour exemple Jospin. Quand il a répondu, en substance, aux licenciés en lutte de Vilvoorde « l’Etat ne peut pas tout », ça ne voulait dire, évidemment, que l’Etat n’était omnipotent, mais qu’il RENONCAIT à réguler l’économie.

                      Refus de régulation qui éclata dans la cohorte des privatisations que développa Jospin. Privatisations exemplaires de l’inaction libérale qu’il avait choisie, à l’opposé d’une politique de développement d’un secteur public et porteur d’emplois, ainsi que d’une invitation forte des entreprises à embaucher, deux stratégie économiques qui pouvaientt concrètement freiner les licenciements et autres délocalisations. Ainsi, l’impuissance était bcp moins effective, qu’effectivement proclamée...

                      Ségolène Royal propose, comme vous le dites, d’indigentes et biaisées solutions à un problème, et surtout elle ne prend pas langue sur les problèmes majeurs (emploi, redistribution, service public, médias, UE..).

                      Cependant s’inspirer de la théorisation de Rosanvallon, pour relancer une présidentiable, une gauche qui propose une autre politique à l’opposé de l’impuissance, ne me semble pas pertinent, pour la raison évoquée plus haut...

                      Mais également parce qu’une part importante des activités intellectuelles de Rosenvallon eurent pour coeur la Fondation Saint-Simon.

                      Rosanvallon fut un de ses créateurs, au côtés de Minc, de Fauroux (patron de St Gobain) et autres François Furet, dont les engagements à gauche n’apparaissent toujours pas réellement évidents...

                      Il est utile de préciser que les publications de cette fondation s’adressaient à un public pas vraiment en phase avec la gauche, normalement, puisqu’il se composait à 70% d’élites des classes dirigeantes...

                      Et qu’elles proposaient une « alternative » qui avait pour ambition d’écarter les impasses libérales, mais aussi les erreurs socialistes, pour prendre la mesure des réalités.. En clair, accepter les contraintes du marché, de la compétition internationale, promouvoir l’Europe des échanges (marchands).

                      Bref, une théorisation continue du renoncement à une certaine politique, au profit « pragmatique » d’une autre : celle des marchés.

                      On ne pouvait, on ne peut attendre de tels compagnons qu’ils dépassent Ségolhaine sur sa gauche.


                      • marcel thiriet, (---.---.230.203) 6 juin 2006 07:48

                        Sam, vous faites un rappel opportun . Il est intéressant de faire la génèse de cette fondation pour voir quelle idélogie elle véhicule (une recherche sur internet et sur Voltaire.net est déjà instructive).La CFDT est dans la même mouvance, comme la revue Esprit,certains responsables du Nouvel Obs.,de Libé, ainsi que J Delors,M.Aubry,Strauss-Kahn,etc...et les plus farouches zélateurs du oui à l’Europe libérale.. C’est un groupe de pression très important, qui trouve des relais à la télé, dans la presse écrite( « le Monde » semble suivre cette voie...)


                        • marcel thiriet, (---.---.230.203) 6 juin 2006 07:58

                          «  »Carotte et baton . C’est simpliste , mais c’est compréhensible par tout le monde "

                          Ah !oui,c’est clair, trop clair....sauf que c’est démagogique et sans projet et que cela constitue un engrenage diabolique qui risque de nous préparer des lendemains terribles .A vouloir gommer les symptômes par la peur sans s’attaquer aux causes du mal, c’est aller droit vers l’échec et préparer le terrain au « mieux disant » répressif...on ne sait que trop ou cela peut mener...


                        • (---.---.230.203) 6 juin 2006 09:36

                          Une hypothèse : et si la ségolénostratégie n’était qu’un plan bien préparé par tout un courant au P.S. pour couper l’herbe sous les pieds de Sarko et Lepen ,l’image féminine rassurante servant d’appât pour rabattre sur sa personne le maximum de voix de personnes désemparées, en souffrance ou frustrées ?..

                          =Stratégie de la rupture pour sortir de l’immobilisme du PS et de ses dissensions paralysantes ne pouvant mener qu’à une nouvelle déroute...au prix d’un abandon des idéaux,en utilisant le blairisme (ou son mythe) comme modèle par défaut.

                          Je n’approuve pas, j’essaie de comprendre la logique de cette percée (qui semble bien fonctionner pour l’instant),de ce qui se joue derrière le théâtre d’ombres et l’apparente confusion. Du Machiavel revisité.

                          PS:Bernard Tapie salue le courage de Ségolène. Notre « démocrate » SCIPION, bien connu des Agoravoxiens, lui voue son admiration....Rassurant ???


                          • nono (---.---.94.25) 6 juin 2006 10:52

                            Continuez a révez... Nicolas SARKOSY annonce la non expulsion des clandestins dont les enfants sont née en france... C’est clair le chantage avec les enfants qui dispensent de respecter la loi républicaine fonctionnne bel et bien en France. Et la nouvelle va circulé dans les réseaux d’immigration En france il est possible de scolariser ses enfants par l’education nationale et d’etre soigné gratuitement par des hopitaux publique même si vous n’avez pas de travail et si vous ne travaillez pas et que vous acquittez aucune cotisation sociale. Le laxisme continu. Merci au troskistes de l’education nationale qui on fait de cette institution un outil politique de propagande de l’extreme gauche et quand on mélange les sentiments a utilisant des enfants pour servir ces idées politiques.... j’arrete la j’ai la nauzé de voir un tel spectacle

                            Au PS rien de nouveau on retrouve dans le pseudo programme tous les poncifs habituel le retour des emplois jeunes (cdd de 5 ans, smic forfaitaire sans prime de fin de contrat, exclu des conventions collectives, et ou le principe de emploi égal n’est pas respecté...) plus de moyen pour l’education... Quelle image donne le PS donne : Quand on pas foutu d’affronter un débat de fond dans son partie, on est certainement pas capable d’affronter les forces vives de la société pour faire des réformes.. Ce refus de choc frontal entre les elephants et segoleyne qui a les electeurs avec elle est totalement inadmissible ... il est temps de foutre dehors les elephants a coup de grande pompe dans le cul... et une fois de plus on contourne le probleme... y’es as ras le bol de voir cela.... a gauche comme a droite... l’absence de courage de cette classe politique est lamentable

                            Moi c’est clair je m’abtiendrais nous sommes le 6 juin 2006, le pen sera au deuxieme tour c’est une évidence...


                            • Yuca de Taillefer (---.---.203.7) 6 juin 2006 11:08

                              Bonjour,

                              J’ai aimé l’article sur un plan puremment intellectuel : les questions sur la place du politique, de comment aujourd’hui faire de la politique et de la place de l’autorité sont aujourd’hui des problématiques au coeur de notre société.

                              Je peut comprendre la « fatigue » intellectuelle vis à vis de la politique, mais en même temps force de constater que slogans et stéréotypes font partie intégrante de la vie politique, d’autant plus qu’ils faut bien voir que nous sommes en plein rentrés en campagne politique. Alors va venir le temps des « idées » et de ce que les « citoyens » désirent c’est-à-dire du « positionnement » et du concret !

                              Ainsi pendant la campagne, vu que la présidentielle reste l’élection majeure en France conditionnant d’autres moments de la démocratie française tels les législatives voir les communales, slogans stéréotypes et positionnement risquent bien d’aller en s’amplifiant.

                              L’affaissement du politique (abstentionite aigüe, rejet de la vulgate politique, défiance vis à vis de la com politique, montée des radicalismes de tout poil etc...) voir « l’impuissance du politique » se combine avec la l’affaissement des institutions et du pouvoir médiatique, avec dans le même temps la montée de la prise de parole individuelle et de l’échange (les blogs illustrent ce phénomène).

                              Quid de l’autorité, quid de la place de chacun dans notre société aujourd’hui, et plus fortement de l’universalité (puisque nous sommes un tout) et de la particularité (puisque nous sommes tous différents) ?

                              Des espoirs et des convictions à la réalité, c’est tout un voyage, une quête, je le dis tout simplement, étant un engagé associatif et un militant : rester spectateur ou être acteur ? Dès lors que l’on participe, on ne voit plus tout à fait les choses de la même façon. Mais certes les livres et les pensées intellectuelles sont indispensables, et Caen n’est pas universitaire depuis 1432 pour rien smiley

                              Bien à vous, merci pour cet article. Yuca de Taillefer.

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